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THE LEFT BANKE
The Left Banke : La première réaction, c'est l'incrédulité : un petit Eden pop, perdu au milieu des troubles années soixante, préservé par les décennies tel Hibernatus par le froid, et on ne m'avait rien dit ?? Oui, comme les Pale Fountains quinze ans plus tard, deux albums magnifiques, le mariage ambitieux mais réussi de la pop à des orchestrations plus classiques... malheureusement, encore pire que pour les Pale Fountains, un oubli total et injustifié... Influence plus ou moins avouée de beaucoup (que Neil Hannon ne me dise pas qu'il n'a jamais écouté Left Banke...), Left Banke n'a pas eu la chance d'être à l'origine d'un de ces cultes "fédérateurs", discrets mais unanimes, comme ceux qui entourent Love ou Nick Drake. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il s'agisse d'un de ces groupes mineurs mais sympathiques dont fourmillent les sixties. C'est simple : tout tient sur un CD, "There's gonna be a storm", sorti en 1992 et reprenant les deux albums originaux, très difficilement trouvables aujourd'hui. De formation classique, Michael Lookofsky, qui se rebaptisera plus tard Mike Brown change vite son violon d'épaule sous les coups de boutoir de quatre petits jeunes venus de Liverpool qui font sensation avec leur "rock'n'roll music". Loin d'être découragé par son père, musicien classique lui-même, le garçon réussit à réunir dans le studio d'enregistrement paternel ceux qui constitueront l'ossature de son groupe, Tom Finn, Steve Martin et Georges Cameron.
Leur première maquette ne rencontre aucun succès auprès des maisons de disques. Tandis que Brown jette l'éponge, ses acolytes peaufinent un de ses titres, laissé inachevé : "Walk Away Renee" parfaite chanson pop, polie au millimètre et pourtant non sans densité sera leur premier single et unique succès, avec en face B "I haven't got the nerve", dont un sample servira de base au premier single (et unique succès ?) du Folk Implosion de Lou Barlow, "Natural one".
Ensuite, cela devient beaucoup plus délicat. Délicat parce que l'écriture de Mike Brown, le compositeur du groupe, atteint une finesse rarement rencontrée depuis. Délicat également de trouver les mots pour décrire des merveilles comme "Shadow breaking over my heart", "Ivy Ivy", "My Friend Today" ou "There's gonna be a storm", mariages paradisiaques entre pop bien de son temps et baroque millésimé 18ème. En 1967, alors que Brown décide d'abandonner la scène, sortent simultanément deux singles signés Left Banke, "Ivy Ivy", du seul Mike Brown, "She may call you up tonight" (repris plus tard par les Sneetches), signé par le reste de la bande. Bien sûr, la confusion qui en résulte est fatale aux ventes des deux disques et le groupe se réunit pour enregistrer "Desiree", sommet vertigineux qui met malheureusement fin à la collaboration entre Brown et son groupe. Ces derniers publieront en 1969 "Left Banke too", où la patte de Brown se fait encore sentir, tandis que celui-ci lance un nouveau projet, Montage, dont l'album du même nom ne laissera pas non plus beaucoup de traces...
Terre vierge et inexplorée, la musique de Left Banke mériterait pourtant une place au panthéon de la pop, non loin de "Pet Sounds" et "Revolver".
Guillaume
Discographie :
Walk away Renee (Mercury, 1966)
The Left Banke too (Mercury, 1969)
There's gonna be a storm (Mercury, compilation, 1992)
Montage (réédité par Sundazed Records)
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