Parquet Courts, Johnny Mafia à La Sirène, 9 juillet 2014

22/07/2014, par Judicaël Dacosta | Concerts |
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Cela fait trois ans que La Sirène met un terme à sa saison par un grand soir rock, pour le plus grand plaisir de son public. Après The Black Lips en 2012 et Band of Horses en 2013, c’est au tour du groupe new-yorkais Parquet Courts d’être honoré lors d’une cérémonie de clôture aux trophées de sueurs et de larsens.

Johnny Mafia

Mais avant de goûter au punk-rock poussiéreux du quartet américain, c’est un autre quartet, français celui-là, qui prend place sur la scène du quai, en la personne de Johnny Mafia, jeune groupe bourguignon dont les membres n’affichent qu’une vingtaine d’années au compteur. Etant déjà en première partie de Parquet Courts la veille au Divan du Monde, les quatre de Johnny Mafia ne sont pas impressionnés du tout par l’assistance du soir et délivre rapidement un flot continu de distorsions. A l’arrière, le batteur s’acharne sur une batterie minimaliste et courte sur pattes, toutes les cymbales étant baissées au maximum et ainsi à hauteur des fûts. Belle réussite visuelle car le musicien est ainsi bien visible, chose assez rare pour un percussionniste. Sur la gauche de la scène, le guitariste lead, coiffure à la Albert Hammond Jr et guitare tenue bien haut sur le torse, envoie des riffs purs et entêtants, tandis que le chanteur révise ses poses rock et tente parfois de parler au timide public du soir. Sans beaucoup de succès, tout le monde semblant attendre d’eux un concert court et efficace, pour laisser la place le plus vite possible aux américains.

Batteur
Bassiste

Après la pause, le public se fait plus dense et l’attente perceptible, les regards se tournant fréquemment vers la scène pour mesurer l’avancée de la préparation de celle-ci par les roadies. Quand la lumière s’éteint enfin, les acclamations montent rapidement de la fosse et le groupe ne perd pas de temps, Andrew Savage prenant le chant lead pour "Dockin and Dodgin", impressionnant déjà par son débit et son phrasé, mettant ses origines texanes en valeur dès les premières minutes du concert. Vient le tour d'Austin Brown de s'emparer du micro pour "Bodies". Même façon de tirer sur ses cordes vocales comme sur ses cordes de guitare, toujours à la limite de la fausse note en fin de phrase, il a néanmoins le timbre plus doux qu'Andrew et les deux styles de chant, bien que proches, se complètent brillamment. A la batterie, Max, le frère d'Andrew, assure sans broncher son métronomique labeur tandis que Sean Yeaton lui emboîte le pas à la basse, mettant en valeur la qualité des riffs de leurs collègues.

Portrait guitariste

Le premier vent de panique se produira sur l'enchaînement de "Master of My Craft" et de "Borrowed Time", deux chansons issues de l'album "Light Up Gold", celui de la révélation pour Parquet Courts. A peine le temps de se laisser distraire par un stage-diving que ces deux brûlots sont derrière nous, nous emmenant vers une succession de chansons du nouvel album ("What Color Is Blood", "Dear Ramona", "Up All Night"). Déjà, à l'écoute de "Sunbathing Animal", il était évident que le quartet n'était plus si fougueux que par le passé, et que le tempo avait salement baissé. En live, cette impression est renforcée et je me demande parfois quand les morceaux vont enfin arriver à leur terme. Il est difficile de comprendre la logique de la setlist avec l'absence des perles "You've Got Me Wonderin' Now" ou "Stoned and Starving", tandis que les longueurs de "She's Rolling" ou "Instant Disassembly" assomment le public, de plus en plus inerte. L'urgence faisant place nette à l'étirement, les occasions de se déhancher se font rares.

Solo 3

Large
Heureusement, un dernier sursaut sera permis avec "Light Up Gold II" et "Sunbathing Animal" qui viendront clore en beauté un set inégal bien que maîtrisé par le groupe. Il ne me reste plus qu'à espérer un futur moins poussiéreux pour Parquet Courts, que je préfère plus punk que noise.


Merci à l'équipe de La Sirène. A l'année prochaine.

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