Trois
albums en treize ans, on peut dire que Perio a bien choisi
le nom de son nouveau label (Minimum). Perio prend son temps
en prenant le risque de se faire un peu oublier. Il semblerait
donc que le Français prône une sélection
affinée de sa production à un délayage
inévitable qu'induiraient des sorties plus répétées
de ses productions. Vu le résultat, on peut dire
qu'il a fait le bon choix. Enregistré entre Paris
et Chicago et entre 2001 et 2005, "The Great Divide"
est un album homogène et varié, flirtant autant
avec le folk sémillant américain qu'avec la
pop ingénieuse européenne.
Cela faisait donc depuis 1999 que nous n'avions plus de
nouvelles de l'ex-Nantais. Et pendant ce laps de temps,
il y a eu du changement. Perio a évolué ne
serait-ce que dans sa structure. Perio n'est plus un duo
(exit Sarah Froning) mais dorénavant le projet unique
d'Eric Deleporte. Il n'a cependant pas coupé les
ponts avec son ex-complice puisqu’elle l'accompagne
avec une certaine indolence sur "BFAP". Il s'est
aussi entouré de figures exilées sur la scène
indépendante américaine : Mick Turner (Dirty
Three), Nicolas Vernhes (producteur du "American Water"
des Silver Jews) ; et de la scène française
: Christian Quermalet, Pierre Bondu, Cosmo Vitelli...
Avec sa voix nasale à la Devendra Banhart et une
créativité mélodique parfois farfelue
proche de celle de Daniel Johnston, Perio s'ancre avec aise
dans les eaux engorgées du songwriting américain.
Il arrive même à en extraire des titres folk/pop
catchy tels que le sautillant et entêtant "Leap
Frog".
Construction brillante sur des fondations franco-américaines,
"The Great Divide" ne tombe jamais dans la routine,
captivant son auditoire du début à la fin.
Ainsi, ce revenant se rappelle avec fracas à notre
bon souvenir avec un album intelligent et intense.
Vincent Le Doeuff
Sheer Garbage
Jiggling
Unconnected Soul
An Evening Constitutional
The March
Leap Frog
BFAP
Where Echoes Bounce
Tell Him
The Tourist
Lo-Res NYC