Lincoln - Mettle

04/06/2003, par Jean-Christophe Mauger | Albums |
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LINCOLN - Mettle
(Narwhal recordings/PIAS)

LINCOLN - MettleTout cela ne nous rajeunit guère : en 1995, il y avait déjà des grèves contre les projets gouvernementaux en matière de retraites et un disque qui, comme celui de Lincoln, visait à tracer des ponts entre des arrangements pop baroque et une écriture résolument alt-country. Celui-là s'appelait "Life full of holes", était l'œuvre du couple des Walkabouts Chris Eckman- Carla Torgerson et comprenait à la baguette les Tindersticks au grand complet (et quiconque n'a jamais entendu Stuart Staples harmoniser sur un standard country de Georges Jones ne sait pas ce qu'il perd). Les londoniens de Lincoln (car malgré leur nom tiré d'un roman de l'épatant écrivain noir Jim Thompson, ils restent farouchement anglais) reprennent ainsi les choses là où cet album les avait finalement laissées, avec dans leurs bagages assez d'instruments pour monter un big band de jazz louisianais (mais ils ne le feront pas), un goût pour les chansons lentes et contemplatives avec des réminiscences littéraires et un duo de vocalistes (Alex Gordon, Tracy Van Daal) auquel on pourrait finalement reprocher d'additionner ses voix plutôt que des les harmoniser - quand ils font le contraire, cela donne "Blood on the streets", formidable titre dans tous les sens du terme. La différence tient finalement à des divergences d'approches assez classiques avec nos cousins (nos amis ?) d'outre-Atlantique. Là où les américains Eckman et Torgerson n'hésitaient jamais, par des interludes instrumentaux assez wendersiens, à faire prendre l'air à leur musique, les anglais de Lincoln se sont enfermés dans un château d'Ecosse orientale, ont allumé un feu dans la cheminée (sans rire, on entend fréquemment les bûches crépiter) et ont enregistré les chansons de "Mettle" pour couvrir le bruit du vent qui soufflait dans les peupliers. Au final, cela donne un disque assez introverti, un peu renfermé, parfois très beau (à "Blood on the streets" déjà nommé, on peut rajouter "My reasons are my own" et "Never see London again", ce dernier naguère sorti en single) mais manquant quand même de profondeur. Et comme le site internet du groupe semble en sommeil depuis un moment, on se surprend à craindre que les musiciens de Lincoln ne continuent à hanter le château…

Jean-Christophe

My reasons are my own
Great wall of China
Crooked smile
Blood on the streets
Ghost cat
Mettle
Never see London again
Common ground
How the hell

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