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LOW - La Maroquinerie, Paris, 30 Avril 2005
Arrivé un
peu à la bourre dans une Maroquinerie
sold-out (sans surprise),
j’ai, à mon grand dam, raté Icalma en "première
première" partie
(puissent-ils me pardonner). Ça commence donc avec Kid Dakota,
qui se fait remarquer
au premier abord par l’arrivée pour le moins … titubo-hésitante
de son batteur déjanté (déchiré !).
Néanmoins, le chanteur-guitariste
tient bon la barre, et
le set s’avère tout à fait intéressant.
Après
un démarrage plutôt calme, l’intensité monte
progressivement, s’appuyant sur des compositions qui méritent
le détour, pour s’achever en culminant (dans un final
"Lowien" ?!!) lorsque
Zak Sally et Alan Sparhawk
rejoignent les deux
compères sur scène. Notre batteur
favori (il aura assuré aussi quand même) en paraîtra
tout dégrisé.
Pour
ceux qui, comme moi, n’avaient pas encore eu l’occasion
de voir Low en concert, était-il encore possible de
s’imaginer
que tout ceci allait se calmer
pour un grand plongeon en apnée dans une messe hiératique
et intimiste ? Bien sûr que non, tant il est clair qu’un
Low nouveau est là et bien là. Sans qu’il
soit encore question de punky
alternatif (malgré le
superbe t-shirt "Crédit Agricole" arboré par
un Alan Sparhawk tout en nerfs
et veines saillantes), la ferveur
s’est transmutée en rage, la solennité en
tension, le tout restant néanmoins comme idéalement
contenu, dans une forme de
dépouillement... dépouillé (sans
affectation aucune), bref de
simplicité.
Le
set repose sur l’essentiel du "Great Destroyer",
ou les morceaux les plus "nerveux"
des albums précédents,
avec pour conséquence (et petit regret de la soirée)
de voir Mimi Parker rester
peut-être un
peu en retrait (apparemment
faute à une petite angine
?), à quelques exceptions
près ("Laser Beam"). Elle donne plutôt
l’impression de veiller d’un
oeil attendri et maternel
les deux gamins excités
qui gesticulent autour d’elle.
Cela
dit, c’est aussi ce croisement entre
ses différentes composantes, fraîcheur et fougue
juvénile, maîtrise et
simplicité, finesse et humanité, qui donne alors
son naturel et son évidence à l’alchimie
du groupe, qui sait aussi ne
pas se laisser emporter par
ses élans, préserver
ses meilleures qualités tout en libérant des énergies
jusqu’ici
bridées.
On
se dit aussi que plus classiquement,
c’est peut-être
la traversée de certaines difficultés passées
(n’ont-ils
pas manqué de splitter ?) qui leur donne cette force
nouvelle. Est-ce ce qu’Alan laisse entendre en remerciant
le public qui les a suivis, en particulier
durant les "hard times" ?
Merci
en tous cas, si cela a permis aujourd’hui de nous
offrir le spectacle d’un groupe non pas "au"
sommet, mais à un sommet
de son art, tant on peut espérer qu’il est en mesure
d’en atteindre encore beaucoup
d’autres.
Marc Schmit
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