Magyar Posse - Kings of Time

25/08/2004, par Jan Fiévé | Albums |
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MAGYAR POSSE - Kings Of Time
(Verdura Records/Oscill Records)

MAGYAR POSSE - Kings Of Time"Nous vous transporterons par delà les montagnes", nous promettaient en guise d'introduction sur leur premier album ces inconnus tout droit venus d'une Scandinavie qu'on imaginait assez justement glaciale tout autant qu'hostile. Tout un programme. Pourtant, dès la première écoute de cette somptueuse collection de pépites givrées, une évidence s'imposait : ces Finlandais volants planent à des miles au dessus de leurs acolytes post-rockeux. Et l'arrivée de ce deuxième album, intitulé "Kings Of Time", ne fera que confirmer tout le bien que l'on pensait de ces mystérieux scandinaves. Jamais encore une telle musique, manifestement ancrée dans un genre somme toute assez sombre et tourmenté, n'aura semblé si légère, si gracieuse. Ou l'art de chanter (c'est une image, leur musique habitée étant presque intégralement instrumentale) le désespoir des jours sans soleil avec élégance et sérénité. Ici, les guitares tissent de frêles mélodies, secondées par un xylophone taquin, et évoquent de bucoliques paysages enneigés. Autre part, c'est d'improbables coulées de lave en furie que suggèrent ces six cordes rugissantes et mutines. Visiblement, chez Magyar Posse, on affectionne les contrastes brutaux tout autant que les nuances les plus fines, le noir & blanc tout autant que les tons sépias. Et si les influences sont parfois évidentes (on pense assez souvent à Mogwai, de temps à autre à Tortoise...), la musique du quintet possède néanmoins une beauté bien singulière et une identité propre. Seuls en effet Jari Lahteinen et sa bande de tristes lurons semblent être en mesure de convoquer tour à tour les naïves mélodies d'Ennio Morricone et les déflagrations bruitistes des désormais incontournables GYBE sans y perdre quelques plumes au passage. Cependant, nulle question d'accents symphoniques sur ce disque magistral. Les Finlandais officient plutôt dans la catégorie belle et inquiétante musique de chambre. Mais une chambre froide, alors, avec son lot de carcasses congelées et de volutes de givre dessinant sur les parois blanches des paysages aussi beaux qu'effrayants. Un disque monstre, en somme, un bouquet de  "chansons" malades du plus bel acabit, indispensable pour accueillir comme il se doit un automne déjà proche. Brrrrrrrrrr.

Jan

(Le disque contient 7 plages, sans titres)

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