Patrick Wolf - Wind in the Wires

06/04/2005, par David Larre | Albums |
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PATRICK WOLF - Wind In The Wires
(Tomlab / La Baleine ) [site] - achetez ce disque

PATRICK WOLF - Wind In The WiresDeuxième album pour Patrick Wolf, après le "Lycanthropy" de 2003, album à sa manière virtuose, romantique et égotiste (pléonasme), salué comme il se doit par la critique. Deuxième album et les louanges continuent de pleuvoir, mais on peut cette fois considérer que le capital de sympathie alloué au jeune homme en raison de qualités évidentes (talent mélodique et vocal, prouesses de multi-instrumentiste, inspiration littéraire) réclamerait des dividendes enfin plus conséquents. Ce n'est pas que Patrick Wolf ne fasse rien pour rentabiliser l'investissement : il en fait même plutôt des tonnes, jugeant bon de mêler un peu partout mélodies pop, instruments traditionnels, zébrures électroniques, vocalises lorgnant souvent vers la performance ("Tristan"), romantisme noir ou décadence. Ou comment, à force de charger les compositions et d'appuyer les intentions, finir par tomber dans le grandiloquent ou le vulgaire. Tout, dans ce disque, tient à l'ajustement des nombreux détails, et c'est précisément là que le bât blesse : après une intro au violon tzigane, le pseudo tube d'ouverture, "The Libertine", tourne ensuite en rond dans sa boucle, de violon cette fois (c'est du moins comme cela que ça sonne) purement synthétique ; de même, la jolie mélodie de "Ghost Song" est écrasée par des beats datés à la "Five Years" sur Homogenic (1997, une éternité pour la musique électronique). A ces petits riens qui font tout, on sait que Patrick Wolf n'a atteint, dans le lyrisme virtuose, ni la justesse d'une Kate Bush, ni la démesure non feinte d'un Marc Almond, ni même la cohérence d'une Björk. On ne peut s'empêcher aussi de le trouver un peu jeune pour chanter les déboires et cicatrices de personnages trop littéraires, et on n'a qu'une envie : lui recommander de jeter très vite les "Fin de siècle", "Want One" et autres "Bohemian Rhapsody" qui pourraient encore encombrer sa discothèque. Et nous, de pied ferme, nous attendrons le très bon disque dont il est capable.

David Larre

The Libertine
Teignmouth
The Shadowsea
Wind in The Wires
The Railway House
The Gipsy King
Apparition
Ghost Song
This Weather
Jacob's Ladder
Tristan
Eulogy
Landsend


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