Nicole Wil...lisse !

14/12/2006, par Luc Taramini | Concerts |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

C'est dimanche soir, il pleut sur Paris. Vous êtes quasiment résigné à passer la soirée devant votre télé quand, tout à coup, le téléphone sonne et une proposition tombe. "Dis, je vais voir Nicole Willis ce soir au Triptyque, t'as pas envie de venir ?". Il est vrai que le disque a déjà fait quelques étincelles sur votre platine et que la perspective réjouissante de tromper le sort vous emballe. Alors vous dites oui. 20h. Vous voilà devant le Triptyque ou plutôt au bout de la queue immense qui s'étire devant. Tout le monde a le nez dans le col de son manteau. Vous y compris et en plus vous avez l'estomac vide. Un coup d'½il aux alentours suffit à vous rappeler que ce quartier du 2ème arrondissement n'abrite que des bureaux et pas le moindre vendeur de Kebab providentiel. Tant pis ! 20 minutes plus tard, vous entrez enfin dans la salle, enfin plutôt dans la cave. Vous tentez d'approcher péniblement le bar déjà largement investi et comme vous n'êtes pas George Clooney, la serveuse peine à vous remarquer. Quand enfin vous sirotez votre Kro à 5 euros, il est déjà 21h et il n'y a toujours pas de groupe sur scène. Mauvais présage. Quelques minutes plus tard, les Shaolin Tempe Defenders font une entrée fracassante sur scène avec une soul old school maîtrisée et pleine de tics. La salle commence à remuer devant le panache de ses Bordelais qui y croient vraiment. Sauf que le chanteur rondouillard ne fait pas totalement illusion dans son numéro d'apprenti James Brown blanc. Qu'importe quand la musique est bonne, le respect s'impose. 22h, les Defenders s'éclipsent dans un tonnerre d'applaudissements pour laisser la place à la diva Willis et ses Soul Investigators. L'heure tourne, la scène reste désespérément vide. L'impatience vous guette car, en temps normal, vous seriez déjà au lit avec un bon bouquin. Le rideau s'écarte et une horde de musiciens venus du froid fait irruption sur la minuscule estrade. Le guitariste immense s'excuse pour le retard et entonne immédiatement le premier morceau rejoint par l'orchestre au complet (basse, batterie, section de cuivres et orgue d'église). La tension monte d'un cran car tout le monde s'attend à voir apparaître la chanteuse d'un instant à l'autre. Hélas, comme à Lourdes point de miracle. Le groupe exécute quatre instrumentaux ennuyeux. Vous interrogez votre voisin du regard. C'est quoi ce cirque ? Vous vous mettez à spéculer sur le retard de la dame : un problème de taxi, une interview qui s'éternise, du cabotinage ? L'excitation se change en agacement. Enfin, l'apparition a lieu. Un petit lutin en bonnet rouge s'avance sur scène et s'empare du micro. Miss Willis a les traits fatigués. Elle exécute sagement les morceaux de l'album sans temps morts. Vous reconnaissez ici ou là les quelques éclats du disque ("Feeling Free", "My Four Leaf Clover"?) mais rien dans sa voix ni dans son attitude ne parvient à faire décoller le set. Les rangs commencent à se desserrer. La déception s'installe. Vous jetez l'éponge au bout d'une demi-heure de ce traitement sans âme. Un comble pour un groupe de soul music ! Finalement, le plan plateau-télé à la maison, ce n'était pas si mal !

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» toutes les interviews