Les Victoires de la Musique à Lille

10/02/2011, par David Dufeu | Edito |
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Ne vous attendez pas ici à une critique virulente de l'institution des Victoires de la Musique : disons que j'étais là par hasard, je suis venu, j'ai vu, je suis reparti ; on m'avait refilé une invit', on m'a dit qu'il y avait Katerine, bon, j'y vais. J'avais évidemment des a priori négatifs, mais plutôt vagues, et j'ai essayé d'entrer dans la salle sans trop d'idées préconçues (malheureusement elles m'ont assez vite rattrapé), simplement pour recueillir quelques impressions. Les voici : Devant le Zénith de Lille, les gens sont plus ou moins sur leur 31, genre soirée de gala - eh oui, y a la télé, on s'habille bien. Puis, à l'intérieur, un chauffeur de salle genre Bernard Tapie nous prend par de douteux sentiments (l'ambiance du Nord, le classement en ligue 1) pour faire monter la température - ce qui n'est certes pas gagné dans cette arène bétonnée. Les présentateurs viennent dire bonjour, mais on sent qu'ils s'en foutent tant qu'ils ne sont pas en direct. Ils jouent quand même aussi la carte de l'ambiance et du foot pour être sympa ; le public est conciliant, et fait "ouais !" Ca commence. Après une introduction chorégraphiée un peu cheap, la présentation est plus ou moins confiée alternativement à nos deux pros et au couple (formé pour l'occasion ) Benabar - Helena Noguerra (en costume de Superman). Ni les uns ni les autres ne sont drôles, et c'est sans doute l'aspect le plus mauvais de la soirée (ex-aequo avec la prestation d'Indochine). Niveau musique, on s'en serait tout de même douté, mais la grande majorité des prestations était médiocre, et je ne vais pas me lancer dans la tâche ardue et pénible pour tous de vous en donner le détail, d'autant que le programme durait plus de deux heures et que j'en ai déjà oublié la moitié. Mais bon, quelques palmes tout de même : - Victoire de la prestation scénique la plus fade : Avril Lavigne (42 kilos immobiles, ça ne soulève pas les foules) - Victoire du groupe qui ne devrait pas chanter du tout, et ce depuis ses débuts : Indochine (peut-être la seule prestation réellement atroce de la soirée. Il y avait du fan à la pelle, j'ai lancé, un peu trop discrètement à mon goût, un "Indochine c'est nul, écoutez Cure". Réactions très blasées des boutonneux à mèche autour.) - Victoire du groupe qui joue tout sur le visuel et rien sur le sonore : Plasticines (qui portent bien leur nom néanmoins) - Victoire de l'artiste qu'on annonçait comme révolutionnant la variétoche mais en fait non : Camilla Jordana. - Victoire de l'artiste au mélange le plus douteux : Stromae (Jacques Brel + electro) En milieu de tableau : - Philippe Katerine, pas à fond la banane sur ce coup-là, mais moustachu - Ben l'Oncle Soul, prestation bien rodée, mais trop référencée - dommage. - Hocus Pocus, pas mal sur scène, quand même, bien senti. Bon allez, les bons points, sinon je risquerais de passer pour snobinard : - Gaëtan Roussel, belle présence scénique décomplexée. - Lilly Wood and the Prick, pas mal, la caution indé de la soirée, visiblement, un peu trop propre pour être honnête, mais plutôt sympa. - bon, je crois que c'est tout... Bref, une soirée globalement laide (surtout Indochine), avec quelques sursauts, trop longue, trop formatée, mais j'ai bien rigolé.

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