Patrick Watson - Interview

22/03/2010, par | Interviews |
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PATRICK WATSON

A l'occasion de sa tournée automnale en France (pour défendre son superbe "Wooden Arms"), POPnews est allé à la rencontre de Patrick Watson, personnage haut en couleur, et de son groupe.

Avant toute chose, il semblerait que ce ne soit plus Patrick Watson tout seul, mais Patrick Watson and the Wooden Arms : c'est un vrai changement définitif ?
Patrick Watson : C'est tellement un groupe, c'était une façon de faire connaître aux gens que c'est un vrai travail collectif, mais comme le nom de Patrick Watson était un peu connu, on a décidé de le conserver, pour ne pas repartir à zéro.

Justement, j'ai trouvé que ça se ressentait dans le disque, cette implication plus forte de chacun. C'est arrivé comment ?
Robbie Krueger (percussions) : Oui, ça a été très naturel. D'abord, on était pas mal influencés par la musique de cartoons, le travail de Carl Starling, avec des effets sonores pour accompagner l'image, c'est très percussif.

Est-ce qu'il y a une dimension ludique plus présente ?
Patrick : Quand on joue sur scène, cette dimension est vraiment plus présente, c'est naturel, c'est plus facile à exprimer. Dans le studio, tu es plus solitaire, tu essaies d'avoir un son plus beau, tu te concentres sur ton instrument. Mais je n'ai pas l'impression que notre musique soit vraiment mélancolique, elle est plutôt joyeuse pour nous, au travers des arrangements par exemple.

Justement, tu parles des arrangements. Vous avez eu au Québec un Felix (l'équivalent des Victoires de la Musique) pour les arrangements. Comment ça se passe, justement, entre vous ? Est-ce le travail de l'un d'entre vous en particulier ?
Comme groupe, tout le monde écrit sa partition. On ne s'en rend pas compte par exemple, mais Mishka écrit vraiment beaucoup de musique pour le groupe, comme "Luscious Life" sur le disque précédent, ou "Traveling Salesman" ou "Wooden Arms". Il est vraiment important dans le groupe en tant que compositeur.
Robbie : Après ça, chacun jouant sa partitiion, il essaie donc de faire sonner au mieux sa partie, donc oui, ça reste un travail collectif au final, parce que chacun y participe.

Justement, est-ce que ce travail sur les arrangements est un plaisir, ou des fois, c'est plus compliqué ?
Des fois, c'est le plus fun, des fois c'est le plus compliqué ! Il arrive qu'on ne la trouve même pas, la solution pour faire sonner au mieux la chanson.
Patrick : En même temps, je ne vais pas lui dire quoi faire pour sa partie de drums, c'est son boulot. Je peux lui donner des idées, une direction, essayer de l'orienter vers une sensation, une "mood".
Robbie : Dans "Beijing", on a passé beaucoup de temps avec Mishka sur la partie de drums, on enregistrait quelque chose, puis il ressortait du studio et me disait "Essaie ça, essaie ça".

Je trouve que votre musique est très visuelle, au niveau de ce qu'elle exprime. Ca m'évoque les paysages que j'ai pu voir quand j'ai vécu au Québec. Tu penses que le lieu où tu vis a eu une influence sur votre musique ?
Patrick : Je ne pense pas que les paysages soient si différents que ça, entre Europe et Québec. La grosse différence, c'est qu'au Québec, si tu marches dans la forêt, tu sais que sur des kilomètres à la ronde, tu n'auras personne ! On a la place pour avoir la taille qu'on veut, musicalement parlant, on a une concentration moins forte, donc chacun peut peut-être plus s'exprimer.
Mishka Stein (basse) : Je pense que c'est plutôt difficile d'expliquer ses influences, c'est un peu comme expliquer son caractère.



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