Nervous Cabaret - Interview

02/11/2007, par | Interviews |
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Quelles sont selon vous les principales évolutions entre le premier et le deuxième album ?
Fred : il y a eu plus de travail sur les cuivres. Nous étions quatre musiciens cette fois-ci, chacun a écrit des arrangements, nous avons essayé de nouvelles idées en studio... Nous avions avec nous Jonathan Delachaux, un clarinettiste genevois, qui nous a beaucoup apporté. Nous avons doublé pas mal de parties sur cet album, ce qui nous a permis de passer d'une petite section de cuivres à un véritable groupe au son beaucoup plus riche.
Les chansons aussi sont plus complexes que sur le premier album, moins brutes, plus travaillées, mieux définies. Les mélodies sont plus claires, plus évidentes. Pour moi, c'est un grand pas dans la bonne direction, le groupe a vraiment évolué.
Elyas : on a aussi progressé sur la production. Tout le monde était au maximum de ses possibilités et on a vraiment obtenu ce qu'on voulait. On se connaissait mieux, nos capacités étaient plus grandes que sur le premier album. Grâce à cela, nous avons pu faire quelque chose de plus net, de plus resserré. Ce deuxième album nous a mis en confiance, nous pensons que nous pouvons aller encore plus loin, défricher et expérimenter encore.

Nervous Cabaret

Comment sont écrites les chansons ? C'est d'abord toi à la guitare, puis chacun apporte ses idées ?
A la base, c'est ça. "No Politics No Sex", "Père Lachaise" et "Les Enfants du papillon", sur le nouvel album, à l'origine ce sont des démos que j'ai faites quand j'étais à Paris, après la sortie du premier album. J'avais un studio à ma disposition et j'ai tout enregistré moi-même, la batterie, la basse et la guitare.
Fred était aussi là dès le début, il m'a donné beaucoup d'idées d'arrangements. Puis Brian, qui nous rejoindra pour la tournée, est venu travailler avec nous. A ce stade, les chansons avaient déjà pris forme. Les autres musiciens sont alors intervenus en écrivant leurs parties et le disque est devenu ainsi beaucoup plus riche.

Les arrangements de cuivres sont assez différents d'une chanson à l'autre. Ca peut sonner klezmer, dixieland, ska... Vous aviez la volonté dès le départ de varier les ambiances ?
Oui, absolument. En fait, c'est parce que Don, Sam et Fred écoutaient beaucoup de disques dans des styles très divers.
Don : les autres venaient chez moi dans la journée, alors que j'étais censé travailler, et on écoutait des choses comme "Soul Makossa", du jazz dixieland, du swing des années 20 ou des disques du label Stax. On essayait de rejouer les parties de cuivres qui nous plaisaient, sur "Père Lachaise" par exemple. Un peu comme du sampling. On voulait comprendre comment ils créaient les harmonies, comment ils jouaient à contretemps...
Elyas : nous étions en studio quand l'un de mes amis a apporté la collection "Ethiopiques" complète (anthologie de la musique éthiopienne des années 60-70, ndlr). On a tous trouvé ça incroyable, on a écouté ces disques sans arrêt. Il y a une sorte de plénitude spirituelle, d'évidence qui se dégage de cette musique, et qui nous a beaucoup inspirés dans notre façon d'envisager globalement la nôtre. Quand nous enregistrions, il y avait de grandes discussions entre nous et avec le producteur sur certaines parties, les changements que nous voulions apporter... C'étaient des négociations incroyables ! Et puis, il y a eu l'arrivée de Jonathan qui a ajouté des parties de clarinette. C'est l'un des musiciens les plus remarquables que nous ayons rencontrés. Il est également peintre et il était à New York pour une expo. Nous l'avons kidnappé et forcé à jouer, et il en est sorti quelque chose de vraiment très bon ! (rires)

Tu as passé quelques mois à Paris après la sortie du premier album. Pourquoi ?
C'était normal que je reste ici car notre label, Naïve, est en France. C'est vrai aussi que nous fantasmions tous sur la ville. Moi, c'est depuis que j'ai lu Henry Miller ! Bien sûr, Paris a beaucoup changé depuis, mais elle a gardé son pouvoir d'attraction. Et puis, vu que je me sens responsable du groupe, je voulais surtout savoir comment fonctionnait une maison de disques, qui fait quoi, combien il y a d'étages... Je venais embêter tout le monde, je frappais aux portes, "Salut les gars, tiens, salut Patrick Zelnik (le boss de Naïve, ndlr), comment ça va ?" Patrick Zelnik m'a dit qu'il aimerait qu'il y ait plus de gens comme moi dans les groupes, qui viennent à sa rencontre... Ce serait bon pour les groupes, et bon pour les affaires. C'est sûr, parfois je dois emmerder les gens à fourrer mon nez partout, mais bon, je me fais des amis facilement, c'est un don ! (rires)
Par ailleurs, j'étais bien content de sortir de Brooklyn ! Je suis allé dans un studio, c'était vraiment bon marché, 5 euros de l'heure, et je me suis dit qu'il fallait en profiter pour avancer. J'étais inspiré et je me disais que j'allais pouvoir retourner à New York avec des choses à faire écouter aux autres. Je ne voulais pas rentrer les mains vides.

D'où vient l'inspiration pour tes textes, qui ressemblent parfois à de l'écriture automatique ?
C'est très varié. "Les Enfants du papillon" est le portrait d'une personne que j'ai tenté d'écrire avec les mots les plus simples possible. "Sleepwalkers" est une autre étude de caractère. Dans mon esprit, c'est une conversation avec l'imagination de Max Ernst, ou avec sa peinture. J'aurais du mal à expliquer ce que ça signifie vraiment. Je crois qu'il y a des choses très immédiates et d'autres qui demandent plus de temps pour être comprises. J'ai tendance à écrire des textes de plus en plus "disloqués", c'est vrai. Mais un jour, j'écrirai quelque chose que tout le monde comprendra du premier coup. Je ne sais pas encore quand, mais je le ferai !

 

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