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LA
ROUTE DU ROCK - 2007
Mercredi
15 août
Vendredi 17 août
Jeudi
16 août
Palais
du Grand Large
(V.L.D.)
Arrivé
en retard et en sueur au concert des sympathiques Windmill
en raison d'une participation (assez pathétique)
à la première édition de "Foot
is not dead" (tournoi de foot réunissant des
journalistes, organisateurs, bénévoles...),
j'arrive néanmoins à trouver une place isolée
pour éviter de faire partager mes effluves aux autres
spectateurs. Dans une salle à moitié remplie,
la bande de Matthew Thomas Dillon offre un set de pop lyrique
à placer, vite fait, entre Mercury Rev et Minus Story.
Solidement accompagné, Dillon impose son style (certains
diront qu'il copie Jonathan Donahue...), qui plaît
ou ne plaît pas - le public demeure très divisé.

(G.S.)
Si, sur disque, la musique de Patrick Watson
peut avoir au premier abord un petit côté déjà
entendu façon "Canada Dry" (du genre :
un fils improbable de Rufus Wainwright travaille sa voix
sur des reprises de Jeff Buckley), sur scène, le
Canadien propose quelque chose de plus immédiatement
marquant, le genre de concert qui emporte l'adhésion
et met le sourire aux lèvres. Une bonne dose de charisme,
de belles recherches sonores qui sortent de l'ordinaire
(d'un passage à la Satie à d'incessants jeux
vocaux opérés à l'aide d'une pédale
d'effets) et quelques "trucs" scéniques
imparables (la dégaine et l'air débonnaire,
l'accent québécois qui fait toujours son petit
effet, la version de "Man Under the Sea" jouée
"unplugged" du bord de la scène en final).
Bref, tout le monde craque et c'est tant mieux. On va réécouter
l'album, tiens.
De
retour après une prestation en groupe en 2005, Sébastien
Schuller investit la Rotonde pour un récital
au piano et en solo. En solo, c'est vite dit, car l'assistance
est plus que fournie, au point qu'on se retrouve vite coincé
dans le fond, sans visibilité aucune, et, plus grave,
avec un niveau sonore plus que faible qui, au bout d'un
titre, nous poussa à aller voir en bas si Patrick
Watson y était. Pourtant, Sébastien s'était
bien battu, en venant à bout d'un piano récalcitrant
et en dominant un ordinateur capricieux - saboté
par l'Inrock Steady Crew qui mixait auparavant, à
ce que dit la rumeur.
Lire
l'interview
de Sébastien Schuller sur POPnews (septembre
2005)
Fort
de Saint-Père

(V.L.D.)
La soirée au fort de Saint-Père débute
par une très bonne surprise: la prestation de Fujiya
& Miyagi. Le trio de Brighton produit une musique
où se mêlent krautrock, rap et electro, prodiguant
un tempo dancefloor minimaliste. Avec une batterie métronomique
et des textes plus chuchotés que chantés,
les Anglais rameutent vite le public vers le devant de la
scène. Alors, David Best sample son rap, la basse
se veut plus ronde, le public se met à danser timidement
puis fièrement lorsque les Anglais attaquent des
titres instrumentaux electro transcendants. Fujiya &
Miyagi est la très bonne découverte du festival,
il ne m'étonnerait guère qu'on retrouve le
trio au Fort lors des prochaines éditions.
Lire
la chronique de "Transparent
Things"
120
Days
avaient la charge de nous faire oublier l'annulation des
Suédois de Peter Bjorn and John, eh bien ils ont
surtout réussi à nous la faire regretter.
Les Norvégiens revendiquent bien haut des références
prestigieuses (My Bloody Valentine, The Cure), mais c'est
plutôt à un délayage de Primal Scream
période cyberpunk qu'on a droit, joué avec
une grandiloquence aussi énervante que celle de The
Music. A vite oublier.

Heureusement, les Canadiens des Besnard Lakes
sont là pour rendre un peu de sérieux à
l'édition 2007. Alternant passages bruitistes et
plages plus posées, le set tient bien la route. The
Besnard Lakes emporte presque la foule avec le peu subtil
mais efficace "Devestation", mais la calme tout
aussi rapidement avec "For Agent 13", un magnifique
duo sur lequel Olga Goreas et Jace Lasek (le couple fondateur)
intervertissent leurs chants : Jace partant dans les aigus,
Olga soutenant une voix sensuelle plus souterraine. Avec
des harmonies pop et des constructions complexes héritées
du post-rock, The Besnard Lakes confirment tout le bien
que l'on pense de la scène montréalaise. Jace
et Olga laissent le guitariste Steve Raegele, un des francophones
du groupe, converser avec le public. Il le complimente,
le remercie mais le public s'en contrefiche, les fans des
Smashing Pumpkins se sont déjà
placés au premier rang.
Lire
l'interview
de The Besnard Lakes sur POPnews (mars)
(V.A.) Les organisateurs comptaient beaucoup sur
la reformation des Américains intello-grunge pour
remplir le fort le jeudi. Il faut dire qu'ils y avaient
mis le prix : un cachet "négocié"
de 120 000 euros, soit près de 45 % du budget artistes...
Selon "Le Monde" (édition du 18 août),
c'était encore plus que The Cure il y a deux ans,
qui avaient rameuté nettement plus de spectateurs.
On ne critiquera pas ce choix (d'autant que les programmateurs
semblent être réellement fans), mais pour ce
qui est du concert lui-même, on s'est plutôt
ennuyé. Quelques perles pop de "Siamese Dream"
et "Melon Collie" - soyons honnêtes, les
Smashing ont quand même composé une poignée
de très beaux morceaux - perdues dans un déluge
prog-heavy metal plus lourd qu'une triple galette-saucisse,
parfois même grotesque (ah, Billy Corgan qui se prend
pour Hendrix en jouant l'hymne américain à
la guitare...). J'en profite pour aller fouiller dans les
bacs du disquaire, à l'arrière du fort, dont
je ressors "Songs for Sale", un 33-tours de Vic
Godard & The Subway Sect que je cherchais depuis des
années. Je n'aurai donc pas totalement perdu ma journée.
(V.L.D.) New Young Pony Club ne
va pas trop nous redonner le sourire, à part peut
être à quelques festivaliers placés
près de la scène qui auront pu apprécier
la plastique des trois filles au look aguicheur de ce combo
londonien (surtout la claviériste en minijupe, mais
il paraît qu'elle se la pète beaucoup). La
chanteuse Tahita harangue la foule et bouge partout en montant
bien haut les genoux sur un rythme dansant mais lassant.
Il faut dire que le combo n'a apparemment qu'une seule chanson
et essaie de nous la refourguer dix fois avec quelques maigres
variations. Bref, ces Anglais n'auront pas marqué
les esprits, et n'apportent pas grand-chose au monde de
la musique - à part peut-être un retour en
force de la salopette cet automne.

L'automne dernier c'étaient les Brésiliennes
de CSS qui avaient tout englouti sur leur
passage, elles étaient alors au sommet de la vague
et l'ont un peu dévalée depuis. Quelques titres
commencent déjà à être bien défraîchis
et on se dit que leurs tubes si enthousiasmants il y a quelques
mois risquent de finir aux oubliettes plus vite que prévu.
Mais ravalons notre aigreur et notre déception d'une
soirée plutôt morose. De plus, elles ont pris
tout ce qu'il faut pour faire la fête, ballons, bouteilles
de vin, confettis... Lovefoxxx a même apporté
deux tenues : un joli pyjama à carreaux et une fabuleuse
combinaison à paillettes... Alors, au refrain "Do
you want to drink some alcohol ?", forcément
je réponds oui et vais me mêler à la
fête.
Mercredi
Vendredi
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