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MY BRIGHTEST DIAMOND

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Shara Worden - My Brightest Diamond

Il y a un de tes projets qui est un peu particulier, c'est celui que tu fais avec ton père, "French Songs". Tu peux nous en parler ?
(un petit moment de silence) Il n'y a pas d'enregistrement encore. Mon père est un accordéoniste talentueux. Enfin, quand il le veut bien (rires). Nous avons fait des concerts d'une demi-heure ensemble dans des clubs au Texas, où il vit, avec des chansons de Kurt Weil, Edith Piaf et quelques chansons russes qu'il connaissait. C'est un de mes projets à long-terme que de réussir à m'imprégner de ces chansons, de leur langage très suggestif. Je pense que je suis une personne visuelle, et j'aime les images que m'évoque cette musique.

Comment s'est créé ce lien si fort avec la musique et en particulier avec la culture musicale européenne ?
Mes parents écoutent de la musique en permanence. Ils écoutent de la musique classique, des chorales, de la soul, de tout, pas seulement de la musique américaine. Mon oncle est un pianiste classique. C'est une partie de ma culture familiale, la musique est un des liens qui nous unissent et nous permettent de passer du temps ensemble. Quand j'étais adolescente, j'ai fait partie d'un ensemble de chambre de seize chanteurs, avec lequel je suis venu en Europe à deux reprises pour participer à des concours à Vienne et ai chanté un peu partout dans des cathédrales. Six jours par semaine, je chantais du Bach et du Vivaldi. Après cela, c'était une évolution naturelle de me mettre à l'opéra.

Ce n'était pas encore de la pop.
J'aime également la pop. J'aime la musique classique et la pop à part égale. A certains moments, j'ai essayé de me concentrer sur l'une ou l'autre, ça n'a pas marché. Mais je m'interroge toujours sur moi-même, et sur les raisons qui m'ont fait arrêter d'étudier la musique classique. Cela dit, j'écoutais de la soul et du R'n'B à la radio et de la musique classique à l'école.

J'ai lu que tu aimais prendre le train. Tu l'as pris à Paris ?
Oui. Et toute seule en plus ! J'aime bien l'idée des transports publiques, le fait qu'ils emmènent ensemble les pauvres et les riches, mais si c'est à un niveau limité. C'est mieux pour l'environnement aussi.

Tu prends du plaisir à voyager pendant les tournées, à rencontrer des gens ?
Oui, définitivement, même si cela reste souvent superficiel, tu ne connais jamais . Je n'ai pas grandi à un seul endroit, j'ai vécu dans neuf états différents. J'aimerais bien avoir le sentiment que je suis chez moi quelque part, mais ce n'est pas le cas, cela fait partie de mon identité.

La première fois que j'ai entendu parler de toi, c'était quand tu ouvrais pour Sujfan Stevens. Comment vous êtes vous rencontrés ?
Nous avions un ami commun qui organisait des "variety shows" avec des comédiens, des poètes, des musiciens, une femme enceinte qui faisait du repassage... de très étranges personnages (rires). Il me disait depuis longtemps qu'il fallait absolument que je rencontre Sufjan et je l'ai rencontré lors d'une de ces soirées, nous nous sommes trouvés plein de points communs : dans notre façon d'écrire, notre formation classique.

Comment s'est passée la tournée avec lui ? Est-ce que c'était un de tes vieux rêves que de devenir chef des majorettes ?
(rires) Oui, je voulais vraiment être la chef. C'était fantastique. C'est ce que je voulais dire quand je parlais de l'apprentissage lié à la scène. Ces costumes de majorette, aussi ridicules qu'ils en ont l'air, vous permettent de vous concentrer sur un personnage et de procurer de la joie au public, et je n'avais jamais considéré le joie comme quelque chose qui en valait la peine auparavant. Je suis plus prédisposée à ruminer, à être mélancolique, donc ce fut une expérience très instructive d'être un peu à l'arrière-plan, dans une position de soutien, et d'observer Sufjan. De voir ce qui marchait, ce qui ne marchait pas. Son répertoire est très varié, c'était vraiment très intéressant. Je me suis lancé là-dedans parce que je voulais savoir comment ça se passait dans la tête d'un autre. Sufjan travaille par ce que j'appelle addition et soustraction. Il va utiliser quatre accords pendant une chanson, les accords ne changent pas, et c'est d'un point de vue instrumental ou du point de vue des arrangements qu'il va faire évoluer le morceau, en ajoutant par dessus ces quatre accords des mélodies et des harmonies. Ma musique n'est pas écrite du tout de la même façon. Maintenant, je comprends mieux la sienne.

Tu as appris la musique en compagnie de Padma Newsome. Tu le vois toujours, vous avez un projet musical en commun ?
J'ai étudié avec lui pendant deux ans, et à la fin nous avons fait un concert ensemble. J'ai collaboré avec Clogs sur deux morceaux, ils sont vraiment doués.

Tu donnes toujours des leçons de chant ?
Oui...

Tu pourrais m'en donner par internet peut-être ?
(rires) Je ne suis pas sure que ça marche !


Propos recueillis par Guillaume Sautereau
Photos par Julien Bourgeois.
Merci à Benjamin.