Pastoral Division - Track by track

13/02/2015, par | Track by track |
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Délicat, racé, Pastoral Division a signé un premier album des plus réussis. Raison de plus pour interroger le groupe sur la genèse de ces onze morceaux, qui oscillent autant dans leurs formes que dans leur langue (anglais ou français).

Pastoral Division

Sur ses lèvres :

On voulait que le début du disque soit un peu comme un bourdonnement. Ce titre est en lien direct avec le dernier morceau de l'album "Mimétisme". Pour une tracklist plus efficace, nous avons décidé de placer ce morceau en intro de l'album. Les paroles évoquent une scène d'un film d'Andreï Tarkovski, "Miroir", où l'on voit une femme rousse avec du sang sur les lèvres.

 

Mirages

Le morceau débute avec un sample de piano extrait d'un prélude de Chopin, largement détourné. La rythmique est assez mordante et proche, toutes proportions gardées, de ce que l'on peut entendre dans le hip-­hop de Sage Francis ou Buck 65. Le fait de réaliser entièrement notre album à la maison, nous a permis de prendre le temps de tenter ce genre d'expérimentation. On voulait créer un gros contraste entre la musique - relativement violente - et le chant, plutôt doux. Il y a une opposition, un contraste entre des couplets plutôt aériens et des refrains plus souterrains. Les paroles de cette chanson étaient d'abord en anglais. Puis c'est le français qui s'est imposé.

 

Fall From Nowhere :

C'est notre premier morceau joué live sous le nom Pastoral Division, avant même d'avoir enregistré quoi que ce soit. C'était un guitare-voix très folk, qui s'est peu à peu aventuré vers une structure plus complexe.

Every Simple Lie Is an Ornament :

Le titre est la traduction d'un vers de Jean Genet. C'est ce titre qui a tout déclenché : le texte, la musique, l'ambiance. Ce morceau était sur notre premier EP. Et tout comme "Little House", présent aussi sur notre premier EP, on voulait le "pousser" un peu plus loin. La différence n'est pas énorme mais comme sur le reste de l'album, on a utilisé des boîtes à rythmes TR-808 et TR-909, ce qui permet de garder une homogénéité sonore.

Cosmopolis :

Il y a une claire référence aux Pink Floyd dans ce morceau. Il démarre dans une tonalité vaporeuse puis s'ouvre vers quelque chose de plus aérien : le chemin parcouru par un junkie ? Le titre de ce morceau n'est pas en relation avec le film de Fritz Lang mais avec le livre de Don DeLillo. Il mélange le français et l'anglais.

Au cinéma :

C'est l'histoire d'un couple. C'est un peu "Pauline à la plage" qui écoute les Beach Boys. Le lexique cinématographique y est très présent, de façon à en faire une chanson "visuelle". Avec ce texte en français, nous avons voulu donner une couleur plus pop, notamment sur le refrain (des airs de François de Roubaix nous trottaient dans la tête) et de dévoiler notre goût pour une certaine pop française (Sébastien Tellier, Arnaud Fleurent-Didier).

A la dérive :

C'est un morceau de fin de soirée, composé très tard - ou très tôt, c'est selon - dans une cave. On a pris tout ce qu'on avait à notre portée... Et notamment un recueil de poèmes de Tristan Corbière : "L'Amour jaune". Cette chanson n'était pas censée sortir de la cave mais, finalement, elle a pris totalement sa place dans l'album. Nous avons travaillé sur une mise en image de ce titre en mixant des images de Gabber et des images hallucinantes du film quasi inachevé "Phase IV" de Saul Bass (un film sur une invasion de fourmis). Ce montage devrait faire l'objet d'un clip que l'on sortira prochainement.

Widescreen :

C'est un des rares morceaux composés en répétition, de façon improvisée. Sur l'album, on l'a transposé de manière assez fidèle. Sortir de son confort excite un peu plus la créativité.

Tes Ruines :

Cette chanson évoque un amour de jeunesse. On a écrit une version alternative de ce titre qui porte le nom de Beauty Queen. La version anglaise a été mise en ligne sur la compilation "Cool as Duck", de nos amis We Want To Wigoler. On parlait un peu de ce morceau, ici.

Little House :

Ce titre était présent sur notre premier EP. On a voulu l'amener un peu plus loin que sur la première version. Il emprunte un chemin que l'on affectionne particulièrement : partir d'une guitare acoustique pour arriver à une ambiance très électronique. C'est un "morceau-­escalier" qui décrit toutes les marches qui mènent au crime. Là aussi, Stéphane Laporte (aka Domotic) a apporté la matière qu'il fallait pour donner plus de corps à ce morceau, les traitements sonores correspondent exactement à ce que nous recherchions. Son travail a été essentiel : tout en suivant nos directives,  il n'a pas hésité à créer de nouvelles pistes sonores. Côté texte, on peut dire que c'est une parodie macabre de la petite maison dans la prairie.

Mimétisme :

Un gros bordel ! Pour finir l'album, on a tenté d'écrire un morceau à tiroirs. On voulait basculer d'un morceau à un autre dans le même morceau, un peu à la manière du morceau "Siberian Breaks" de MGMT. Et, comme on le disait plus haut, il est directement lié au morceau d'intro "Sur Ses Lèvres". La boucle est bouclée !

Merci à Guillaume Banche et bien sûr à Pastoral Division. Album à commander en ligne ici.

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