Magma live

10/03/2009, par David Dufeu | Concerts |
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Je ne sais pas trop ce qui m'a subitement poussé à aller voir Magma ce soir, mais voilà que je me retrouve au Sébastopol, à Lille, devant Vander et sa bande, quarante ans tout pile après la création du groupe, au milieu d'un public d'un âge jamais vu, pour ma part, à un concert. Disons quarante-cinq ou cinquante de moyenne, avec des pointes à soixante balais, et des minima à dix-huit. Sympa. Le public est assis, hyper attentif devant le concert commencé quand j'arrive. Tout le mythe Magma est déjà déployé, les choeurs (dont Stella Vander), la basse grasse et en avant, un vibraphone, un orgue vintage qui sera lui aussi omniprésent, une guitare. Mais c'est Vander qui mène le bal, et bloque sur ses cymbales sur toute la première partie du concert, ignorant presque complètement ses fûts, et travaillant sans cesse sur leurs résonances. Le concert, d'emblée, est haletant, avec les qualités et les défauts des seventies : des longueurs, une densité parfois trop systématique, mais aussi un vrai sens des mouvements, et, à part des sons de guitare un peu kitsch, pas trop de fautes de goût - les mélodies, notamment vocales, vieillissent plutôt bien, et Vander, au mileu de sa troupe rajeunie, assure la dynamique et le spectacle, tout dans la tension débridée en permanence. Sans cuivres pour l'épauler, ce fan ultime de Coltrane, toujours habité, prend parfois le micro pour déclamer en kobaïen ses folles logorrhées, avant de repartir comme en quarante (pardon, comme en soixante-dix), et passe à la vitesse supérieure la première heure passée, en imprimant des rythmiques plus tendues sur les morceaux. Bref, Magma n'a pas mal vieilli, sachant nous épargner les répétitions de thèmes entêtants, renouvelant des morceaux qui auraient pu être mis au rebut il y a trente ans, et enflammant finalement un public qui obtiendra deux rappels -un "Kobaïa" court mais puissant, puis un morceau chanté par un Vander presque seul en scène, sans sa batterie, déclamant dans sa langue extra-terrestre une oraison qui, loin de la caricature mystique, côtoiera la grâce. Remerciant le public, Vander, émouvant, d'un salut maladroit, quitte la scène.

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