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Disques

Minizza – Le Voyage Au Groenland

Minizza - Le Voyage Au GroenlandLes parisiens  de Minizza n’en sont pas à un coup d’essai au niveau de la composition de musiques de films. On se rappelle encore d’ « Hotel Monterey » leur bande son imaginaire pour le film de Chantal Akerman en 2011. Ils reviennent ici avec l’illustration sonore du dernier film de Sébastien Betbeder, « Le Voyage Au Groenland ».

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne faut jamais attendre les membres de Minizza là où l’on croit qu’on les trouvera car il faut bien reconnaître que chacun des disques de Franck Marguin, Geoffroy Montel et Rainier Lericolais ont peu en commun les uns avec les autres, qu’ils ressemblent à peu de choses de ce que nous propose la musique hexagonale d’aujourd’hui.  On se rappelle encore de « Music For Girls » qui faisait se rencontrer la Bossa Nova, la musique concrète, la Pop de Gainsbourg. On y croisait Edward Ka Spel des Legendary Pink Dots ou encore Erik Arnaud. On pourrait évoquer aussi « Hotel Monterey » inspiré par le film de Chantal Akerman et qui fut présenter au festival Electroni[k] de Saint-Brieuc en 2011. Cette longue ambiance comme une seule et même plage mouvante dessinait les contours d’envie d’habillage d’images, avec sans doute la naissance d’une idée dans les esprits des membres de Minizza d’un jour se confronter à la création de sons pour des images. On connaît la cinéphilie de Franck Marguin pour la croiser ici et là sur les réseaux sociaux. Une cinéphilie qui n’a que faire des querelles de clocher et de genres.

On n’est pas près d’oublier leur dernière production à ce jour, l’adaptation magnifique d’ « A Rebours » de Joris Karl Huysmans, parfaite errance dans le cerveau dérangé de Jean des Esseintes avec ces effluves expérimentales.  On aurait pu attendre Minizza quelque part dans ces terres-là et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils nous désarçonnent allègrement avec cette B.O du dernier film de Sebastien Betbeder, « Le Voyage au Groenland » et ses comptines qui doivent plus à Vladimir Cosma qu’à Coil.

Sébastien Betbeder a décidemment du goût, lui qui a fait appel par le passé à Sylvain Chauveau sur « Nuage », Bertrand Betsch sur « 2 automnes 3 hivers » ou encore Sébastien Tellier pour « Marie et les naufragés ». Il redonne envie à Minizza de retrouver leurs amours électro-pop avec  une illustration sonore qui rappellera à beaucoup le meilleur de François de Roubaix ou encore Ennio Morricone. Entre comptines régressives volontiers désuètes, un peu comme si Trisomie 21 avait découvert une mélancolie apaisée et presque rigolote. On pensera aussi à Tangerine Dream pour ses longue nappes contemplatives au bord de la rêverie. 

On comprend alors que cette notion d’expérimentation chez Minizza a plus à voir avec le jeu, ce quelque chose ludique qu’un simple raisonnement froid et cérébral. C’est sans doute ce qui permet à cette B.O  de vivre en autonomie ou en complément des images du film qu’elle accompagne. Louvoyant à vue entre des nappes synthétiques mélancoliques et des drones qui dérivent, Minizza signe la B.O accueillante que l’on attendait sans le savoir d’eux.

Profitons de cette critique de disque pour dire tout le bien que l’on pense de ce label qu’est Brocoli qui nous réconcilie avec les légumes. Un label qui fleure bon la créativité et l’inventivité avec des artistes comme Sylvain Chauveau Sébastien Roux en encore Sylvain Chauveau.

On attend donc avec impatience des nouvelles que l’on espère prochaines de Minizza mais pour l’heure regagnons les terres glacées du Groenland

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