Micah P. Hinson - Interview

06/06/2008, par Jean-Charles Dufeu | Interviews |
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D'où te vient cette obsession pour le corps féminin qu'on retrouve sur chacune de tes pochettes d'album ?

Je pense que tout ça a commencé quand j'ai fait de la photo à la fac. Je crois que j'aime bien ces images parce qu'elles sont à la fois très classiques et assez noires. Et ça me semble assez différent de la majorité des pochettes d'albums que je voyais étant adolescent. Certaines me frappaient vraiment comme "Trompe le Monde" des Pixies, mais je trouvais que la plupart étaient vraiment merdiques. J'avais aussi l'envie que ces pochettes, par l'évocation de l'image uniquement, puissent déjà raconter une histoire. C'est très descriptif et ça me semble beaucoup plus intéressant que mettre ma tête sur la pochette.

 

Pourquoi cette mini mise en scène autour des groupes qui t'accompagnent "The Gospel of Progress", "The Opera Circuit", etc. ? Est-ce une façon de te dissimuler derrière un groupe qui n'existe pas vraiment ?
Non, pas du tout. Les membres du groupe influencent profondément le son de l'album. Et les groupes changent réellement d'un album à l'autre. C'est donc vraiment rendre justice à la réalité que de nommer à chaque fois un groupe différent. Et quand je vois des affiches de concert avec mon nom qui ne mentionnent pas le groupe avec lequel je joue, je trouve ça vraiment très irritant parce qu'ils ont un rôle extrêmement important, bien plus qu'un simple backing band.

Et parce que tu es modeste... C'est du moins la réputation que tu as, de pousser même l'humilité jusqu'à l'auto-dénigrement compulsif, notamment lors des concerts. Est-ce un rôle que tu joues ?
Oui, je sais... Je fais souvent des blagues sur moi-même, je m'excuse pour des milliers de choses. Tout ce que je fais sur scène ou dans mes albums me semble assez naturel, et je ne le fais pas par calcul. Je n'essaie pas de me conformer à un personnage que j'aurais construit ou que les gens auraient construit pour moi. Je pense que c'est quelque chose qui peut également être lié à mon enfance, au fait que j'ai été élevé dans le Sud, dans une église. Etre humble et modeste était clairement l'un des enseignements qu'on m'a donné. "Les premiers seront les derniers..." Je ne pense pas être une sous-merde, je ne pense pas non plus être un grand génie. Tout est une question de perception, de ce que les gens pensent de moi. Pour moi, je ne suis qu'un type médiocre qui essaie de faire des choses qui ne le sont pas.

Ça pourrait être une excellente conclusion...

Mais je vais te poser une dernière question malgré tout. Vous venez de vous marier tous les deux, toutes mes félicitations. Est-ce que tu n'as pas peur que la stabilité amoureuse, le fait d'être heureux peut-être, puisse affecter ton travail de songwriter ?
Oui, bien sûr ça peut affecter beaucoup de choses parce que c'est la première, dernière et seule fois que je tombe et tomberai aussi profondément amoureux... Donc oui, ça affecte forcément ma musique. Ma musique reflétera toujours la vie avec les bons et les mauvais côtés. La vie conjugale n'est pas pour autant synonyme de bonheur sans nuages, il reste des choses à raconter. Les gens auront peut-être peur que je sois heureux, et que je me transforme en Boy George. Ah non, peut-être pas, parce qu'il est un peu gay. Mais ma musique restera toujours la même. Avec éventuellement plus de chansons positives parce que j'ai trouvé le véritable amour et j'en suis très heureux.

Finalement ça fera quand même une bonne conclusion.
J'espère que oui...

Photos par Julien Bourgeois
Un grand merci à Marie et à Luc Taramini 

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