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MING - Intérieur/extérieur
(Doxa)

MING - Intérieur/extérieurMing en argot gallo/anglais ça veut dire moche, mal fichu, pas beau. Ming en Bruxellois ça veut dire tout autre chose, ça veut dire beats bêtas et kitscherie musicale savamment travaillée. Très inspirée des années 80 et des synthés minimalistes de la pop électro française qui va avec (Elli & Jacno à la rescousse), la musique de Ming fait penser à une version campagnarde de Kraftwerk. Multipliant les références, ils lorgnent même vers le Dominique A des débuts mais le parallèle serait surtout à faire dans l'économie des moyens plutôt que dans la forme.
"Intérieur/extérieur" cache derrière une apparente simplicité une foultitude d'idées, de sons et de concepts tous plus décalés les uns que les autres. Ce disque est la bande son idéale pour “Naïve Super” premier livre grand public d’Erlend Loe, qui, sous la naïveté de la forme et une apparente nonchalance se livre à un exercice philosophico/poétique des plus aboutis. Comme Erlend Loe, Ming parle de tout et de rien, égraine les mots et frappe direct au cœur. Autre point commun, Ming et Loe semblent être obsédés par la volonté de faire cohabiter différentes époques. Chacune des 10 chansons de l’album est une sorte de mini-film musical, autonome et délicat. Les textes sont (chose rare pour ce qu’il faut bien ranger du côté de la pop minimaliste à la française) diablement bien troussés, pas geignards pour un sous. Les tournures de phrases impressionnent par une fragilité de surface et une intransigeance implacable. Tout pour la musique, mais une musique qui a du sens. L’album de Ming est long en bouche et se savoure peu à peu. Après l’effet de surprise et une fois le goût sucré de la voix dilué dans le marc de café du texte “Intérieur/extérieur” revient à loisir sur la platine pour délivrer ses quelques instants de plaisirs.

Gildas

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