Mansfield.TYA, mardi 13 octobre, au Krakatoa (Mérignac)

28/10/2015, par | Concerts |
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De cette soirée, je ne retiendrai tout d’abord pas grand-chose de la prestation de Maïa Vidal en entrée, dont la musique ne m’a pas parlé, un peu trop sucrée, sur le tempo de l’impertinence, un peu surjouée, et dont les mélodies n’ont rien évoqué en moi. Pas de soucis, une bière, un peu de patience et il est temps de se faufiler jusqu’au premier rang pour Mansfield.TYA. Il faut ce qu’il faut en effet.

Mansfield.TYA

“Cerbère” ouvre le bal. “Bal”, le mot semble bien mal choisi tant le morceau semble propager des ondes négatives, et pourtant le travail de mise en place est énorme, c’est précis et déjà incarné à la perfection par Carla et Julia. Il se dégage pourtant beaucoup de générosité, et le caractère unique du duo s’exprime à plein. En effet, il n’y a aucune complaisance dans l’interprétation ou dans la setlist (beaucoup de “Corpo Inferno”, comme “La fin des temps”, “Contemplations”, “Loup Noir”, avec Carla qui délaisse son violon pour l’occasion), mais les surprises sont pourtant au rendez-vous.
Même si j’avais déjà vu le groupe quatre fois en live auparavant, je savais qu’il y en aurait, mais Julia et Carla eurent le mérite d’éviter toute redite, se livrant à des relectures de morceaux récents (comme “Des coups, des cœurs”, issu de “NYX”), donnant aussi une dimension électro très marquée à “Bleu Lagon”, en transformant la fin du morceau en un parfait titre de dancefloor. “La Nuit tombe” est elle aussi martelée, comme un énorme nuage noir sur le Krakatoa.

Mansfield.TYA

Mansfield.TYA

Plombant, le concert ? Pas le moins du monde ! Le duo a un humour bien à lui. L’exubérante Julia, qui a toujours le mot juste pour interagir avec le public, chambre gentiment Carla – qui ne se laisse pas faire. Mais c’est aussi cette complicité, cette faculté à passer d’un registre sombre, ou tout le moins habité, à ces éclats de rire, qui constitue un des plus grands charmes du groupe en live. Alors on rigole, quand à la fin du toujours sublime “Pour oublier je dors” une spectatrice laisse échapper son verre, précisément à la dernière note, on rigole à nouveau – un peu “choqué” – quand Julia glisse un changement de paroles osé au milieu de “Mon dictionnaire Larousse”, ou quand Carla dérape vocalement.

On a surtout de sacrés frissons, sur la reprise de Niagara “Pendant que les champs brûlent”, sur “Je ne rêve plus” (même si en l’occurrence je continuerai longtemps après le concert), sur “Logic Coco”, même fracassé. “Et déjà demain”, nous chante le duo pour finir. Alors oui, demain est venu, mais il n’a pas pour autant fait oublier cette soirée unique.

 Mansfield.TYA

Merci à Guillaume et Philippe. Photos : sowat

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