Microfilm
est un groupe originaire de Poitiers et il dévoile
ici son troisième album. Toujours marqué par
le sceau du septième art, avec des samples de dialogues
et des références ouvertes à certains
films ("Brute Force" pour les fans de Burt Lancaster),
ils ont cette fois obtenu carte blanche de la part du distributeur
Wild Side Video et pu ainsi piocher à leur guise
dans des films et, originalité de ce nouvel opus,
des documentaires.
L'ouverture
du disque sur "Brute Force" et ses coups de sifflets
sonnent le rappel, les spectateurs se pressent aux abords
de la salle et, les yeux rivés à l'écran,
tous attendent les premières notes de guitare. La
voix inquiétante d'un homme perce la cadence imposée
par la batterie et la foule se disperse lentement. Noir.
Dialogue souligné par un silence. Par sa fenêtre,
une femme a vu un meurtre et tente d'alerter la police.
"Il n'y avait pas de corps". L'étrangeté
s'invite sur "Blood Sample" et la subtilité
du montage sonore est plus que jamais à l'honneur.
Répétitions, flash-backs, oppositions. Non
content de composer une musique qui donne une dimension
supplémentaire aux dialogues des films choisis, Microfilm
passe maître dans l'art de se jouer des voix pour
raconter au passage une histoire différente, la leur,
avec un scénario bien établi. De leur son
souvent qualifié de post-rock, ses membres ont, sur
cet album, basculé vers une alchimie plus pop, à
base de riffs entraînants ("Dernière Séquence",
"Combinaison") et de mélodies souvent plus
majeures que par le passé.
D'un
autre côté, une belle maturité prend
forme en touchant également des sujets plus graves,
notamment grâce à l'apport du documentaire.
"Devant nous, rien" est magistral, les réalisateurs
ont trouvé leur acteur principal, il survole le casting
et sur le tournage, ils lui donnent la liberté qu'il
mérite. Le talent de ces musiciens n'en est que plus
marquant.