Librio - Gainsbourg et Coltrane

26/02/1999, par | Livre |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

LIBRIO MUSIQUE - Gainsbourg et Coltrane(EJL)

Deux des volumes de la collection Librio Musique, inaugurée en ce mois de février, traitent d'artistes qui ne sont pas tout à fait (Gainsbourg) voire pas du tout (Coltrane) pop. Mais comme chacun des auteurs le souligne, l'influence considérable de ces deux monstres sacrés s'étend désormais sur les artistes qui nous intéressent : Mick Harvey, Beck, Air et Divine Comedy pour Serge Gainsbourg, Sonic Youth (et Ballistic Brothers) pour John Coltrane.


> Gainsbourg (François Ducray)

Manifestement, François Ducray est de ceux qui considèrent la critique et la biographie comme des genres littéraires à part entière. Cela se ressent lourdement sur cet ouvrage consacré à Gainsbourg, rendu pénible à lire à force de bons mots et de figures stylistiques parsemés toutes les deux lignes. Sur un livre aussi court, plus de concision et de densité auraient sans doute été souhaitables.

Mais il est vrai que la carrière et les coups d'éclat du chanteur, du compositeur et du provocateur sont tellement connus du grand public français que cette biographie ne pouvait se contenter des faits. C'est donc au grès des espoirs, des ambitions et des déceptions de Lucien Guinzburg que l'auteur décide de nous retracer sa vie ; au grès aussi de ses relations avec les stars et le show-biz, le public, ses parents, ses enfants et toutes les femmes fatales, maÓtresses ou midinettes qu'il a fait profiter de son immense talent.


> Coltrane (Pascal Bussy)

Coltrane est la biographie la plus claire et la moins pompeuse de la collection. Pour une fois, l'auteur accepte de s'effacer entièrement derrière l'objet de sa dévotion, et restitue la carrière du jazzman dans un ordre chronologique très strict. La vie de John Coltrane s'y prête particulièrement bien, vu qu'elle se résume pour Pascal Bussy à un effort de longue haleine, constant et acharné vers la création d'une "musique universelle et quasi intemporelle".

Vaste programme que le saxophoniste acquitte à force de travail forcené et d'expériences multiples avec les autres grands de son époque. L'ensemble se laisse lire, surtout pour les incultes en Jazz que nous sommes, dont seuls quelques noms d'oeuvres et d'artistes célèbres sont les points de repère. Mais l'on s'étonne quelque peu du portrait sans t'che qu'il est fait de Coltrane, sorte de surhomme qui parvient à vaincre jusqu'aux seuls vices (alcoolisme et toximanie) qui lui sont reconnus. Comme si la critique jazz, moins soumise au dédain et aux reproches qui sont le pain quotidien du Rock, de la Pop ou de la Variété, n'avait pas les réflexes du recul, du cynisme et de l'auto-critique.

Sylvain

 

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» toutes les interviews