Librio - La Techno et Bowie

07/02/1999, par Sylvain Bertot | Autre chose |
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Sorte de Que sais-je ? strictement musicaux, les livres de la collection Librio Musique se consacrent chacun à un artiste ou à un genre majeur de la musique populaire. Lancés par Philippe Blanchet le 8 février dernier, ils sont rédigés par des journalistes spécialisés. Tous sont commercialisés au prix imbattable de 10 FF. Quatre volumes sont parus jusqu'ici : La Techno (Guillaume Bara), Bowie (Nicolas Ungemuth), Gainsbourg (François Ducray), Coltrane (Pascal Bussy). Les deux premiers sont ici commentés. Les autres suivront dans un prochain article.

> La Techno (Guillaume Bara)
La Techno est le volume de la collection qui s'acquitte le mieux de sa tâche de vulgarisation. Les quatre premiers chapitres, denses, bien conçus et agréables à lire, retracent les grandes étapes de l'émergence du genre. Les origines de la House de Chicago, de la Techno de Detroit, puis la diversification des styles musicaux au contact de l'Europe sont détaillées avec justesse. Guillaume Bara omet peu de mouvements et de grands noms, et demeure lucide sur les faces sombres d'un genre dont il est évidemment épris.
Dans les deux derniers chapitres, l'auteur évite de s'attarder sur une histoire qui devient éminemment complexe pour se recentrer sur un sujet plus proche des interrogations du grand public : les conditions de l'implantation de la Techno en France. N'hésitant pas à désigner nommément ceux qui se sont naïvement opposés aux raves et à la culture techno, il fait preuve à nouveau d'une grande pédagogie, même si ces deux dernières parties s'avèrent moins captivantes que les précédentes. Recommandé. Même aux adeptes de longue date, auquel ce livre rappellera quelques souvenirs impérissables.

> Bowie (Nicolas Ungemuth)
Lorsque l'on décide de retracer la carrière riche et complexe de David Bowie, le risque est grand de sombrer sur deux écueils : ou l'on s'émerveille des talents précurseurs et visionnaires de la pop star, véritable caméléon de l'histoire du Rock ; o˜ l'on souligne avec cynisme que le chanteur était bien plus opportuniste qu'innovateur. Nicolas Ungemuth refuse ces deux caricatures. A l'image du caméléon, il préfère celle du nomade, venu peupler divers genres musicaux au grès de ses errements ; à l'image du vampire ou de l'escroc machiavélique, il oppose celle d'un artiste bien plus amateur et sincère qu'il ne semble.
C'est donc un portrait réaliste, souvent sévère mais toujours raisonnable, que ce fan lucide dresse de David Bowie. Certes, comme dans toute biographie, des digressions psychologiques alourdissent parfois le récit, et l'auteur s'emporte quelquefois dans des élans de théorisation. Mais contrairement aux délires de Bowie lui-même, rien de ce qu'il avance n'est fumeux. Bien au contraire, en mettant en exergue les paroles maladroites du chanteur, ses naïves prétentions d'esthète et le caractère pompier de ses compositions les plus fameuses, il explique avec une grande clarté comment Bowie est devenu si touchant et si intemporel, et pourquoi il demeure à jamais le personnage central de la longue ère du Rock.

 

 

 

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