Ralfe Band - Interview

08/10/2008, par David Larre | Interviews |
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RALFE BAND - Interview

Venus présenter sur la scène de la Flèche d'Or les morceaux de leur nouvel album, "Attic Thieves" (sortie le 13 octobre), les membres du Ralfe Band vont livrer une prestation assez brute, quoique non dénuée d'aptitudes virtuoses, notamment celles d'Oly Ralfe à enchaîner les parties de claviers, la guitare et le chant (vaguement braillard, ce soir-là, mais le micro était aussi en cause) et celles d'Andrew Mitchell, seul instrumentiste de ma connaissance à jouer à la fois de la batterie et de la guitare. Quelques heures auparavant, Oly, avec nonchalance mais non sans un certain plaisir, venait présenter l'histoire du groupe, expliquer pourquoi son folk bastringue lorgnait plus du côté de l'Amérique ou de l'Europe centrale que de leur Angleterre natale, ou encore comment faire vivre sur scène une musique aussi riche et indisciplinée. Quelques moments prélevés dans l'échange.

Raconte-moi comment le Ralfe Band a commencé d'exister.
C'est simple. J'étais à l'école avec Andrew Mitchell, notre batteur, et nous avons commencé à jouer, nous avons composé un album, nous nous sommes mis à jouer ici ou là, avec d'autres musiciens. Notre line-up n'est pas vraiment fixe. Autour d'Andrew et moi sont venus se greffer pour le moment deux autres musiciens, Garo Nahoulakian et Nick Fowler, que j'ai rencontrés à Oxford.

Quelles ont été vos premières influences musicales ?
Quand j'étais enfant, le premier chanteur qui m'ait happé dans sa musique est Bob Dylan. Je l'aime beaucoup, il a été une grande source d'inspiration pour mes compositions d'adolescent, il m'a appris à être une sorte d'esprit libre. J'aime aussi la musique classique, Éric Satie par exemple. Mais je suis tout autant inspiré par la peinture et les arts visuels dans lesquels j'ai été formés. J'ai voulu être un artiste depuis mon enfance de toute façon.

Une année seulement s'est écoulée entre la sortie des deux albums et pourtant le deuxième semble emprunter une autre direction, peut-être plus intime. Comment l'expliques-tu ?
Oui, sans doute les chansons sont elles plus personnelles sur ce nouvel album. Je ne sais pas exactement pourquoi mais je crois que je suis devenu plus confiant en moi. Mais il est vrai aussi que le premier album a été enregistré il y a longtemps, trois environ, sur une longue période alors que le développement des compositions du dernier a été plus court et différent. Cela explique que le nouvel album aille davantage dans une même direction : les chansons ont été écrites sur une durée plus courte, leur développement a été plus naturel.

Comment s'est exprimée cette sorte d'introspection dans l'écriture du nouveau disque ?
Je ne maîtrise pas vraiment le processus, mais lorsque j'écris les textes, parfois cela me vient comme un rêve, une étrange analyse de moi-même. Plutôt que de demander sur quoi je vais écrire, je me laisse porter par des images personnelles et des pensées étranges autour de la vie, de l'amour ou de la mort commencent à filtrer ; en quelque sorte, j'ai l'impression de m'hypnotiser moi-même. Les chansons me conduisent dans un nouvel espace, intime, différent de celui de la vie ordinaire. Cela n'a rien à voir avec écrire de la musique ou être dans une performance, cela relève juste d'une autre dimension.

Ce que tu décris ressemble un peu à de l'écriture automatique surréaliste ou de l'association libre.
Oui, j'aime ce genre de créativité. Je laisse mes mots flotter très librement, tant que je les ressens comme justes. J'aime Dada, le surréalisme, l'absurdisme (courant représenté par les littérateurs du non-sens, Lewis Carroll, Spike Milligan ou les Monty Python, selon l'explication donnée par Oly). Ce n'est pas surréaliste, cela touche à la fois à la comédie et à l'étrangeté.

Vous avez aussi un univers visuel assez intrigant, riche et mêlé de bien des influences, sur les pochettes de disque par exemple. Est-ce toi qui peins et dessine ?
Oui, j'ai une mère peintre, j'ai l'esprit plein d'images et j'aime beaucoup de formes d'arts différents qui doivent se combiner, de Chagall aux dessins animés en passant par l'illustrateur Edward Gorey. J'avoue que j'aime bien dessiner pendant que j'écris mes chansons. Pour moi, les deux fonctionnent ensemble, vont de pair.

Est-ce que tu interviens aussi sur les vidéos ?
Oui, un ami a du moins fait une animation à partir de mes dessins dans l'une d'entre elles.


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