Primavera Sound - Edition 2010

14/06/2010, par et | Festivals |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

Vendredi 28 :

(MC) L'Auditorium ouvre ses portes aujourd'hui. Le clou de la journée doit être la venue de Low, qui vient interpréter son "Great Destroyer" en intégralité sur scène. Pour cela, Guillaume fera la queue patiemment, pendant que je me dirige vers l'entrée de la salle pour Owen Pallett. Et j'ai eu un gros coup de coeur pour le virtuose, qui bien que débarassé de son encombrant pseudo Final Fantasy a gardé pas mal de magie dans sa musique. Il se sample, chante, et met au service de ses chansons sa virtuosité, et pas le contraire. Et comme en plus, il chante bien et que je suis drôlement bien dans l'Auditorium, je tire mon chapeau à Owen Pallett.

A lire sur Owen Pallett :
La chronique de "Heartland"

ps_day2_owen-pallett

Pour la suite, sur la même scène, c'est Hope Sandoval qui prend le relais, juste le temps de discuter avec une fan visiblement italienne de l'ex-Mazzy Star, et d'écouter les consignes comme quoi les photos ne sont pas autorisées, quoiqu'il arrive. La voilà donc qui arrive, l'air maussade, et le cri sympathique d'un Espagnol "Hola !" semble plus la choquer qu'autre chose. Faut dire qu'elle ne rigole pas. Entre folk brumeux, projections vidéo arty psychés et pulsions électriques, je ne sais pas trop quoi penser. C'est certes bien exécuté, et même prenant, mais la frontière qu'établit Hope Sandoval avec son public n'est pas loin d'être rédhibitoire.

A lire sur Hope Sandoval :
La chronique de "Bavarian Fruit Bread"
La chronique de "Through the Devil Softly"

ps_day2_hope-sandoval

J'arrive juste pour le milieu du set de The New Pornographers, contrepied parfait du concert précédent. Eux sont contents d'être là, eux sont pop et écrivent des chansons sans grands méandres, avec des chansons récentes ("Your Hands Together") ou plus anciennes ("My Rights Versus Yours", "Crash Years"). Et pendant ce temps-là, Guillaume joue au Loto, et gagne : bigre, il verra deux concerts supposés se passer en même temps !

A lire sur The new Pornographers :
La chronique de "Mass Romantic"
La chronique de "Electric Version"
La chronique de "Twin Cinema
Interview

(GD) Je parie sur le retard de Low : Hope n'a pas été rapide et les Lows sont lents. J'en profite pour regarder Scout Niblett. Au moins le début. Gros gros dilemme : la jeune et folle Scout Niblett en roue libre contre les magnifiques Low tentant de jouer à la perfection leur bel album ? Tout ça pendant que jouent aussi Thee Oh Sees.... Nous optons pour la folle...

Dans la foule, méchus et mocassins sans chaussettes : quelle classe ces Espagnols ! Scout débarque habillée comme hier soir : 2 jupons, chausettes en laine, parka militaire qu'elle laisse tomber pour montrer un charmant cardigan à manches courtes. Elle branche sa guitare et là, fini de rire. Son énorme à la Shellac, paroles de fous ! Beaucoup d'anciens titres. Après chaque chanson, elle lève ses bras en criant victoire ! Quand elle est accompagnée de son batteur fortement moustachu, il fait la même chose. Elle chante même "Your Kick Beats Like Death" avec son "We're all gonna die. We don't know when, and we don't know how" qu'avait repris avec brio sur la même scène, Jens Lekman quelques années auparavant. Je pense à ces rendez vous manqués comme l'année où Silver Jews était programmé le même jour que Stephen Malkmus et aux étincelles que cela aurait pu produire (vous imaginez entendre "Send in the Clouds" ou "New Orleans" sur scène, vous ?)...

40 mn après, Scout se débranche et je cours, littéralement cette fois, pour l'Auditori, à l'autre bout du site. J'arrive sans encombre, grâce à mes tickets, devant la scène nue avec nos 3 mormons au centre alors que retentissent les derniers accords de "When We Go Deaf". Merde ! Low nous sert la messe avec un son parfait, et les 3000 chanceux de l'Auditori crient amen.

(MC) Après Best Coast (mélange pas déplaisant de pop à mouchoirs et de garage), il est 20h et des poussières, l'heure du repas, ou ce qui y ressemble. Est-ce pour cela que Spoon est présent sur la grande scène ? Sans me bouleverser outre mesure, j'ai bien apprécié le set du groupe emmené par Britt Daniel, le temps de patienter avant Beach House.
Evidemment, la scène ATP est remplie, et je dois me rabattre dans l'herbe, dans le dénivelé, ce qui n'est finalement pas si mal, non seulement pour moi mais aussi pour apprécier la musique du groupe, trio ce soir, avec des petits palmiers pour faire joli. Ô joie, le son est quasi parfait, dans toutes ses nuances, et les climats rêveurs de "Walk in the Park", "Norway" ou "Used To Be" sonnent très bien dans la nuit barcelonaise. Je prends le parti de rester jusqu'au bout, quitte à louper un bout de la prestation de Wilco.

A lire également sur Beach House :
La chronique de "Beach House"
La chronique de "Teen Dream"

ps_day2_beach-house

(GD) Je pars au bout d'une demi-heure de Wire pour retrouver Wilco sur la grande scène. Je parle bien de retrouvailles, car Wilco et Primavera, c'est une histoire d'amour qui dure (tout comme Shellac, Yo la Tengo et Sonic Youth, invités presque un an sur deux). Wilco démarre toutes guitares dehors avec un Nels Cline surexcité par "Wilco (the Song)". Chanson vite interrompue par des coupures de guitares mais poursuivie par le seul batteur et chanteur, les autres tentant de régler le problème avec les roadies ou tentant de sauver le massacre en agitant maracas et tout ce qui peut faire de la musique ! Rien n'y fera et Jeff Tweedy tentera de gagner du temps en faisant avaler la pilule au public. Et quelle pilule : "Jesus Etc" a capella avec le public. La grande classe ! Bonheur, sourire sur les lèvres. Les amplis marchent à nouveau, les guitaristes s'en donnent à cœur joie et moi avec. Wilco : le seul groupe à marier rock à papa, country, krautrock et noise expérimentale et parfois le tout en même temps. Je quitte sur la pointe des pieds les Américains pour aller voir de l'autre côté des grands lacs, scène Pitchfork, les Japandroids de Vancouver. Ce sont mes petits chouchous. Voilà pourquoi j'accepte de quitter à grand peine Wilco ! Comme prévu, le son est dégueulasse à cause du lieu mais aussi parce que les petits jeunes jouent à fond et tapent comme des sourds sur leurs fûts. En tout cas, le duo guitare/batterie avec alternance au micro est efficace et entraînant. Le guitariste plein de morgue, grimpe presque sur la batterie de son petit copain, va et vient sur la scène et occupe l'espace sonore avec une simple guitare et une armée d'effets. Rien de chiant ni de démonstratif, juste l'envie de jouer et hurler des paroles simples et débiles comme "We run the gauntlet, must get to France so we can French kiss some French girls". Efficace. Mais vraiment trop bruyant : nous retournons profiter de la fin du concert de Wilco.

A lire également sur Wilco :
La chronique de "Yankee Foxtrot Hotel"
La chronique de "A Ghost Is Born"
La chronique de "Sky Blue Sky"

Puis c'est au tour de Shellac de jouer, en leur qualité d'habitués du festival (ils étaient déjà là l'an passé). Plein d'appréhension (le concert de l'an passé était moyen, du Shellac un peu fatigué), je découvre pourtant un groupe en forme enchaînant les nouveaux morceaux (au moins 2 ou 3). Connaissant le rythme de composition d'Albini, je suis ravi. Les nouveaux morceaux tirent moins sur le math rock et reviennent vers un rock lourd et acide. Nouvel album en préparation ? Bien sûr, nous aurons droit aux questions pendant que Steve s'accorde, ce qui permet à Bob Weston IV de déclarer que Superchunk est "fucking awesome". Ils font curieusement l'impasse sur "Prayer to God" mais nous régalent avec "The End of Radio", chanson ultime sur ce média mais aussi poème épique du math rock avec le batteur Todd Trainer qui tape sur sa caisse claire partout sur la scène et balance au moins une dizaine de baguettes dans le public. Pendant le concert, Scout Niblett, Shellac au féminin, danse au fond de la scène dans sa parka et hurle régulièrement. Concert ENORME.

A lire également sur Shellac :
La chronique de "1000 Hurts"
La chronique de "Excellent Italian Greyhound"

ps_day2_scout-niblett-pendant-shellac

(MC) Là, après cette démonstration de ce qu'est un groupe jouant dur, je tente une percée vers les Pixies. Je n'ai jamais été grand fan, mais l'exercice du bain de foule me permet de réaliser à quel point il faut être masochiste pour apprécier le syndrome du boeuf dans la cohue. Bref, un aller et un retour aussi sec, juste le temps d'entendre une dizaine de chansons, avec un "Here Comes Your Man" qui déclenche les choeurs de la foule enthousiaste. Après ça, direction Yeasayer sur la scène Vice, avec des gradins. Je m'y assois, mauvais choix : j'ai beau essayer de crâner, le sommeil devient pressant. Je fais machine arrière vers la navette. Et pour être honnête, en plus du retard, ce n'était pas franchement passionnant. Que faisait Guillaume pendant ce temps-là... ?

(GD) Je file faire un tour voir Major Lazer et après avoir constaté la présence sur scène d'un type déguisé en jogging rouge crier à tout va, je retourne sur ATP pour Black Math Horsemen. Peut-être que leur renommée est en partie due à la créature en robe qui tient la basse et se tient au milieu de la scène mais au bout de quelques minutes, la musique me convainc complètement : entre Blonde Redhead depuis 4AD et The Drones, soit un bon gros rock garage cradingue qui virerait gothique.

Rideau pour tout le monde !

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals