Porcelain - Me and My Famous Lover

10/11/2005, par Marc Schmit | Albums |
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PORCELAIN - Me And My Famous Lover
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PORCELAIN - Me And My Famous LoverJe me demandais justement ce qu'était devenu Porcelain, après s'être fait remarquer il y a 3 ans avec un premier album aux teintes (on n'ose dire couleurs) assez nettement cold-wave. Il semblerait que les jeunes Normands se soient légèrement déplacés sous d'autres climats. Oh certes, ce n'est pas encore la franche rigolade. Mais du moins sont-ils sortis de la chape de brume qui menaçait de les enliser à jamais dans les affres cotonneuses du spleen hiverno-provincial (et je sais de quoi je parle!).
Le son s'est éclairci, et le chant s'est affirmé, alors qu'il était auparavant marqué par une certaine timidité (encore plus perceptible en concert) contrastant avec la maîtrise musicale patente du groupe.
Mais si, d'une certaine manière, l'horizon s'est dégagé, il reste encore chargé de gros nuages noirs. Seul le délicat "Adelaïde" vient apporter un peu d'air dans une première partie un peu raide et glaciale, voire par moment rébarbative (le "go" incantatoire de "Encore"). Une ligne de guitare vaguement orientalisante réchauffe un peu "Fifteen Minute Glory" en lui conférant sans excès une certaine dose de majesté, avant que "Marion is Rock is Marion" ne vienne de nouveau jeter un froid.
C'est ensuite qu'une première inflexion s'opére, avec "Found", puis "Elegy", qui en devient presque rayonnant en s'habillant sobrement de cuivres. Paradoxalement, cette phase d'apaisement a comme un effet libérateur, qui se traduit d'abord par la belle embardée toute en stridences de "Good Morning Rock Star". Les morceaux s'étirent alors, pour nous offrir de beaux moments de grâce. "My Shame" commence sur une ambiance plus planante pour s'élever superbement sur des strates de guitares métalliques qui renvoient immanquablement au monument "Daydream Nation". Pour conclure, et en dépit d'un bref intermède étonnamment rock, la mélancolie se fera plus rêveuse, accrochée aux silences et à quelques notes ténues de piano ("Me and My Famous Lover") ou de guitares pour ("Erase Me").
Porcelain confirme finalement à la fois les promesses du premier album, mais aussi sa volonté et son potentiel pour éviter le surplace. Et laisse donc de belles pistes pour l'avenir, avec désormais une palette plus élargie, qui n'en servira que mieux son évidente sensibilité naturelle. Et par la même occasion, la nôtre...

Marc Schmit

Encore
Adelaide
Fifteen Minute Glory
Marion is Rock is Marion
Found
Elegy
Good Morning Rock Star
My Shame
Me and My Famous Lover
Erase Me


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