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PIANA - Ephemeral
(Happy / Metamkine) - acheter ce disque
Ephemeral, avec ses nostalgies d'enfance, ses violons et ses arabesques vocales, est sans doute le disque de musique électronique le plus gracieux que j'ai entendu cette année. C'est aussi un disque de rupture et de maturité : sortie de l'expérimentation minimale et accidentée de son premier album, Snow Bird, la Japonaise Noako Sasaki a décidé de se concentrer sur l'écriture de chansons, laissant la part belle au piano, à la guitare acoustique, aux cordes, ne recourant aux échos, éléments ambient et autres bleeps qu'en second lieu et avec parcimonie. Ainsi du premier morceau, cantilène tout en apesanteur, avec de légers effets qui rappellent le "Possibly Maybe" de Björk, des churs évoquant les Cocteau Twins (comme encore, plus tard, "Color Breeze "), influences assimilées et sublimées avec une rare élégance. Ainsi du deuxième morceau, où la beauté des cordes et la fraîcheur mutine de la voix évoquent les fantômes de Asa-Chang & Junray et de Margo pour mieux les dissoudre dans l'éther d'une inspiration très personnelle. On peut prolonger à l'envi, et en vain, l'exercice de la comparaison. Car la compositrice, solipsiste ou faussement naïve, ne se réclame d'aucune influence musicale et fait plutôt état de ses lectures (Haruki Murakami) pour expliquer le caractère énigmatique, fragile et onirique, de ses mélodies. A l'écoute de son album, ensemble mouvant de vignettes impressionnistes qui suturent l'enfantin et le merveilleux, comme dans une rêverie écolo de Miyazaki, il faut bien avouer que ce charme insulaire agit, émeut et apaise. Telle une héroïne du réalisateur, la chanteuse perce de son timbre clair la nuée qui couvre l'horizon, et ouvre grand les portes de votre imaginaire.
David
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