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LA
ROUTE DU ROCK - 2007
Mercredi
15 août
Jeudi 16 août
Vendredi
16 août
Palais
du Grand Large
(V.L.D.)
Dernier jour au Palais et c'est Ensemble
qui débute les débats. Olivier Alary, accompagné
d'un batteur et de Tamara Myrhe (chant, clavier), reproduit
sur scène l'atmosphère éthérée
et onirique de son dernier album. On s'en doutait un peu,
ni Lou Barlow, ni Chan Marshall ne sont présents
pour accompagner le Toulousain exilé, mais pas besoin
de noms ronflants pour se laisser absorber par les mélodies
détendues et mélancoliques du néo-Montréalais.
Complètement envoûtés, nos esprits s'embarquent
vers des songes doucement inspirés par les vidéos
passant en fond de scène.
Puis
c'est au tour d'un membre d'Arcade Fire de prendre le relais.
Final Fantasy sur scène, c'est une
sorte de mélange entre Andrew Bird et Joseph Arthur.
Si les morceaux d'Owen Pallett sont un peu ennuyeux sur
CD, ils prennent toute leur envergure sur scène.
Seul avec son violon et un clavier (tout neuf, se plaît-il
à nous préciser), Owen organise son set en
samplant son violon, utilisant le corps de l'instrument
pour les rythmiques. Le résultat est tout simplement
beau et d'une grâce confondante. Le public est une
nouvelle fois conquis et l'heureux homme aura le droit à
un double rappel.
Fort
de Saint-Père

(V.A.)
Alors que j'avais totalement raté Elvis Perkins
le mercredi et vu seulement le dernier morceau de Fujiya
& Miyagi la veille, j'arrive aux deux tiers du concert
de Voxtrot. Un groupe curieux : des Texans
avec un chanteur d'origine indienne qui a fait ses études
en Ecosse, et qui ressemblent aux formations de brit-pop
qui se succédaient au fort il y a dix ou douze ans
- la morgue en moins, les chansons en plus. Le jeu de scène
et la forte présence de Ramesh Srivastava rappellent
un peu Morrissey, même si les morceaux ne sont pas
du niveau des Smiths - ou Belle and Sebastian, à
qui on a pu les comparer. On ne peut néanmoins nier
leur talent pour les mélodies accrocheuses et la
sincérité qui se dégage de leur prestation.
A revoir dans un cadre plus propice, donc.
Lire
la chronique de "Voxtrot"

Après
quelques morceaux chantés, les quatre Anglaises d'Electrelane
optent pour une suite d'instrumentaux, ce qui soulage ceux
qui ne supportent pas la voix - il est vrai à la
limite du faux - de Verity Susman. C'est sur ces titres
que la magie du groupe opère le plus, et leur alternance
d'accélérations et de décélérations,
de crescendos et de decrescendos, entre Krautrock et garage
(petit clin d'œil au riff d'orgue de "96 Tears")
est d'une efficacité redoutable. Visiblement ravies
par l'accueil du public, les quatre furies - à l'allure
toujours aussi sobre - reviennent pour un bref rappel, leur
habituelle reprise du "I'm on Fire" de Springsteen.
Lire
la chronique de "No
Shouts No Calls"

Vu
qu'on n'en attendait pas grand-chose, le concert d'Albert
Hammond Jr., fut plutôt une bonne surprise.
Nettement moins indolent qu'aux dernières Trans Musicales,
le guitariste des Strokes livre un set sans fantaisie excessive,
mais d'excellente facture : classe naturelle (option débraillé
chic, entre le pizzaïolo de Little Italy et le frimeur
bohème du Lower East Side) de l'ensemble des musiciens,
son tranchant et précis (surtout quand Junior sort
la guitare acoustique), jeu collectif sans failles. On en
vient même à réévaluer les chansons
de l'album, qu'on avait trouvées un peu ternes au
premier abord : moins imparables que les tubes des Strokes,
elles charment par leur classicisme tranquille. Même
si tout ça reste quand même assez mineur.

J'avais
déjà eu la chance d'entendre Sonic
Youth jouer "Daydream Nation" début
juin, au Primavera Festival de Barcelone. En se replongeant
ainsi dans son passé, le groupe semblait s'être
régénéré, retrouvant une vitalité
qui lui avait fait un peu défaut ces derniers temps.
Tout aussi exceptionnel, malgré quelques petits problèmes
techniques qui cassèrent un peu le rythme, leur concert
à Saint-Père fut sans conteste l'un des grands
moments de cette Route du Rock. C'était même
un fantasme avant d'être un concert : l'un des plus
grands doubles albums de l'histoire, un monument de l'indie-rock
américain joué du début à la
fin, avec ses sommets presque pop ("Teenage Riot",
"Candle"), ses plaines mystérieuses, ses
gouffres dangereux... Près de vingt ans après,
"Daydream Nation" semble toujours en avance sur
son temps et la nostalgie gluante qui aurait pu se dégager
d'un tel exercice n'est pas de mise ici. Espérons
juste que cela ne donnera pas à Corgan l'idée
de jouer l'intégralité de "Melon Collie"...
Comme à Barcelone, les New-Yorkais offrent un généreux
rappel en compagnie de Mark Ibold, ex-bassiste de Pavement
(qui avait joué dans les années 90 avec Kim
Gordon au sein de Free Kitten). Cinq morceaux du dernier
album, dans des versions moins policées que celles
du disque, qui prouvent que Sonic Youth reste aussi pertinent
aujourd'hui que dans les années 80 et 90.

Programmer les Français de Turzi
après Sonic Youth (dont ils sont fans, même
s'ils puisent plutôt leur inspiration dans le psychédélisme
et le Krautrock) était une bonne idée sur
le papier. Mais nos oreilles fatiguées auront eu
du mal à apprécier à sa juste valeur
leur concert plutôt radical, à la fois cosmique
et bruitiste, où l'on aura même entendu le
"Notre Père" sous un light-show apocalyptique...
Groupe à suivre de près, en tout cas (et à
revoir dans de meilleures conditions) : ils ne sont pas
nombreux, en France, à citer Catherine Ribeiro &
Alpes et les Deity Guns (entre autres flibustiers du rock
d'ici) parmi leurs influences.
Lire
l'interview
de Turzi sur POPnews (juin)
Au Garden Nef Party festival d'Angoulême, en juillet,
LCD Soundsystem avait livré en clôture
un concert d'une puissance phénoménale. Programmés
encore plus tard à la Route du Rock (ils sont arrivés
sur scène à 2 h 30 passées), le débonnaire
James Murphy et ses acolytes ont réussi à
faire aussi bien, faisant danser comme des possédés
des festivaliers pourtant éreintés (dont l'auteur
de ces lignes). LCD sur scène en 2007, c'est peut-être
la fusion la plus aboutie (et la plus intelligente) entre
l'énergie du rock et celle de l'electro qui tabasse.
De loin le meilleur son de tout le festival (que Murphy
est même allé vérifier dans le car-régie
de Radio France !), pour un set conçu comme un mix
techno, avec des montées auxquelles il est impossible
de résister. Le génie de ce groupe, c'est
de se reposer autant sur les machines que sur l'huile de
coude et la présence humaine. De ce point de vue,
James Murphy, malgré un jeu de scène réduit
à l'essentiel, est sans doute l'un des plus grands
performers actuels. Combien de producteurs peuvent en dire
autant ?
Lire
la chronique de "LCD
Soundsystem"
Mercredi
Jeudi
Textes
de Vincent Aquillière, Vincent Le Doeuff et Guillaume
Sautereau
Photos par Cécile Devarenne et Guillaume Sautereau.
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