> edito
accueil
> recherche
> adem
takes
> final fantasy
plays to please ep -...
> deerhunter
microcastle
> adam green
interview
> the artyfacts
maybe everything...
> larkin grimm
parplar
> neil halstead
oh! mighty engine
> klima
interview
> broken...
something for all of us
> melodium
my mind is falling to...
> hobotalk
alone again or
> dark captain...
miracle kicker
> the organ
interview de katie...
> oldman
two heads bis bis
> newsletter
> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
> POPmusic
sélection de mp3
> POPvideo
les émissions
> POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list
> fils RSS







> pub
maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous :
myspace
last.fm
twitter
facebook
|
|
NERVOUS CABARET
Leader charismatique d'un groupe
inclassable, Elyas Khan se
livre au jeu de l'interview
sans chichi ni retenue. Bavard,
insatiable, son discours a
la richesse de sa musique,
et se laisse difficilement
contenir par quelque limite
que ce soit. Morceaux
choisis d'une longue entrevue,
avant leur prestation scénique à
la Flèche d'Or, ce mardi 28
février.
Sur
votre site vous
décrivez votre musique avec cette formule : "ecstatic
music for savage
people".
Qu'est-ce que ça
veut dire exactement?
Oui,
c'est une bonne question...
C'était il y a quatre
ans environ. Tout le monde
nous demandait comment on
devait décrire notre musique.
J'ai essayé d'expliquer
ce qui, au plus profond de
moi, me touche dans la musique.
Quelle que soit la musique
en question. Ça peut être les Supremes, que j'écoutais
dans le salon de mon oncle
quand j'avais six ans ; et
il se passait réellement
quelque chose. Mais à six
ans, je n'étais pas crédible sur le plan intellectuel.
C'était une expérience viscérale avant
tout. Ça devrait justifier le côté extatique
de notre musique. Tout est
parti de là. Pour ce qui est
de l'âme sauvage... Je me moque bien du degré de
civilité qu'une société prétend
avoir. Ça
signifie beaucoup pour moi
parce que mes parents sont Indiens,
et pour beaucoup de gens, les
Indiens sont des sauvages.
Tu es un être humain,
tu es un animal. Tu es un putain
de chimpanzé dans un
costume-cravate, essayant d'être normal, essayant de bien
te comporter. La plupart des
gens sont élevés
dans une optique de comportement à suivre
: "fais ci, fais ça, de cette façon, pas
comme ça, ce sera plus sûr pour toi... Nous sommes
tes parents, nous te demandons
de te comporter convenablement...
Sinon, tu auras des problèmes." J'ai
eu pas mal de problèmes.

Parce
que tu ne te comportais
pas bien ?
Dans
mon opinion, je me comportais
très bien. Dans mon
opinion, je suis un homme bien.
Dans mon opinion, je suis
un homme rationnel. Je recherche
la vérité,
avec mon vocabulaire limité, avec mon éducation
limitée.
J'ai grandi à Londres, où les choses ne sont vraiment
pas jolies pour ce qui est
du racisme, ce genre de choses.
Les gens pensent que tu n'es
rien parce que tu n'as pas
leur culture. Et pourtant,
je les aime. J'aime leur langue,
j'aime leur culture, mais ils
ne m'aiment pas en retour. Ça
craint. Je pense que je me
suis bien comporté. Mais parfois...
j'étais
très jeune et je ne pouvais plus supporter cette situation.
Je me comportais mieux que
n'importe qui en Angleterre.
(Rires). Je me comportais mieux
que la reine, putain. Jusqu'au
jour où je
n'ai plus pu le supporter....
Pour en revenir à cette
phrase, j'essayais de trouver
une formule qui puisse synthétiser
tout ça, avec des termes assez forts.
Est-ce
que vous voulez que votre
auditeur soit sauvage ou plutôt
que votre musique le rende
sauvage ?
(Rires)
Mhh... Non. Non pour les
deux. Ecoutez bien... Quand
on donne des concerts, les
gens dans le public sont
vraiment fous. Il y a même
eu des gens qui baisaient
devant la scène. D'autres
qui se battent, qui se disputent,
etc. C'est difficile à croire.
Mais j'adore ça. Et
vous savez pourquoi ? Parce
qu'ils sont en lieu sûr. Il
ne peut rien leur arriver.
Est-ce que pour autant j'ai
envie qu'ils agissent comme ça
? Non. Je m'en fous complètement.
S'ils veulent être sages, tant mieux. Sinon, tant mieux
aussi. Du moment que ce n'est
pas dangereux pour moi ou pour
eux... Si tu veux te défoncer et te rouler par terre,
pas de problème, c'est ta vie. Je ne suis pas là pour
juger de quoi que ce soit.
Mais je pense que cette idée
de "sauvagerie" c'était pour unifier l'idée
que je me fais de mon public,
ou pour les préparer à ce
qui va venir. Peut-être quelque chose de légèrement
inconfortable... Où on dévoile les parties intimes.
C'est ce qui m'intéresse. La première fois que
j'ai vu les Sex Pistols, j'avais
dix ans. C'était en
direct à la télé anglaise. Mes parents étaient
partis, je gardais ma petite
sœur. Et là à 18
heures, les Sex Pistols disaient
des gros mots en public. Je
ne pouvais pas y croire. J'avais
dix ans et quelque chose s'est
passé à ce moment
là. Je me suis dit : "c'est ça
que je veux... faire ce que
j'ai envie de faire". Et quand
je joue mes chansons aujourd'hui,
je me moque que les gens réagissent
de telle ou telle façon sur la chanson en question. Qu'il
se passe quelque chose et c'est
tout.
Justement, à propos de vos performances live, tous les échos
qu'on a de vos concerts sont très tranchés. Certains
adorent, d'autres détestent, mais tout le monde éprouve
quelque chose de très violent. Qu'est-ce qu'il y a de
si spécial dans vos concerts ?
(Rires)
Tout d'abord, je dois dire
que je suis d'accord avec
eux. Parfois on est bon,
parfois, on merde complètement.
Pour les Transmusicales, on était tellement nerveux que
le public a dû le sentir. C'était notre seul concert
en France et on n'avait pas
le droit de le louper. Mais ça
nous a mis une telle pression
que c'en était
presque désagréable. C'est quand je suis rentré à New-York
que j'ai réalisé à quel point ce concert
allait être important pour nous, pour nos tournées,
pour notre avenir en France...
Et c'était encore plus
terrorisant. Je remercie le
ciel que ça se soit bien
passé. J'ai lu les chroniques. Mais bon, vous savez quoi
? Ceux qui les ont écrites étaient tous bourrés.
Ils ont atterri là par hasard après les Fuggees
et ont commencé à écouter le concert en étant
complètement saouls. Maintenant, pour ce qui est de nos
concerts eux-mêmes, nous sommes un groupe très
uni. Nous avons une vraie connexion
sur scène. Nous voulons
jouer ensemble, quelle que
soit la taille du public. Nous
prenons littéralement
du plaisir et aimons profiter
de la situation quand nous sommes sur scène. A mon avis,
on donne au public bien plus que l'album
lui-même. On joue l'album,
et plus que ça. Je suis un être humain, pas une
machine. Ça ne m'intéresse pas de jouer exactement
ce que les gens peuvent écouter chez eux. Nous avons
assez de liberté pour laisser grandir nos chansons.
[suite] |