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FESTIVAL
OUT OF THE BLUE - PARIS, LA JAVA,11/10/2009 - Farewell
Poetry - Glissando - Heligoland - Trespassers William
Bâtie initialement pour accompagner la venue de Trespassers
William, la soirée proposait (à prix doux,
il convient de le signaler) une affiche cohérente
et de belle qualité, qui aurait peut-être mérité
une assistance plus dense. C'était l'occasion de
découvrir Farewell Poetry, qui semble être
le nouveau projet de Frédéric Oberland, faisant
suite au split de 21 Love Hotel. La formation est déjà
plutôt impressionnante, naviguant sur de longues plages
entre passages slow-core ou aériens, et tumultes
orageux et distordus sur fond de spoken-word. Pour finir
en paroxysme sur une performance filmique sombre et torturée,
que d'aucuns auront jugée peut-être éprouvante
sur la longueur, mais quand on aime la beauté convulsive,
on ne compte pas, c'est ce qui fait le charme aussi ! A
suivre de près donc.
Pour sa première prestation sur notre sol (malheureusement
en partie ratée par votre serviteur), Glissando nous
offrira une autre forme de mélancolie, plus languide,
comme de délicats appels d'une sirène cherchant
son marin (ou le contraire), et créant une ambiance
paisible et presque tendre. Encore peu connus ici, ils apparaissent
en tout cas comme des gens de bonne composition, dans tous
les sens du terme. Donc revenez quand vous voulez les gars
!
Que dire concernant ensuite Heligoland. Ils ont déjà
été soutenus dans ces colonnes, et ce n'est
pas maintenant que ça va s'arrêter. Ils livreront
des versions plutôt dynamiques (du moins par rapport
à d'autres prestations auxquelles j'ai pu assister)
et totalement convaincantes, y compris pour ceux qui les
découvraient à cette occasion, si j'en juge
les commentaires flatteurs de mon entourage. Indéniablement,
ce groupe a quelque chose. Et si leur nouvel album (qu'on
espère imminent) est à la hauteur de ce qu'ils
ont produit ce soir-là, je ne répond plus
de rien. Faites vite, please, même s'il ne le sait
pas encore, le monde vous attend !
Malgré l'heure tardive et le stress du dernier métro
qui en découle, Trespassers William apportera enfin
une digne conclusion à la soirée, entouré
de la ferveur recueillie d'un parterre de contemplatifs
peut-être un peu fatigué, mais pas malheureux
d'être là quand même, face à une
Anna-Lynne Williams qui essayait de nous convaincre qu'elle
souffrait de la gorge, pour aussitôt se contredire
par son chant d'une beauté religieuse (ou comment
créer une ambiance de cathédrale dans une
chapelle). Elle sera également rejointe par les membres
de Glissando pour une reprise chorale du "Videotape"
de Radiohead, qui bien sûr ne contribuera pas à
diminuer l'intensité émotionnelle de ces derniers
instants.
De quoi se dire qu'on aura passé pour cette première
édition un petit moment privilégié
qu'on espère voir se reproduire, sous une forme ou
une autre.
Marc Schmit
A
lire également,
sur
Heligoland : la chronique de "A
Street Between Us" (2006)
sur Trespassers William : la chronique de "Having"
(2006)