Mariah – Utakata Ni Hibi

16/04/2018, par | Albums |
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Mariah - Utakata No Hibi

Ici encore, ce n’est pas une nouveauté du jour qu’on vous présente avec la réédition d’un album de 1983 du groupe Mariah, boîte à malices dans laquelle on retrouve Yasuaki Shimizu, dont on avait aimé plus que de raison l’agile félin "Kakashi", lui aussi réédité fin 2017. Pour les allergiques aux nipponeries, rappelons que Yasuaki Shimizu est l’un des petits malins conviés à la mise en musique du "Pollen" de Pierre Barouh et notamment pour le titre le plus Mariahl du disque, "L’Autre Rive".

Si on pond un petit pensum, c’est parce que Palto Flats réédite donc, pour la dernière fois, et en très petites quantités, le double 45 tours "Utakata Ni Hibi" qui est une véritable panacée, mieux un élixir de vie. En cette période Pascale où l’on ressuscite à tour de bras ce qui aurait mieux fait de rester sous l’humus, profitons de ce petit miracle et diffusons la bonne nouvelle auprès de nos amis, Galiléens, galériens de la carte de crédit et autres amazonistes.

Mariah ne ressemble à rien et c’est tant mieux. Groupe de proto-jazz ou de néo-new wave ? Expérimentalistes studiophiles ne jurant que par le DIY ? Rien ne ressemble à Mariah. Pas même Mariah. Pour avoir tenté de jeter une oreille aux albums précédant ce quatrième rejeton de la famille, rien ne semble faire corps ou histoire. Des enfants sans lendemain, voilà. Et puis, soudain, c’est la merveille intemporelle : "Utakata Ni Hibi", soient Des Jours Fugitifs. De ces jours de triturages de bandes, de collages, d’associations a priori impensables (les paroles surréalistes en arménien qui côtoient celles en japonais par exemple), surgissent des basses sourdes sur un saxophone (ou une clarinette basse !) qui déconne et, surtout, des structures de morceaux jamais figées, à bases solidement répétitives mais qui partent en sucettes là où on ne les attendait pas. Hymnes dansants, mélancolie légère comme une barbe à papa à l’aspartame, claviers Satrianesques (et pourquoi pas ?) escaladant l’Everest en chantant à tue-tête, japonisme de pacotille multicololore tutoyant New Order sur l’efficacité, percussions à réveiller les douleurs des culs de jatte, voilà l’improbable cocktail Molotov de Mariah, prêt, 25 ans après, à exploser vos oreilles et vos références. Palto Flats fait bien les choses : on retrouve la pochette originale avec les illustrations idoines PLUS les textes traduits en anglais et un remaster assuré par Dubplates & Mastering (ne vous fiez pas aux captures de son sur YouTube et autres : le son est divin et le format 45 tours mérité). Vous le trouverez directement à la source ici, chez les hollandais de Rush Hour là, ou chez votre dealer habituel si possible. Vous ne le regretterez pas et vos descendants non plus.

Avec l’aide de Johanna D., salve regina !

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