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MICAH
P. HINSON
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précédente]
D'où
te vient cette obsession pour le corps féminin qu'on
retrouve sur chacune de tes pochettes d'album ?
Je
pense que tout ça a commencé quand j'ai fait
de la photo à la fac. Je crois que j'aime bien ces
images parce qu'elles sont à la fois très
classiques et assez noires. Et ça me semble assez
différent de la majorité des pochettes d'albums
que je voyais étant adolescent. Certaines me frappaient
vraiment comme "Trompe le Monde" des Pixies, mais
je trouvais que la plupart étaient vraiment merdiques.
J'avais aussi l'envie que ces pochettes, par l'évocation
de l'image uniquement, puissent déjà raconter
une histoire. C'est très descriptif et ça
me semble beaucoup plus intéressant que mettre ma
tête sur la pochette.

Pourquoi
cette mini mise en scène autour des groupes qui t'accompagnent
"The Gospel of Progress", "The Opera Circuit",
etc. ? Est-ce une façon de te dissimuler derrière
un groupe qui n'existe pas vraiment ?
Non,
pas du tout. Les membres du groupe influencent profondément
le son de l'album. Et les groupes changent réellement
d'un album à l'autre. C'est donc vraiment rendre
justice à la réalité que de nommer
à chaque fois un groupe différent. Et quand
je vois des affiches de concert avec mon nom qui ne mentionnent
pas le groupe avec lequel je joue, je trouve ça vraiment
très irritant parce qu'ils ont un rôle extrêmement
important, bien plus qu'un simple backing band.
Et
parce que tu es modeste... C'est du moins la réputation
que tu as, de pousser même l'humilité jusqu'à
l'auto-dénigrement compulsif, notamment lors des
concerts. Est-ce un rôle que tu joues ?
Oui,
je sais... Je fais souvent des blagues sur moi-même,
je m'excuse pour des milliers de choses. Tout ce que je
fais sur scène ou dans mes albums me semble assez
naturel, et je ne le fais pas par calcul. Je n'essaie pas
de me conformer à un personnage que j'aurais construit
ou que les gens auraient construit pour moi. Je pense que
c'est quelque chose qui peut également être
lié à mon enfance, au fait que j'ai été
élevé dans le Sud, dans une église.
Etre humble et modeste était clairement l'un des
enseignements qu'on m'a donné. "Les premiers
seront les derniers..." Je ne pense pas être
une sous-merde, je ne pense pas non plus être un grand
génie. Tout est une question de perception, de ce
que les gens pensent de moi. Pour moi, je ne suis qu'un
type médiocre qui essaie de faire des choses qui
ne le sont pas.
Ça
pourrait être une excellente conclusion...
Mais
je vais te poser une dernière question malgré
tout. Vous venez de vous marier tous les deux, toutes mes
félicitations. Est-ce que tu n'as pas peur que la
stabilité amoureuse, le fait d'être heureux
peut-être, puisse affecter ton travail de songwriter
?
Oui,
bien sûr ça peut affecter beaucoup de choses
parce que c'est la première, dernière et seule
fois que je tombe et tomberai aussi profondément
amoureux... Donc oui, ça affecte forcément
ma musique. Ma musique reflétera toujours la vie
avec les bons et les mauvais côtés. La vie
conjugale n'est pas pour autant synonyme de bonheur sans
nuages, il reste des choses à raconter. Les gens
auront peut-être peur que je sois heureux, et que
je me transforme en Boy George. Ah non, peut-être
pas, parce qu'il est un peu gay. Mais ma musique restera
toujours la même. Avec éventuellement plus
de chansons positives parce que j'ai trouvé le véritable
amour et j'en suis très heureux.
Finalement
ça fera quand même une bonne conclusion.
J'espère
que oui...
Propos recueillis par Jean-Charles Dufeu
Photos par Julien Bourgeois
Un grand merci à Marie et à Luc Taramini
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