Olivier Brion - Track by track

18/07/2008, par Gildas | Track by track |
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OLIVIER BRION

De Dorian Gray aux fabuleux Yachines en passant par Discover, Olivier Brion est une cheville ouvrière discrète d'une certaine idée de la pop ensoleillée à ranger aux côtés de Fugu, Louis Philippe ou des High Llamas. Après ses efforts en pseudo groupes (lire les chroniques de High Life et de California Songs), c'est en solo (et en français s'il vous plaît) qu'il repart à l'aventure. Voici une visite guidée de l'univers si précieux et si particulier de son nouvel Album "Hôtel d'Angleterre".

Electrophone
Mon éditeur voulait qu'on ouvre l'album par ce morceau. J'ai commencé à l'écrire, il y a plusieurs années, juste avant que je n'embarque pour le projet DISCOVER. Naturellement, lorsque j'ai décidé de ce premier opus solo, sous mon nom, et entièrement en français, j'ai décidé de la reprendre, de l'arranger et finalement elle sera la ligne directrice de l'album. Nous avons essayé de soigner les arrangements. Il y a dans cette chanson les éléments de la production que l'on retrouve tout au long de l'album. Les cordes, les pianos, les guitares acoustiques, la batterie un peu mate...

Love 68/08 :
Il existe une autre version de ce titre dans l'album "California songs" de Discover. J'avais envie d'y revenir avec une version plus "groovy". On a mis des cordes, un zeste de wah-wah, une rythmique plus "sautillante", des choeurs féminins sur le refrain, une suite d'accord différente.
J'aime bien l'idée qu'un titre ne soit pas immuable. Et puis c'est ma façon à moi de rendre hommage aux 40 ans de 68, surtout que ce symbole a été attaqué en règle pendant la campagne !
J'ai pensé à ce nouvel arrangement en sortant du film "Zodiac...", sur les traces de l'inspecteur Toschi ...

Les Jours parfaits
C'est un des derniers titres enregistrés pour l'album. Je me souviens avoir écrit le texte alors que je vivais une relation un peu "compliquée". Alors que le titre était terminé, le morceau étant en ré, j'ai ajouté cet arpège ouvert que j'avais utilisé dans le "Lonely Night" de Dorian Gray. Comme ça collait, je l'ai gardé et j'ai même inclus l'espace de 4 mesures le gimmick "très New Order" qui existait également dans le sus mentionné "Lonely Night". Un petit clin d'œil à mes jeunes années !

Hôtel d'Angleterre
La chanson qui donne le titre à l'album. J'ai trouvé la version définitive de cette chanson l'avant-veille du mastering. J'ai quatre versions différentes enregistrées ! J'avais besoin d'un mélange de douceur et de tension relative au texte. C'est ma chanson préférée sur l'album, le texte est autobiographique, et puis Londres est un personnage exotique, si proche et si loin de Paris.

Le Monde à l'envers
2'40 : à fredonner dans sa voiture ou dans sa salle de bains. La plus joyeuse de l'album, la plus "Beatlesienne" peut être.

Un Hiver à Madrid
Déjà je tiens à dire que je suis plus "Barçà" que "Real" !
Plus sérieusement, on imagine mal que l'hiver puisse exister en Espagne, et pourtant... Combien de jours jusqu'à avril...
J'aime bien la petite trompette "bacharachienne" sur le refrain, j'avais écrit cette chanson pour en faire cadeau à quelqu'un qui m'était cher, les bossa nova sont très bien faites pour cela, "saudade".

On se souvient
Ma deuxième chanson préférée de l'album. J'aime la production de ce titre : le son de la batterie, et l'arrangement de corde est très joli. Il y a deux guitares acoustiques, "panées" en stéréo, qui jouent deux arpèges différents un peu dans l'idée des productions 70's. Le texte est un mélange d'autobiographie et de fiction. Un personnage double, qui aurait connu l'âge d'or, un droit à la nostalgie aussi. Il y a une phrase, dans une publicité récente, que je déteste qui commence par "le passé ne m'intéresse pas". Moi j'aime les souvenirs même ceux que l'on s'imagine, ils n'empêchent pas d'avancer. J'avais été très marqué par le "Je me souviens" de Georges Perec que j'avais vu interprété au théâtre par le charismatique Samy Frey. De toute façon aussi loin que je puisse remonter j'ai toujours été nostalgique, c'est étrange lorsque je vois certains films de Capra, d'Hitchcock, de Truffaut, de Melville, de Visconti j'ai l'impression que c'est le futur.

Drugstore
La chanson la plus tendue de l'album. Une sorte d'"Electrophone" plus rock.
Quel joli mot anglais... Comment le traduire en français ?

Les nuits magnétiques
Ah, les nuits douces et étranges des ondes de la radio... Une "vieille chanson" du répertoire des Yachines. Une rythmique soul, une toute pointe d'électronique, un refrain pop, des flûtes, un nouvel arrangement en somme... Je me suis beaucoup amusé à l'enregistrer

24 heures
La naissance de cette chanson remonte à 1992. Elle était en anglais, et je n'avais que le couplet. Nous l'avions composée avec celle qui partageait ma vie à l'époque et qui chanterait plus tard dans les Yachines. Nous l'avions enregistrée sur un 4 pistes. Puis un jour, quelque temps plus tard, nous avons entendu à la radio un titre d'un nouveau groupe anglais qui s'appelait Portishead et il y avait de vraies similitudes. Nous l'avons abandonnée. Puis j'y suis revenu bien des années plus tard ! J'ai enfin trouvé un refrain, et les mots sont venus naturellement. Par le truchement des hasards, et comme cette chanson nécessitait un duo anglais / français, une énigmatique hôtesse de l'air américaine (c'est tout à fait véridique) à la voix caressante est venue enregistrer avec nous. Les arrangements sont très sobres, une batterie presque jazz down tempo, une guitare acoustique, un piano électrique, une basse, pour laisser place aux voix.

L'Exil
Une petite soeur du "monde à l'envers" versant Californie. C'est la chanson préférée des musiciens qui m'accompagnent, il y a pas mal de changement d'accords, presque toutes les deux mesures, pourtant elle est agréable à jouer. J'adore la batterie sur ce titre, les breaks surtout, très Ringo Starr. Le thème est un peu la suite d'"Hôtel d'Angleterre" (j'ai un peu vécu à la marge ces deux dernières années, assez solitairement, alors le titre m'est venu naturellement même si je n'en ai pas rajouté). J'ai demandé à Tania de Montaigne de collaborer à l'écriture des paroles, c'est elle par exemple qui a trouvé le refrain.

Tous les bateaux, tous les oiseaux
Je l'ai enregistrée à l'occasion d'un tribute autour de Michel Polnareff. L'idée du duo est venue de la maison disque. Après l'avoir découvert sur Myspace, j'ai sollicité Tania de Montaigne, elle a accepté et nous avons enregistré très rapidement. Ma voix est assez méconnaissable, c'est un peu à l'initiative de Tania que je chante plus grave, pour prendre le contre-pied de la version originale, je trouve que le duo fonctionne bien de cette façon.

Au bout de trois minutes on retrouve une chanson californienne ...

Propos recueillis par Gildas

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