Pauline Drand - I See Beauty

14/05/2016, par | Single |
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Pauline Drand - I See Beauty

Après un magnifique EP Rouge ou bleu ou encore Nick Drake revisité, Pauline Drand revient avec cet EP surprise où elle adapte des poèmes de Karen Dalton jamais mis en musique.

 

Pauline Drand, c'est un peu la petite sœur que l'on aurait tous rêvé d'avoir. Une jeune femme belle, talentueuse, culottée sans être emportée. Tout du moins, c'est ce que sa musique laisse supposer.  Elle nous avait déjà largement convaincue de la beauté de ses chansons sur son EP inaugural où l'on croisait et Barbara et le folk des années 70. Il y avait cette voix tour à tour vaporeuse puis affirmée, rocailleuse quand elle n'était pas sensuelle ou les deux à la fois. Volontaire et fragile, comme ces rencontres impromptues, comme ces rendez-vous du hasard entre Chan Marshall et Juliette Greco.

Pauline Drand avait cette qualité rare, cette forme d"humilité, ce calcul complexe à savoir s'approprier les mots et les tourments d'un autre sans en dénaturer l'essence mais en y mettant ce qu'elle est comme elle nous le prouva en reprenant Nick Drake avec cette Lune Rousse de l'automne dernier. Elle évitait le piège de la posture trop respectueuse, de l'hommage trop appuyé, de la révérence sans saveur.

 Drand Pauline

Photo : Jérôme Sevrette

Rien de surprenant donc à encore une fois se laisser prendre par le charme qui s'émane de ces quatre nouveaux titres de la demoiselle. Oui, on peut bien qualifier I See Beauty de création de la jeune parisienne car bien qu'allant piocher dans les textes de la divine Karen Dalton (qui ont d'ailleurs été collectés dans un seul et même ouvrage,celui de Pierre Lemarchand, Le Souvenir des Montagnes aux éditions Camion Blanc), Pauline Drand fait bien plus que d'adapter ces poèmes. Elle fait un acte de création qui doit tout autant au clin d'œil  à son aînée folkeuse. On pensera par exemple à l'utilisation de la guitare 12 cordes sur Topanga Canyon. Ces chansons sont ramassées tant dans leur forme que dans le fond. Pas de superflu, la seule guitare et la voix en rupture de Pauline.

Ce qui est surprenant, c'est cette évidente pertinence dans notre temporalité des mots de Karen Dalton. Si par hasard, vous avez la chance de ne pas connaître le travail de l'américaine à moitié Cherokee disparue bien trop tôt, cet Ep vous ouvrira les portes de son univers. Cette dame, auteur de deux albums à la fin des années 60 avec cette voix hors du commun pour une musique à l'unisson qui n'en finit pas de se retrouver chez nombres d'artistes qui excitent encore et encore notre curiosité.

Quant à Pauline Drand, elle continue d'enflammer notre impatience. Un premier album est d'ailleurs annoncé pour l'automne prochain. Quitte à se répéter, voici encore la preuve d'une scène féminine musicale qui tente et réussit. On entre dans la musique de Pauline Drand comme on enfile un costume, on entre dans sa musique comme on entre en résistance. On entre dans sa musique car on a vu de la lumière, car on y a trouvé de la beauté, car on a vu à quoi ressemble la beauté pure.

Information importante s'il en est, Pauline Drand nous offre cet EP en libre téléchargement sur sa page Bandcamp. 

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