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QUELQUES JOURS D'OCTOBRE, ENTRE VIVANTS ET FANTÔMES - 3ème Partie : Liquid Liquid

Samedi 20
Ma première interview par téléphone pour POPnews est aussi ma première interview par téléphone en anglais. Pas évident… J'aurais évidemment préféré rencontrer mon interlocuteur, mais il habite aujourd'hui le New Jersey et ne vient pas très souvent à New York. C'est Dennis Young, un nom qui ne vous dit peut-être rien, mais qui personnifie pour moi le son et le rythme new-yorkais. Le groupe dont il était le percussionniste au début des années 80, Liquid Liquid, n'a sorti qu'une poignée de maxis, mais on peut encore en entendre l'écho aujourd'hui chez The Rapture ou LCD Soundsystem.

Voici quelques propos retranscrits à partir de mes notes.

"Des futurs membres de Liquid Liquid, qui étudiaient à l'université du New Jersey, avaient fondé un groupe plutôt punk au tout début des années 80. J'ai commencé à jouer des percussions avec eux sur des demos, puis sur scène. Le groupe est devenu Liquid Liquid et nous avons signé avec un petit label new-yorkais, 99 Records. Après le premier EP, Richard McGuire nous a rejoints. Nous avons sorti quatre maxis en tout.

Nos influences étaient très diverses car nous avions des goûts différents, mais l'élément rythmique était souvent prépondérant : Can, les premiers King Crimson, Fela Kuti, James Brown. Il y avait beaucoup de rythmes, de beats, dans la musique de l'époque, surtout à New York. Nous avions des connections avec des groupes comme Konk ou nos voisines de label ESG, qui avaient le même état d'esprit. Mais sinon, nous n'étions pas tellement proches de la scène new-yorkaise.
Nous sommes agréablement surpris de voir l'influence que nous avons eue, malgré le peu de disques que nous avons faits. Ça fait plaisir que des groupes nous citent, disent aimer notre musique. En 2006, au CMJ, j'ai joué des percussions sur quelques chansons avec Hot Chip, et je me suis beaucoup amusé.

Dans la musique que je fais aujourd'hui, le rythme est encore important. Mais j'essaie d'explorer d'autres directions musicales : jazz, world, alternative dance, ou folk dans une optique plus "songwriter" sur mon dernier album. Je n'en vis pas, c'est vraiment pour l'amour de la musique.
Ja garde un très bon souvenir de notre concert de juin 2003 au Nouveau Casino, à Paris. Les gens dansaient, étaient très enthousiastes. Il semblerait que nous ayons des fans chez vous ! Nous avions d'ailleurs joué en 1982 au Rex Club, je sais que Radio Nova a diffusé ce concert il y a quelques années.

Avec les ex-membres de Liquid Liquid, on se voit encore de temps en temps. Salvatore Principato fait beaucoup de DJing à New York. Richard McGuire est devenu un graphiste réputé et travaille notamment pour le cinéma. Scott Hartley est encore batteur mais n'est plus dans le music business.
Il est question que Domino Records ressorte une compilation de nos trois EPs originaux (déjà sortie en 1997 mais aujourd'hui introuvable, ndlr), peut-être avec d'autres morceaux. Pour ce qui est des concerts, je ne sais pas encore, mais c'est sûr que nous adorerions retourner jouer en France ! Je suis d'ailleurs toujours en contact avec Stephan Eicher, avec qui nous avions tourné en Europe à l'époque de son groupe Grauzone car nous avions le même manager. Il a même participé au morceau "Mona Lisa" sur mon dernier album "Shadow" (2006), au chant, à la guitare acoustique et aux claviers. J'en suis très honoré car je sais qu'il est devenu une grande vedette en France.
"

Finalement, Domino Records sort ces jours-ci une rétrospective de Liquid Liquid sous le titre "Slip In And Out of Phenomenom", avec dix morceaux inédits. La pochette est signée Richard McGuire :

Dimanche 21
Départ dans l'après-midi… avec l'envie de revenir le plus vite possible.

Toutes les photos sont de Vincent Arquillière, sauf celle de Dennis Young (D.R.).

Textes de Vincent Arquillière

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