My Bloody Valentine, leçon de son

10/07/2008, par | Concerts |
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Cela ne fait pas très longtemps que je porte des bouchons aux concerts bruyants. Pendant longtemps je n'en ai pas mis (ce n'était pas encore entré dans les moeurs), et comme je ne suis pas du genre à coller l'oreille aux enceintes, je n'ai jamais eu de gros problèmes. Je me demande dans quel état seraient sortis mes tympans si j'étais allé voir My Bloody Valentine en 1992, sur la tournée "Loveless". J'ai entendu parler de gens qui avaient encore un acouphène aujourd'hui. A l'époque, donc, personne ne portait de bouchons. Hier, à l'entrée du Zénith, on en distribuait, et on pouvait lire des mises en garde sur le volume sonore et les effets indésirables des lumières stroboscopiques. C'est sûr, c'était fort. Très fort. Trop fort ? Ça peut se discuter, mais on peut supposer que les spectateurs s'y attendaient (vu la moyenne d'âge, certains avaient dû voir le groupe il y a seize ans...). D'ailleurs, ceux qui avaient assisté aux concerts en Angleterre m'ont dit que c'était encore plus fort là-bas. Hier, en tout cas, le volume sonore posait problème. Pas de pugilat entre ingés son comme quand Mogwai était passé au Café de la danse, il y a quelques années. Mais Kevin Shields est sorti de son légendaire mutisme pour expliquer qu'ils ne pouvaient pas régler le son comme ils le voulaient et qu'on n'entendait donc pas tout à fait ce qu'ils auraient voulu qu'on entende. Ça n'a pas trop posé problème jusqu'au dernier morceau, la fameuse version de "You Made Me Realise" avec pont bruitiste de 15 ou 20 mn. Pendant cette section devant constituer l'apothéose du concert, le son, évoquant un réacteur d'avion au décollage, a baissé à deux ou trois reprises, sans doute sous l'effet du limiteur. Et puis il a été purement et simplement coupé. Les musiciens ont posé leurs instruments et discuté sur le côté de la scène. Puis ils ont revenus... et ont repris le morceau là où ils l'avaient laissé, en plein boucan ! Une scène digne de Spinal Tap. Apparemment, la salle n'a pas respecté l'accord passé avec le groupe sur le volume sonore, mais eux-mêmes ont dû dépasser plusieurs fois la limite légale. Bref. Avec tout ça, on n'a pas parlé de la musique elle-même. Une expérience ultime, indépassable (ce qui expliquerait pourquoi ils jouent quasiment les mêmes concerts qu'en 92), un véritable trip sur les morceaux les plus hypnotiques (ils ont joué "Swallow", apparemment écarté des premières setlists anglaises), comme du Terry Riley avec les potards à 11, mais un léger ennui quand on ne reconnaît pas les morceaux tant tout est noyé dans le barouf - les voix étaient souvent à peine audibles. Un sacré concert, quand même. Et puis, je pourrai dire que je les ai vus. Enfin, surtout, entendus.

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