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MANSET

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Comme un guerrier (1982) - acheter ce disque
Après la chanson-titre épique, Manset alterne les styles avec des morceaux comme l'ironique "La Mer Rouge", les énergiques "L'Epée de lumière" et "Maubert" ou le poignant "L'Enfant qui vole". Le chanteur au visage flouté sur la pochette ne se montrera plus sur ses disques (photos de dos ou visage largement censuré).

Lumières (1984) - acheter ce disque
Album plus austère en apparence, "Lumières", dont la chanson-titre a été reprise par Dominique A, apporte un soin particulier au niveau du son ("Que deviens-tu ?") et, plus métaphysique, révèle la philosophie et les aspirations du chanteur ; les titres sont d'ailleurs éloquents : "Finir pêcheur", "Vies monotones", "Un jour être pauvre" ou l'étonnant "Entrez dans le rêve", marqué par le son des guitares de l'époque. Un constat sans appel ("Découpez le monde à coups de rasoir / Pour voir au cœur du fruit le noyau noir / La vie n'est pas la vie / Ou ce qu'on nous fait croire").

Prisonnier de l'inutile (1985) - acheter ce disque
Manset alterne, dans ce disque comme dans beaucoup d'autres de cette période, titres "urbains" et "de voyage" ; dans la seconde catégorie, des titres longs et forts comme "Chambres d'Asie" ou "Mauvais Karma" ; dans la première, des instantanés en noir et blanc comme "Les Enfants des tours" ou ce détournement glaçant mais formidable d'Aragon / Léo Ferré, "Est-ce ainsi que les hommes meurent ?".

Matrice (1989) - acheter ce disque
Retour en force de Gérard Manset après plusieurs années de silence ; c'est avec ce disque que je l'ai découvert et l'album ne m'a plus jamais quitté. Résolument rock et urbain avec des titres comme "Banlieue Nord", "Matrice" ou "Camion bâché", Manset est plus que jamais un magicien du son, mêlant synthés, guitares et arrangements de cordes d'une grande intensité... Après des titres comme "Filles des jardins", le rock made in France ne peut plus tout à fait être le même. Indispensable.

Revivre (1991) - acheter ce disque
Cet album frère de "Matrice" en est aussi l'opposé, baigné de parfums de voyages ("Tristes Tropiques", "Capitaine courageux"). Marqué cependant par le même pessimisme ("On croit qu'il est midi et le jour s'achève" sur le titre "Revivre") et le même soin des arrangements, plus colorés encore, il ne pourra mieux s'achever que sur les mélanges de flûte et de guitares de "Territoire de l'Inini", dans lequel Manset regrette (une nouvelle fois) les paradis perdus.

La Vallée de la paix (1994)
- acheter ce disque
On a dit, non sans raison, de cet album qu'il était le pendant de "Lumières". Débutant de manière très rock par "Paradis" ("On croit toucher du doigt le paradis / On en sort abîmé, on en sort sali"), l'album se révèle finalement plutôt sage et serein, malgré les chaos de la "Ballade des Echinodermes", avec des titres majestueux comme "A qui n'a pas aimé". On notera également que pour la première fois (et pour cause de grève de musiciens !), un album de Manset ne contient pas de cordes.

Jadis et Naguère (1998) - acheter ce disque
Après quatre ans de silence, ce disque est plutôt décevant pour tous ceux qui attendaient le nouvel album de l'artiste – paroles et musiques sont dépourvues de leur habituelle flamboyance. Un titre cependant, "Vahiné ma sœur", inspiré de Gauguin, parvient à sauver l'ensemble : entre psaume et symphonie, le titre envoûte avec ses arrangements répétitifs de cordes et ses paroles fortes ("Vahiné ma sœur / La vie n'a pas plus d'épaisseur / Que la feuille de l'arbre / Que le plus froid des marbres").

Le Langage oublié (2004) - acheter ce disque
Après la déception causée par le disque précédent, on est très heureux de voir Manset revenir avec des titres forts – voire très forts comme ceux qui débutent l'album : le très rock "Demain il fera nuit", dont le final mélange guitares rageuses (parfois comparées à celles de Neil Young et du Crazy Horse) et chants africains ; le très émouvant "Quand on perd un ami", sublime malgré la voix du chanteur qui s'étrangle ; "Le Coureur Arrêté" dont les paroles font le va et vient entre la Gare du Nord et celle de Bangkok sur fond d'accordéon virevoltant. La fin de l'album n'est pas tout à fait de ce niveau mais le disque marque tout de même un retour en force de Gérard Manset.

Obok (2006) - acheter ce disque
Dans la continuité de son prédécesseur, "Obok" n'en égale peut-être pas les sommets mais évite aussi les pièges des titres les plus faibles du "Langage Oublié" ; au final, un album de très bonne tenue avec des morceaux de voyage comme "L'Enfant soldat", des titres qui font déjà figure de "classiques" comme "Le Jardin des délices" ou "La Voie Royale" et même une pointe d'ironie sur "Pacte avec mon sang" (Faust revu par Gérard Manset sur rythme chaloupé et guitares saturées).
A lire également : la chronique complète de "Obok"

Mais cette description linéaire des albums de Manset est sans compter les coupes, modifications, remix, regroupements de titres que leur auteur n'a de cesse d'effectuer dans des coffrets, compilations, best-of, long-box ou rééditions d'albums aux tracklisting différents (sans compter les deux albums qui n'ont pas été réédités du tout ou "Route Manset", hommage de grands noms de la chanson française). Mais là, même les spécialistes y perdent leur latin... une langue dans laquelle Manset a sorti en 1970 un 45t, l'impressionnant "Caesar". Anecdotique ? Peut-être, mais voici encore un élément singulier dans une discographie qui a tout le charme et les embûches d'un "long long chemin".

Christophe Dufeu.
Merci à Dominique Guérin
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