POPNEWS - le webzine de la pop musique POPNEWS
luke temple - interview - POPNEWS Mars 2008

> edito
accueil
> recherche
> daniels
fear of flying
> expérience
nous (en) sommes...
> turner cody
first light
> pollyanna
on concrete
> mgmt
oracular spectacular
> quelques...
2ème partie : the...
> deus
interview
> edwyn collins
paris, le nouveau...
> throw me the...
moonbeams
> osso exotico...
s/t
> mc homeless
trapped under an ohio...
> tahiti boy...
good children go to...
> vale poher
3 x 2
> barbara carlotti
l'idéal

> newsletter



> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
>
POPmusic
sélection de mp3
>
POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list

> fils RSS



RSS Forum
RSS MP3
RSS blog
RSS Podcast

> pub

maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous : myspace
last.fm
twitter
facebook

LUKE TEMPLE

[page précédente]

Tu fais également des peintures murales dans des appartements huppés de New-York. Quelle place a la peinture dans ta vie, par rapport à la musique notamment ?
C'est vraiment mon boulot de faire ça et je ne réalise que des commandes donc il n'y a pas une grande part de créativité dans cette activité. En revanche, la peinture a vraiment été quelque chose de capital dans ma vie quand j'étais plus jeune. Je suis issu d'une famille où on fait des portraits de génération en génération. Mais quand je suis allé à la fac, il y avait trop de considérations annexes autour de la peinture qui ne me plaisaient pas tant que ça. Je ne me sentais pas aussi libre face à la peinture. Je me suis plus intéressé à la musique qui était quelque chose de nouveau pour moi, un terrain vierge à explorer. Mais récemment, je me suis mis à peindre mes propres créations... La musique et la peinture viennent définitivement du même endroit de mon cerveau. C'est le même processus de création. Tu commences à construire quelque chose de très brut et puis tu affines petit à petit. Et je conçois de toute façon la musique de façon visuelle. Dimension et espace sont des éléments de la musique comme de la peinture.


Quand on écoute ta musique il y a un paradoxe, parce qu'on a l'impression que tout coule de source alors même qu'on ne peut pas ignorer tous les efforts et le temps passé derrière chaque chanson.
J'ai envie de créer un langage avec chaque chanson que j'écris. Un langage doit avoir son rythme, doit couler sans ruptures. Pour moi la musique fonctionne sur le même mode. Je commence de façon très brute et c'est presque douloureux de trouver le moyen le plus facile, le plus direct qui va permettre à la chanson de fonctionner. Parfois, il suffit de jouer du bon instrument au bon moment ou au contraire d'en retirer un et la chanson, tout à coup, se manifeste à elle-même. C'est un peu comme essayer de jouer des tours à l'auditeur en permanence. Sur le dernier album, j'ai enregistré parfois jusqu'à dix versions d'un même morceau pour ne retenir que celle qui me semblait la plus claire. Ce que je voulais, c'est obtenir une chanson qui sonne comme si elle avait déjà été écrite précédemment. Je sais quand je l'écoute que c'est ce qu'il faut et qu'il n'y a pas d'autre choix possible.

Et c'est quoi cette histoire de café du matin, visiblement c'est ton moment de prédilection pour l'écriture de chansons...
En fait, c'est pour des raisons simples au départ. Je dois travailler. Donc je me lève très tôt le matin. Et c'est le seul vrai moment de la journée qui est calme. Et c'est aussi le moment où mon esprit est le plus ouvert. Parce qu'il n'a pas encore été submergé par les préoccupations de la journée. Je me sens donc libre mentalement à ce moment de la journée. Par ailleurs, je travaille de façon assez efficace sous la contrainte du temps. Quand j'ai un temps bien défini pour travailler, je l'exploite à fond et suis bien plus efficace que si je travaillais toute la journée. J'en ai fait une sorte de routine. Je me lève à six heures du matin, tout est calme, New-York est calme... Pour le seul moment de la journée.

Comment as-tu réagi aux réactions très positives au sujet de ton premier album ?
Je pense que les chroniques sont comme des îles pour elles-mêmes. Je ne vois pas trop comment elles pourraient affecter ma réalité. C'est très flatteur d'avoir de bonnes critiques, mais j'essaie d'être aussi détaché que possible. J'ai eu aussi ma part de chroniques négatives.

Et est-ce différent pour ce que disent d'autres artistes à ton propos, comme Sufjan Stevens, qui a déclaré que tu avais l'une des plus belles voix de pop actuelle ?
Je connais bien Sufjan, c'est un vieil ami à moi. C'était très plaisant d'entendre un ami complimenter ma musique de la sorte. Mais j'essaie aussi d'être détaché de ça en un sens. Et je pense que je suis détaché de lui en tant que pop star. Je le connais depuis trop longtemps pour ça. Il y a aussi des amis à moi dont je respecte tout autant l'avis.

Qu'y a-t-il de différent en termes de songwriting sur ce nouvel album ?
Sur le précédent, la plupart des chansons étaient des coups d'essai. J'étais en plein apprentissage du fait même d'écrire des chansons. Sur cet album j'avais beaucoup plus le temps d'expérimenter, de faire des recherches en termes de production. Je me suis éloigné aussi de la guitare. J'ai beaucoup composé autour du synthétiseur qui était un instrument nouveau pour moi. Au bout du compte, je pense que le recours au synthétiseur a donné un son beaucoup plus froid à cet album. Mais je pense aussi qu'il est plus personnel. Et peut-être plus émotionnel. Je l'ai fait relativement seul et j'avais donc le temps d'en faire ce que je voulais vraiment. Par ailleurs, j'avais un huit pistes pour cet album. Pour le premier, j'avais un 24 pistes ce qui change complètement la perspective. J'ai vraiment eu l'impression d'enregistrer ce disque dans un espace confiné où chaque centimètre carré était précieux. Heureusement j'avais du bon café.

Propos recueillis par Jean-Charles Dufeu, un grand merci à David Vertessen

A lire également, sur Luke Temple :
la chronique de "Snowbeast" (2008)
la chronique de "Hold a Match For a Gasoline World" (2006)