POPNEWS POPNEWS
POPNEWS Septembre 2007 - interview

> edito
accueil
> recherche

> sonic youth
andre sider af sonic...
> the accidental
there were wolves
> children of...
songs from the source
> jordan o'jordan
not style nor season...
> mud flow
interview
> indian jewelry
free gold
> jonathan richman
because her beauty is...
> devotchka
a mad and faithful...
> eric matthews
the imagination stage
> richard lewis
postcard: track by track
> mud flow
ryunosuke
> santogold
santogold
> sz
autumn leaves latin...
> willits +...
ocean fire

> newsletter



> POPdépêches
les news fraîches
> POParchives
les autres articles
> POPinterviews
les interviews
>
POPmusic
sélection de mp3
>
POPvideo
les émissions
>
POPshop
compilation et +
> POPoldies
les "vieilleries"
> POPscene
sélection de concerts
> POPlinks
les liens
> POPforum
discutaillons
> POPblog
blog
> POPredaction
contact & play-list

> fils RSS



RSS Forum
RSS MP3
RSS blog
RSS Podcast

> pub

maison de disque, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos
rejoignez-nous : myspace
last.fm
twitter
facebook

OKKERVIL RIVER

[page précédente]

Okkervil River

Est-ce que vous étiez déjà passé à autre chose quand le Black Sheep Boy Appendix est sorti l'année dernière ? Notamment, est-ce que vous aviez déjà en tête les chansons de ce nouveau disque ?
Will Sheff : je pense que l'attitude qu'on avait à cette époque était peut-être en train de changer. Mais c'était surtout basé sur l'idée qu'on ne voulait pas être toujours et encore dans le même schéma, année après année. Je ne voulais pas être étiqueté comme ce pauvre mec pathétique : "oh je suis un misérable tristounet, violent et bizarre". Je pense qu'à un moment on a aussi eu envie d'aller faire un tour ailleurs d'un pur point de vue artistique. Black Sheep Boy était censé être quelque chose d'assez violent, mais j'ai fini par écouter tellement de choses qui m'ont dérangé dans la musique censée être violente. Il y a quelque chose dans la musique des Sex Pistols qui dit "je vais vous faire mal". Mais quand j'écoute de la Soul ou de la musique plus douce, je me rends compte qu'on n'a pas forcément besoin d'être un sociopathe pour toucher les gens. Je voulais faire un disque avec l'idée de jeu et de plaisir et non plus de violence rêche et noire. Cela dit, qu'on ne se méprenne pas, j'adore "Black Sheep Boy". Mais le personnage du Black Sheep Boy ne meurt pas par hasard à la fin du disque. On a beau aimer quelque chose, on a quand même envie de le tuer au bout du compte. Tout simplement pour ne pas se répéter à l'infini.

D'où vous vient d'ailleurs cette obsession du morbide ? Est-ce que cela traduit un besoin d'ordre quasiment naturel ?
Will Sheff : ce n'est pas réellement un exutoire. Je pense que c'est une tentative de révéler des choses aux gens qu'ils ne verraient peut-être pas autrement qu'avec ces chansons. Je n'essaie de convaincre personne, mais ce que j'aime c'est l'idée qu'on puisse confronter les gens avec cette réalité, un peu effrayante, un peu obscure et inquiétante.

Vous êtes souvent décrit comme un groupe de punk-folk. Est-ce que ça colle bien à l'image que vous avez de vous-mêmes ?
Will Sheff : le gars qui s'est occupé de notre site Internet à l'époque (il faisait partie du groupe d'ailleurs) a écrit ça comme ça sur la page de descriptif. Il aurait pu écrire autre chose. J'imagine que ça renvoie à la même idée autour de notre musique, il y a quelque chose d'assez direct et percutant qu'on peut retrouver à la fois dans le punk et dans le folk. J'aime ces deux courants, et je n'ai certainement pas envie de dénigrer le punk. Même quand je parlais des Sex Pistols, ce n'était certainement pas pour les dénigrer. Mais ce n'est pas comme ça que je veux penser la musique d'Okkervil River. J'espère qu'elle est un peu moins binaire qu'un simple grand écart entre deux courants.

De quoi rêviez-vous enfant ?
Will Sheff : je ne savais pas trop ce que je voulais faire quand j'étais jeune. Je n'avais pas d'idée très précise de tout ça. Mais comme j'avais une vie intérieure assez dense, mais finalement pas tellement de vie en dehors de ma tête, je savais que j'avais envie de faire quelque chose lié à la créativité. Je ne crois pas que j'avais vraiment le courage de m'avouer que la seule chose que je voulais vraiment faire était d'être créatif pourtant. Ça n'a été que très tard que j'ai découvert que c'était par la musique que je voulais m'exprimer. J'avais dans l'idée de faire des films ou je ne sais quoi. Mais je savais que ça tournerait autour de la création quoi qu'il arrive...

Est-ce que l'un de vos rêves n'était pas de faire la première partie de Lou Reed ?
Will Sheff : jamais de la vie. J'ai toujours adoré Lou Reed, c'était l'un de mes héros de jeunesse. Mais jamais de ma vie je n'aurais espéré partager la même affiche que lui. C'était assez incroyable de se dire qu'on faisait la première partie d'un des types qu'on admirait le plus au monde. Mais ça s'est réellement passé de façon parfaite. Nous l'avons trouvé extrêmement chaleureux, gentil, avenant. On avait été mis en garde par plein de gens qui nous avaient dit que c'était un vrai connard. Ça s'est révélé complètement faux en ce qui nous concerne. C'était vraiment un moment à part dans la vie du groupe. Je savais qu'il était fan du groupe donc quand il nous a fait contacter, ça ne sortait pas complètement de nulle part. Ce n'était pas une surprise complète de bout en bout. Mais ça restait un événement assez incroyable.

Qu'est-ce qui pourrait dépasser ça aujourd'hui ? Pour quelle personnalité pourriez-vous faire la première partie avec le même sentiment de fierté ?
Will Sheff : Bob Dylan. Si je devais citer deux noms seulement, ce serait Lou Reed et Bob Dylan. On peut donc dire qu'on a déjà réalisé 50% de nos fantasmes en tant que groupe aujourd'hui.

Propos recueillis par Jean-Charles Dufeu
Photos par Julien Bourgeois [site].