Primavera Sound - Edition 2010

14/06/2010, par et | Festivals |
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Jeudi 27 mai :

(MC) Après six heures de route depuis Bordeaux, un passage par l'auberge de jeunesse, il est temps pour moi de récupérer le bracelet d'accès à l'espace presse. J'arrive juste à temps pour entendre la fin du concert de Surfer Blood. Pas forcément impressionnants de prestance scénique, ils assurent (sur ce que j'ai entendu) une prestation correcte, avec quelques titres bien catchy, de la pop un peu slacker, avec des hymnes et une énergie juvénile qui doit encore être affirmée et canalisée, mais ses influences (Weezer, Pavement) peuvent laisser espérer un avenir à Surfer Blood. Bien plus prévenant parce qu'arrivé la veille, mon acolyte Guillaume a assisté à d'autres prestations que les miennes (et oui, au Primavera, il faut tout le temps choisir...)

(GD) J'arrive sur le site le premier soir, préparé à fond, calendrier excel des concerts en main, sommeil en avance, direction la Grande Scène San Miguel pour Bis. Concert honorable même si la teen pop a pris du plomb dans l'aile. Manda Rin a bien les cheveux décolorés et une jolie robe bariolée, n'empêche : elle n'a plus 15 ans ! Idem pour les Sci Fi Steven et autres gars : baggy, énergie, rides... Je zappe pour Sic Alps qui ne nous enchante guère sur la scène Pitchfork sous les halles métalliques assourdissantes (on y reviendra).

Premier dilemme du week end : les enchanteurs The Wave Pictures contre les rares The Books ? J'opte pour ces derniers et je les découvre en train de balancer, bloqués par les vigiles qui annoncent leur passage plus tard dans la soirée. Ouf ! Je cours vers la scène Ray Ban pour y écouter le rock Hefnerien des jeunes Wave Pictures que j'avais laissés dans l'obscurité des clubs et que l'on découvre réincarnés en groupe de stade à base de "shalala" repris en choeur par la foule (ils sont forts ces Espagnols). Bon set énergique avec plein de refrains à chanter "All Together Right Now". Le batteur Johnny Elm nous chante même "Now You're Pregnant" seul devant la scène, les mains derrière le dos : trop mignon.

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Je ne traîne pas car sur la San Miguel, on attend déjà The Fall. Show rodé, le même qu'il y a 3 ans, avec le même groupe et plus ou moins les mêmes chansons (c'est The Fall hein). Mark E. Smith arrive sur scène alors que le groupe a déjà commencé à envoyer "Your Future, Our Clutter" dans nos oreilles. Il est nonchalant, machonne ses textes (à moins qu'il ne remette son dentier en place ?), gigote d'un micro à l'autre, d'un ampli à l'autre (pour dérégler la machine), chante avec 2 micros, un micro dans la poche, arrache l'overhead de son batteur... Un show micro quoi. On rigole bien. Plus tard il se barre avant la fin du dernier titre. Pas un mot, pas un regard, pas même une insulte : un peu décevant. Aurait-il vieilli ?

Devant le bar, nous croisons Luz et sa copine Stefmel (on vous conseille leur recueil commun "3 premiers titres sans flash") qui nous déclare : "Quand tu en as marre au bout de 45 mn, comme lui, c'est un bon concert de The Fall". Nous laissons là notre "collègue de bureau" (dixit Luz) et repartons au boulot pour The XX sur la scène Ray Ban.

A lire sur The Fall :
Chronique de "Country on the Clock"
Chronique de "Fall Heads Roll"

(MC) Par contre, moins vaillant, j'ai gentiment attendu la suite à la scène Pitchfork, puisqu'à Surfer Blood doit succéder Titus Andronicus. Et la prestation s'est révélée en tout point enthousiasmante, me réconciliant avec une forme de garage pop qui évoquait aussi les "chansons à boire". Ne fuyez pas : on y retrouve l'énergie, mais le groupe n'en oublie pas pour autant les mélodies. Menés à fond de train, les trois quarts d'heure alloués au quatuor sont vite et agréablement passés. Sauf que l'heure a tourné, et The XX a commencé... Conclusion : je ne vois rien, ne faisant pas une taille de basketteur (ce qui donne droit à regarder les écrans vidéo). Guillaume est-il mieux placé ?

(GD) C'est parti pour la messe rétro : autour de nous, corbeaux et courbettes devant le trio troooop romantique qui nous assène son album du début à la fin, laborieusement (c'est dur la guitare) avec force effets de lumières (des grands"X"). M'étant fait abandonner par mes potes merles moqueurs, je profite de la fin du concert pour observer les spectateurs à mèches longues et nuques courtes.
En supplément, on s'offre un concert des Wave Pictures sous la tente Ray Ban. On y suit Scout Niblett qui se décourage vu l'affluence sous la tente de 15m2. Les Wave Pictures débarquent et sont empêchés de répondre aux questions d'un interviewer Ray Ban par les fans qui veulent du rock and roll. Une hôtesse offre des lunettes de soleil aux garçons qui les offrent eux-mêmes à l'assistance. David fait la promo de la marque en racontant une histoire débile de Newton devenant aveugle parce qu'il n'avait pas de lunettes noires pour observer le soleil et déclare que son héros préféré est son batteur Johnny Elm parce qu'il est non violent et qu'il "rocke". Ce sera prouvé pendant leur set, énergique et électrique avec plein de vieilles chansons des premiers albums sur CD-R. Tout le monde chante : que des fans là-dessous ! Une fois de plus, il est prouvé que ce genre de groupe ne peut vraiment s'apprécier que dans un petit endroit et confits dans la sueur.

A lire sur The XX :
Chronique de "xx" :
L'interview

(MC) Pendant que Guillaume tripe dans leur tente de sudation, moi j'écoute Superchunk, vous savez, ceux qui ont fondé Merge Records. Et Dieu que c'était bon. L'impression d'avoir quinze ans à nouveau, une cool attitude arborée fièrement, des mélodies basiques mais qui me prennent et me feraient presque acheter, je sais pas, un skate ou un truc bien 90's (qui a dit "un ghettoblaster" ?). Je me dis que ça doit être cool d'être bassiste dans Superchunk.

Mais pour schématiser, je me retourne, fais 100 mètres, et me poste pour Broken Social Scene, histoire de voir Brendan Canning dans une tenue improbable, avec de grosses lunettes à la Mrs Doubtfire. J'avoue ne pas être un grand connaisseur du groupe, mais Kevin Drew a quand même pas mal la classe, et le set passe bien au début, avant de chuter sur la fin (étonnamment, ils ont joué très longtemps, enfin, une heure 20, ce qui est beaucoup ici). Mais pendant ce temps-là, Guillaume suivait...

A lire sur Broken Social Scene :
Chronique de "You Forgot It in People"
Chronique de "Broken Social Scene"
Chronique de "Something For All of Us"
Chronique de "Forgiveness Rock"
Interview

(GD) Tortoise, qui livre une bonne fin de concert plein de vieux tubes, agréable à regarder sous la pluie : les musiciens échangent leurs postes et instruments sous le regard dur de cette petite frappe de John Mac Entire. La classe arrogante.

A lire sur Tortoise :
Chronique de "Standards"
Chronique de "It's All Around You"
Chronique de "A Lazarus Taxon"

(MC) Finalement, Guillaume et moi arrivons à nous croiser. Serrage de mains, lui file vers The Books, je vais quant à moi prendre position pour Pavement...

(GD) C'est l'heure de The Books dont le concert va chevaucher celui de Pavement. Aaarrgh ! Bon, je reste quand même pour les hits de l'album vert (celui avec la couv' de Shrigleys). Un très beau duo violoncelle électrique, guitare folk + samples... et vidéos ! Belles mélodies, samples rigolos d'enfant haineux, cours de langue et video gags indie. Un beau moment que j'écourte la mort dans l'âme pour courir à l'autre bout du festival pour Pavement (une référence à Camus, de Camus, et Camus, producteur de Johnny Halliday, se cache dans cette phrase. Sauras tu la retrouver ami lecteur ?). Pas question de louper le tube du début.

J'arrive juste à temps pour les voir lancer le concert sur "Cut your hair" ! Moment magique de pouvoir chanter à plein poumons avec nos héros et lancer un "NO BIG HAIR !" sur le grand amerloque chevelu qui vient de se planter devant nous. Tout y passe et je suis aux anges. Je n'énumérerai pas tous les titres mais quelle joie de chanter "Gold Sound z", "Stereo" , "Shady Lane", "Range Life", "Here"... Pavement en forme en tout cas, contrairement aux échos parisiens : Malkmus en branleur magnifique, guitare sur les épaules, derrière le dos, comme un violon, guitare dans les trous de nez allez ! Mais la classe, toujours sur ses pattes malgré une décontraction non feinte. Spiral Stairs a l'allure d'un papy, avec sa gapette sur la tête, mais on le retrouvera au pied du public sur le dos dans la fosse, hilare ! Nastanovich, éternel jeune veillard, hurle, secoue ses maracas, se trémousse partout à faire passer Bez pour un impotent. Une dernière question : comment fait Malkmus pour se rappeler tous ses textes impossibles ??!

A lire sur Pavement :
Chronique de "Wovee Zowee"

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(MC) Le rappel de Pavement se finit juste à l'instant et je me dirige vers Fuck Buttons. Etonnamment, je suis debout, encore relativement vaillant (merci à la boisson énergétique qui donne des ailes ?) pour écouter le duo électro. J'emploierai le terme extraordinaire, dans le sens "qui sort de l'ordinaire", parce que ces montées sonores menaçantes, puis subitement reffrénées, ça me fait un peu d'effet. Mais bon, quand même, il se fait tard, la navette m'attend, pendant que Guillaume, éco-responsable comme il est, prend le vélo. A moi le lit, pour une prise de forces bien nécessaire avant la suite...

A lire sur Fuck Buttons :
Chronique de "Street Horrsing"

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