Les Tindersticks, j'y étais

21/09/2006, par Gildas | Concerts |
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Les Tindersticks, que personne n'a vus sur scène depuis 2004, reviennent en concert à Londres, dans le cadre du festival Don't Look Back au Barbican. L'annonce a eu sur moi l'effet d'une bombe. 5 minutes plus tard, je commandais les tickets, une semaine plus tard, je recevais les précieux sésames à la maison. Row J, Seat 12. Un peu excentré sur la droite mais suffisamment proche de la scène pour voir Stuart et Dickon dans le blanc des yeux. Parfait. Il ne me restait plus qu'à attendre. Dimanche arrive enfin, c'est le festival de la rivière, à côté du Tate Modern, donc pour passer le temps on se balade entre les pickpockets, les vendeurs à la sauvette et les stands d'Arts and Craft en attendant l'heure fatidique de se rendre vers le bunker en béton qu'est le Barbican. "Un DJ chauffe la salle" nous dit le gorille à l?entrée. Je vois mal en quoi de la techno peut précéder un concert des Tindersticks, mais en fait il s'agit d'un type qui a installé son mange disque de salon au milieu de la scène et qui passe des 45 tours soul des 50's-60's devant un public clairsemé, et généralement peu intéressé. La salle se remplit quand même assez vite et quand un ensemble de dix musiciens armés de violons, alto et autres violoncelles entre en scène, on sent l'excitation, la tension palpable qui la parcourt. Au milieu des rumeurs de split, avec Dickon trop occupé à faire des musiques pour la pub ou les films et Stuart très heureux en solo, la plupart des spectateurs se demande si l'on n'est pas en train de vivre un événement historique, LE dernier concert des Tindersticks. Enfin, Dickon, Stuart et les 4 autres entrent en scène sous une ovation générale. Et Dickon entame seul "El Diablo En El Ojo". A partir de maintenant on sait où l'on va, la scie musicale fait son apparition sur une version magnifique de "My Sister", les cuivres la suivent de près. On est au complet, on peut rêver. Le concert se passe sans heurt, entre version majestueuse de "No More Affairs" et réussite totale de "Travelling Light". Le groupe fonctionne très bien ensemble, même s'ils n'ont eu que 2 jours de répétition la veille et l'avant-veille. Dickon s'éloigne un peu de Stuart, ils se regardent rarement, mais peut-être y voit on plus qu'il ne faudrait y voir. Les morceaux s'enchainent, un spectateur heureux lance un 'You are Still the best band in the world" enthousiaste auquel Stuart répond "attends un peu, on n'a pas encore joué la prochaine chanson" sous entendant "on peut encore se planter dans les grandes largeurs". Mais ils ne se plantent pas. Et puis, voila, c'est fini, le groupe tire sa révérence, ils ont joué l'album, c'était tendu, mélancolique, brumeux, merveilleux. 5 minutes d'applaudissements fournis plus tard, ils reviennent pour un rappel emprunté à leur divers album avant de refaire "My Sister". Stuart s'explique, "autant la jouer deux fois vu le temps passé dessus en répétition". Et comme la première fois, c'est magnifique. Ils finiront par "Walking", chanson de rupture sombre et lente, en formation réduite, ce qui nourrit la rumeur encore et encore sans jamais y répondre. Les lumières s'allument, la salle se vide, la nuit fut longue et belle. Merci.

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