Malcolm Middleton - Interview

16/10/2002, par | Interviews |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

 

Tu as fait récemment une mini tournée en compagnie de Kristofer Astrom et Robin Proper-Sheppard, comment l'idée est-elle née ?
J'ai toujours été un grand fan de Sophia et surtout de God Machine, qui reste un de mes groupes préférés. J'ai eu l'occasion de rencontrer Robin plusieurs fois, à la suite de concerts, et au bout du compte nous sommes devenus amis. L'idée d'un concert ensemble est née au fil des conversations : "pourquoi tu ne viendrais pas jouer à Londres, et moi j'irai à Glasgow ?". Ensuite est arrivé Kristofer.

Pendant qu'on parle de Robin, où en est-il avec le prochain album de Sophia ?
Il attend d'être vraiment prêt pour le finaliser, d'être totalement content de lui…

Pourtant ça fait déjà quatre ans qu'on attend…
Oui, c'est vrai… il va falloir qu'il se dépêche ! un jour je lui faisais écouter un titre de mon album et tout d'un coup il s'est mis à pester. Je lui ai demandé ce qui n'allait pas et il m'a répondu qu'il avait un morceau quasiment identique au mien pour son prochain album ! il était furieux…

À première écoute, une chanson comme "Best in me" peut sembler assez optimiste, je me trompe ?
Non, c'est vrai. Elle est effectivement partie de l'idée que côtoyer quelqu'un de particulier pouvait souligner ce qu'il y a de meilleur en toi. Mais ma perception de cette chanson a évolué depuis que je l'ai écrite, et est moins positive maintenant, j'ai tendance à penser que ce que j'ai voulu dire, c'est que, dans une relation, tu finis toujours par faire des compromis pour être ce que l'autre personne attend que tu sois.

Dans "the King of Bring", tu te décris comme "half way between useless and potential", dans "Devil and the Angel", tu es tiraillé entre l'optimisme et le défaitisme, en permanence. Ce tiraillement est un trait important de ton personnalité ?
Tout le monde est confronté à des choix de ce genre, bien se conduire et s'embêter ou alors faire des bêtises et s'amuser, moi le premier.

D'habitude, les paroles sont imprimées sur les livrets des disques d'Arab Strap… mais ce sont celles d'Aidan. Là elles ne figurent pas sur le livret, c'est par pudeur ?
Dès que j'achète un disque, je me précipite sur le livret pour, entre autres, lire les paroles, c'est vrai. Mais là, il me semble que les paroles ne tenaient pas debout toutes seules, qu'elles perdaient une grande partie de leur sens privées de la musique. Ce n'est pas le cas pour celles d'Aidan…

Sur le livret, tu classes les participants en "devils" et "angels". C'est juste une private joke ou ça correspond vraiment à leur rôle dans la réalisation du disque ?
C'est une blague, mais en fait la raison profonde c'est que les "devils" sont les gens qui ont enregistré l'album alors que les "angels" sont ceux qui ont joué dessus.

C'est pas un peu curieux de classer comme ange un gars qu'on retrouve en train de déféquer dans une poubelle devant tout le monde dans le livret de ton disque ? (NB : le livret montre un Aidan Moffat tout sourire en train de faire ses besoins dans une poubelle)
(sourire) oui, tu as raison… mais en fait, j'étais obligé de faire ça pour remettre Aidan à sa place, pour casser cette fausse réputation de poète urbain torturé un peu éthylique qu'il a, c'était mon devoir de faire ça !

Propos recueillis par Guillaume
Merci à Charlotte, Aurélie, Cécilia et Fabien

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» toutes les interviews