OCCASIONAL KEEPERS
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Est-ce que vos chansons figurant sur cet album
ont été écrites spécialement
pour ce groupe, ou auraient-elles pu figurer sur un album
de Trembling Blue Stars ?
Pour moi, c'est plus ce que je décide de faire d'une
chanson qui détermine s'il s'agira ou non d'une chanson
pour The Occasional Keepers. "Leave the Secret There
Forever", par exemple, aurait très bien pu être
une chanson de Trembling Blue Stars, mais j'ai essayé
de la vider de sa substance en en retirant tout élément
pop. En fait, je pense que même le morceau le plus
expérimental de l'album, "A Distant Piano on
a Foggy Night", aurait pu figurer sur un disque de
Trembling Blue Stars. "Schnee Gletcher Glas",
sur "The Last Holy Writer" [ndlr : le dernier
album en date de Trembling Blue Stars], est fort dans l'esprit
des Occasional Keepers. Je crois que n'importe quelle chanson
pourrait être un titre de Trembling Blue Stars, mais
ce n'est pas le cas pour The Occasional Keepers.
J'ai l'impression que la plupart des chansons que
vous écrivez depuis près de vingt ans parlent
de la mémoire et du souvenir des choses, un peu comme
un "âge d'or perdu". Vous êtes d'accord
avec cela ?
Pour être très honnête, je n'aime pas
la nostalgie. J'ai toujours pensé qu'aujourd'hui
et demain sont bien plus importants qu'hier. Je ne vois
certainement pas les choses en fonction d'un "âge
d'or perdu". Je veux simplement continuer à
aller de l'avant. Le passé,c'est du passé.
Parfois, en écrivant une chanson, tu dépeins
un souvenir particulier, peut-être pour en capturer
l'instant. Mais le dernier album des Trembling Blue Stars,
par exemple, est, de manière générale,
très concentré sur le présent.
De plus, toutes les chansons ne sont pas autobiographiques,
même si elles sont chantées à la première
personne. "Idyllwild" regarde en arrière,
mais il ne s'agit pas de mon histoire, ce n'est pas une
nostalgie qui m'appartient. "The tenth of Always"
évoque également la mémoire, mais là
non plus, ce n'est pas mon histoire.
De temps en temps, tu peux créer une chanson en regardant
en arrière, mais tu ne dois jamais perdre de vue
le fait que seul aujourd'hui compte vraiment.
Sur "True North", il y a une chanson
nommée "Factory Record", qui fut le premier
label de Caesar et Carolyn avec The Wake. Regrettez-vous
l'indie pop d'alors ?
C'est une des chansons de Caesar et Carolyn, et pour citer
Caesar : "Factory Records" est censé être
à l'opposé de toute nostalgie. Ce morceau
concerne l'"ici et maintenant", il reflète
un esprit qui n'est relié à aucune période
en particulier.
En tant qu'outsider (en terme d'écriture du morceau),
je pense que la chanson parle de ce que Factory représente
toujours aujourd'hui, une approche et un esprit qui restent
encore accessibles. Je la vois également comme un
hommage à Tony Wilson et Rob Gretton.
Avoir de la nostalgie pour Factory ou Sarah Records paraîtrait
complètement contradictoire avec ce que ces labels
ont été... Ils vivaient dans l'instant et
ne s'intéressaient qu'à l’"ici
et maintenant".
Trembling Blue Stars et The Wake ont tous deux
participé à un album hommage à Keith
Girdler, de l'ex-groupe Blueboy (également sur Sarah),
décédé d'un cancer l'an dernier. Pouvez-vous
nous en dire plus sur cet album à paraître
dans quelques semaines ?
Nous n'avons pas fait de reprises de Blueboy. La chanson
de The Wake est la démo originale de "Crush
the Flowers", et celle de Trembling Blue Stars est
une nouvelle chanson appelée "Soft Evening,
Brilliant Morning". Il est clair que, quand on nous
a demandé de participer à cet album, nous
n'avons pas hésité une seconde. On nous avait
parlé du projet, prévu pour récolter
des fonds pour l'hôpital où Keith s'est fait
soigner, et du fait qu'il contiendrait des groupes que Keith
appréciait. J'avais cette chanson qui me semblait
convenir aux circonstances. Nous sommes entrés en
studio en novembre dernier pour l'enregistrer.
Je continue de penser que l'album de Blueboy "Unisex"
est une des meilleures réalisations de Sarah Records,
et Beth (Trembling Blue Stars, Aberdeen) et Keith furent
longtemps très proches. Nous avions toutes les raisons
d'y participer, il fut donc facile d'accepter.
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