Manta Ray - Estratexa

12/03/2003, par Fred Tuc | Albums |
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MANTA RAY - Estratexa
(Acuarela / Poplane)
MANTA RAY - EstratexaFace à ce nouveau volume de l'œuvre de ces mythiques Espagnols, les fans de la première heure pourraient être quelque peu surpris. Les violons ont disparu, les chants sont beaucoup plus en retrait, faisant place à des plages plus instrumentales, tirant même vers une forme de post-rock et des velléités discrètement électroniques, tendances que le groupe avait auparavant déjà approchées, mais dans des proportions nettement moindres.
Je ne peux que regretter des morceaux hélas peu intéressants et n'apportant pas grand-chose à ce qui se fait aujourd'hui. Je suis évidemment plus exigeant avec un groupe de la valeur de Manta Ray et concède aborder ce disque avec peu d'indulgence. Voilà pourquoi je n'hésite pas à dire que certains morceaux ont du mal à décoller - et ne décollent d'ailleurs pas - tant ils sont plombés par un son bien chargé. Partis pris délibérés ou accidents de parcours ? Pour ma part, le côté "gros son" de quelques titres a du mal à passer, particulièrement en première partie d'album.
Ces critiques ne doivent toutefois pas occulter l'excellente facture d'une bonne partie des compositions et il faut reconnaître à Manta Ray cette volonté manifeste de ne pas céder à la facilité, ce que "Estretexa" démonte à nouveau.
Lorsque le chant reprend ses droits, c'est pour déclamer des imprécations sorties d'outre-tombe. C'est d'ailleurs la création d'une atmosphère ténébreuse et angoissante que la formation semble avoir privilégiée, y parvenant plus ou moins bien, la réussite venant par contraste de quelques morceaux plus lumineux.
Sur la dernière partie de cet album du retour vient débouler une incroyable trilogie, débutant par un impressionnant "Ebola", sorte de Panzer façon Mad Max au moteur gonflé à bloc, toutes armes dehors, machine de guerre contre le silence, auquel succède le formidable "Rosa Parks", hypnotique et à la guitare entêtante, lui-même suivi par un planant "Ausfahrt" porté par une scie musicale, une flûte et quelques arrangements électroniques. Par cet ultime triptyque, Manta Ray démontre avec talent sa capacité à brouiller les pistes, mélangeant courses-poursuites rock, échappées post-rock et envolées électro champêtres.

Fred

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