Mendelson, la vie et rien d'autre

14/02/2008, par | Concerts |
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Mendelson, sur disque, c'est une expérience. Mendelson, sur scène, c'est aussi une expérience, différente, peut-être plus radicale encore. Ce mardi soir, 12 février, sur la scène du Divan du monde, devant une centaine de personnes assises et un peu moins debout, ce groupe à géométrie variable se produit en duo - Pascal Bouaziz à gauche, Pierre-Yves Louis à droite -, soit juste deux guitares électriques et une voix. Une formation aussi inhabituelle dans le rock que dans la chanson, comme pour nous dire que Mendelson ne fait ni l'un ni l'autre - Mendelson fait du Mendelson, point. Derrière les deux musiciens est projeté un montage d'extraits de films, qu'on ne reconnaît pas tous : le lien avec les chansons n'est pas toujours évident, mais la rencontre entre la force expressive des images et la charge émotionnelle de la musique fait sens. On est loin d'une simple diversion destinée à faire oublier le caractère statique du concert. En plus de morceaux trop anciens pour qu'on s'en souvienne ou trop nouveaux pour qu'on les connaisse, le groupe joue la moitié des titres du dernier album, "Personne ne le fera pour nous", dans des versions encore plus étirées, souvent prolongées de parties instrumentales minimalistes. La voix de Pascal Bouaziz est parfois proche du murmure, et à certains moments on pourrait presque dire, pour reprendre un beau titre de Philippe Garrel, "J'entends plus la guitare". C'est sûr, Mendelson ne rameutera pas du punk à chien sur les festivals cet été. Le sommet du concert est aussi celui du disque : "1983 (Barbara)", pénultième morceau ce soir-là, juste avant le "Scanner" final. Difficile de dire à quel point cette chanson (qui n'en est pas vraiment une, ou qui en tout cas excède cette définition) est bouleversante. Sur scène, la logorrhée de Bouaziz (un flot presque proustien de souvenirs d'enfance qui se bousculent pendant onze minutes) est encore plus impressionnante, car incarnée : les mots semblent lui venir comme ça, en direct, impossibles à retenir. De ce concert en immersion, on ressort comme d'un bathyscaphe, sonné, désorienté, et peut-être un peu plus vivant.

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