Mansfield.TYA - Interview

21/12/2011, par | Interviews |
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Mansfield Tya

Bon, on va revenir à "Nyx". Donc Nyx, déesse de la nuit...
Bien !

Bon, outre que c'est un très bon mot pour le Scrabble...
Oui, ça fait 21. C'est la raison du nom de cet album, la seule et unique.

Il est beaucoup question de la nuit, des rêves. Ce n'est pas la première fois que tu abordes ces thèmes...
Le Scrabble (elle éclate de rire) ?

Pour en revenir à la nuit : c'est un moment qui te parle, qui t'inspire / vous inspire ?
C'était un terrain d'entente pour nous deux. On est un peu insomniaques, on aime évoquer les thèmes que ça englobe, on aime travailler la nuit. Tout y est plus calme, plus exacerbé. Tout fait un peu peur !
Carla : C'était aussi une façon de se renouveler que de se donner un thème. Cela nous a guidées aussi, après ce n'était pas un absolu. On aurait pu ne pas le préciser et ça n'aurait pas été aussi flagrant. C'était un point de départ qui était riche à la base, assez universel.

Ce point de départ en fait, c'est presque une contrainte que vous vous êtes fixée dès le début, genre "On trouve le titre d'abord" et ensuite vous écrivez, ou alors c'est venu en écrivant ?
Julia : Non, on savait qu'on voulait partir sur un thème, parce qu'on s'est toujours un peu donné des thèmes finalement.
Carla : Tu as besoin de ça en fait, parce que sinon on partait de rien. Là, ça nous donnait un point de départ commun.

Vous écrivez comment après ça ?
Julia : On écrit vraiment toutes les deux les textes et les musiques. Du 50/50, et même parfois, on a des amis qui passent, qui nous laissent un texte. Du coup, on compose... et plus même cet album, on l'a réalisé toutes les deux, on s'est enregistrées seules, on l'a produit. On ne voulait plus avoir d'ingé-son dans les pattes. Du coup... j'ai oublié ta question...

Parle, parle...
Carla : Dans "Nyx", on a vraiment inclus la programmation, les aspects techniques. Il n'y avait plus de distinctions, encore moins qu'avant, sur le "qui fait quoi". C'est aussi l'échange qui a amené quelque chose de plus complet.
Julia : Pour enregistrer, on a une maison sur le bord de la mer. On y a fait un studio. On s'y enferme.
Carla : C'est vraiment un lieu de résidence permanent. On y travaille à notre rythme.

Et vous y allez comme ça, de loin en loin, ou vous faites autrement ?
Julia : On se bloque carrément des semaines, voire des mois là-bas.

L'inspiration, elle vient d'où du coup ?
Elle vient de tout ce qu'on a "bouffé" depuis que l'on est nées. C'est vraiment hyper-varié, les livres, les films, les disques... Pour cet album, en termes d'images, il y a "Antichrist" de Lars Von Trier qui nous a vraiment marquées.
Carla : Même la nuit, tout simplement, c'était fort graphiquement parlant. C'est un moment qui évoque plein d'images.
Julia : En plus, on en a tourné beaucoup aussi, des images. On était accompagnées de ThomR, un copain qui nous suit un peu partout depuis deux ans, et on réalise des trucs ensemble, des petites vidéos. On ne sait honnêtement pas trop où on va...
Carla : C'est un projet à long terme. Peut-être un film...

C'est donc quelque chose d'un peu indéfini, mais encore libre finalement...
Julia : Oui. Quand on enregistrait les morceaux, on allait aussi filmer au cimetière, on se déguisait en chien, en animaux sauvages, et ça évoquait d'autres choses.

C'était une sorte de cercle vertueux ?
Carla : Oui, c'est un peu ça. C'est un peu notre troisième musicien, mais silencieux.
Julia : Il s'est intégré naturellement. Il est venu filmer un de nos concerts, et dès le début, on a compris qu'il avait une autre façon de filmer. Il mixe par rapport à la musique.
Carla : On s'est vite sentis proches tous les trois. On a la même façon de travailler, il n'y a pas vraiment de méthode, c'est très spontané.
Julia : Du coup, on fait une soirée carte "noire" (rien à voir avec le café, ndr) à Rennes, avec trois duos, Unison, Mensch, Sieur et Dame et quelques images de Thom. A propos de Mensch, on avait fait avec Vale (Poher, membre de Mensch) un titre sur "Seules au bout de 23 secondes", "Des journées ordinaires".

Donc en fait, ça fait une petite famille musicale ?
Julia : Oui, quelque part, il y a de ça, avec Unison, Vale Poher, etc... On ne fait pas du tout la même musique, mais on se retrouve avec plaisir.
Carla : Oui, il ne faut pas s'enfermer.
Julia : On a tous comme particularité de faire des choses assez minimales, assez froides. Dans tous les cas, on essaie de rechercher autre chose...

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