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MARSEN JULES - Les Fleurs
(City Centre Offices / La Baleine) [site] - acheter ce disque


MARSEN JULES  - Les FleursAvec la transposition "scénique" des plages de "Herbstlaub", Martin Juhls aka Marsen Jules avait démontré comment les contraintes esthétiques d'un laborantin avisé (minimalisme électro-acoustique, échantillonnage maniaque des sons, usage des boucles) pouvaient épouser le mouvement de la nature : sa prestation de l'été passé sur la plage de Saint-Malo servait adroitement une musique rêveuse appelée à se confondre avec le ressac des vagues. Sur son nouvel album, sobrement intitulé "Les Fleurs", il pousse plus avant l'hypothèse et la détourne de tout soupçon de mimétisme : aucune musique ne pouvant suggérer exactement par elle-même la croissance ou les qualités sensorielles des végétaux, il faut prendre la proposition ici faite comme une évocation libre, une manière de travailler la matière sonore et la durée selon des principes (boucle, écho, résonance vibratoire) qui rappellent de loin quelque chose de la floraison dans sa temporalité à la fois étale, lente, éphémère et cyclique. Chaque morceau a son individualité, sa "couleur" sonore et son nom de fleur (rare ou commune), mais s'épanouit selon un processus équivalent à celui des autres : une boucle, construite à partir de légères touches percussives (électroniques ou acoustiques), sur laquelle se greffe, dans une progression qui relève de la variation minimale, des inserts nouveaux. L'effet, un peu hypnotique, déjoue assez bien le piège de la simple répétition. Et ce, même sur le morceau conclusif de 13 minutes ( ! ) qui risquerait a priori de lasser l'auditeur le plus méritant. Entre son précédent disque et celui-ci, loin de briser les règles de sa création sonore, Martin Juhls évolue vers une musique certes plus ouverte (aux percussions, au soundscape, à l'acoustique - vibraphone et harpe -), mais tout aussi belle et mystérieuse.

David Larre

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