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STEPHEN MALKMUS

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Est-ce que tu ressens l'influence de Pavement sur certains groupes d'aujourd'hui?
(réflexion...) Pas tellement quand j'entends les Foo Fighters ou les Queens of the Stone Age, mais avec les Strokes, les White Stripes, un peu. Ils ont peut-être du succès en Europe (pas vraiment aux USA), et je pense qu'on peut entendre quelque chose de nous chez eux, mais en plus poli, en plus superficiel... En fait, la musique est devenue une affaire d'attitude, tandis que nous étions "derrière" l'attitude. Dans les années 1970, les Rolling Stones avaient de l'attitude, Mick Jagger notamment, mais il y avait quelque chose derrière, de la profondeur. Il y avait une âme. Plus que ce que proposent certains groupes d'aujourd'hui. Ceci dit, il y a encore de bonnes choses, comme les White Stripes, ou les gothiques d'Interpol ou de Muse. Au moins, ils croient en leur musique, ils y mettent du coeur.

Mais il posent...
Nous on n'est pas des poseurs, on est nature, on a plus les pieds sur terre, on sait faire la différence entre la scène, la foule et la vie. Je sais qu'en France, on aime bien que la scène reste un lieu secret, bien séparé du public, qui reste dans la fosse. Mais nous on veut casser cette barrière, faire juste un grand happening.

Le label italien Homesleep a récemment sorti un "tribute to Pavement", qui s'appelle "Everything is ending here", avec Fuck, Lenola, Tindersticks, Yuppie Flu, Comet Gain, Saloon, Silkworm... Que penses-tu de ce genre d'hommage ?
Je suis fier. Ce qui est bien sur cette compil, c'est qu'on y entend des groupes indies dont pas grand monde ne connaît l'existence. Pour moi, c'est un mélange parfait de groupes un peu connus et de groupes totalement indé. C'est cool que notre musique ait finalement plus d'influence sur eux que ce qu'ils peuvent entendre à la radio. Mes reprises préférées sur l'album ? J'aime bien notamment Appendix Out sur "Frontwards" et Magoo sur "Perfume - V".

Sur ce nouvel album, tu laisses plus de place à la guitare, avec des solos, tout ça... des choses qui n'apparaissaient pas au tant de Pavement... tu étais frustré en tant que guitariste à l'époque ?
Non ! Les gens devraient écouter plus attentivement Pavement... Lors des tournées de Brighten the Corners ou Wowee Zowee, on laissait déjà une grande place aux jams et on étirait les morceaux en longueur. C'est quelque chose qu'on a toujours fait, quelque chose de frais et de non planifié, d'expérimental et d'improvisé.

Pourquoi les Jicks apparaissent-ils à côté de ton nom sur cet album? Ils se sont davantage impliqués ?
Absolument. Mon nom plus the Jicks, c'était la façon la plus juste de présenter les choses. Il y a moi qui écrit les chansons, et les Jicks qui sont bougrement bons. Ils méritent vraiment d'apparaître sur la pochette... Vous devez parler d'eux !

Alors pourquoi ne pas vous présenter sous le simple nom de the Jicks et enlever Sephen Malkmus ?
A ce stade, c'est comme Neil Young & Crazy Horse. Disons que je m'occupe de tout ce qui est autour du disque. Pas plus qu'au temps de Pavement, mais... Les gens veulent me parler, à moi... pour le meilleur ou pour le pire! J'aimerais que vous parliez aux Jicks et pas à moi, ils sont géniaux. Mais c'est toujours vers moi qu'on vient. Pas forcément à cause de mon nom mais parce que j'ai une histoire, une longue expérience avec Pavement. Et puis tout le monde veut parler au chanteur, ça a toujours été comme ça. Mais il faudrait changer cette habitude.

Les Jicks ne se sentent-ils pas trop frustrés de cette situation ?
Parfois... Mais ils sont matures et intelligents, ils connaissent la règle du jeu. Et puis ils savent que je m'en fiche, je ne suis pas de ceux qui tirent la couverture à eux en monopolisant la parole. Ce n'est pas: "c'est moi qui parle, fermez vos gueules !". Ils savent qu'en parlant seul, notre message passe mieux dans les médias.


propos recueillis par Vincent Noyoux.
Merci à Julie-Mattéa.