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LA ROUTE DU ROCK - Fort de Saint Père, 9-10-11 août 2002
Journée du 11 août
Avec un peu plus de soleil, le set de Bees aurait pu passer comme une lettre à la Poste. Rock steady, quasi dub, bossa, pop solaire, ces garçons mangent à tous les rateliers et je soupçonne la plupart des festivaliers de ne pas s'être rendu compte qu'il s'agissait d'une groupe et pas des mixes des DJ du collectif Magnetic. Dommage pour les Bees, et occasion de saluer au passage le collectif sus-nommé, qui, malgré quelques plans récurrents au fil des années enchante toujours par ses trouvailles judicieuses nos moments d'attentes les plus ingrats.
Les jeunes gens de Leaves étaient peut-être les musiciens les plus méconnus du festival. Juste un single, "Breathe", privé de distribution, les précédait. Le groupe entame dés le début le dit single, encore plus efficace sur scène que sur disque. Les nappes de claviers et des guitares éthérées entonnent un tube de pop atmosphérique assez délectable qui soffre pour le live un final assez rock. Si le groupe peut se révéler assez bancal et mal rodé, perdant assez facilement le fil des morceaux, quelques chansons offrent de très jolis moments ("Race" notamment
) entre larmoiements mélodiques et tension latente. Chose troublante que de voir le beau temps réapparaître après deux jours de morne grisaille sur la pop aérienne des Leaves. Un ciel bleu parsemé de traînées nuageuses était le décor parfait pour ce "Catch" du rappel, nouveau single du groupe qui puise dans la brit pop le sens de la mélodie accrocheuse pour lemmener sous des brumes inquiètes
Un concert qui me fera porter une oreille attentive sur leur tout premier album imminent.
Concert très attendu pour Notwist, qui, sur disque, est sans doute le groupe le plus intéressant du plateau. À cause d'une balance un peu bâclée, le concert peine à décoller. Il faut une version homérique de "Chemicals", leur meilleur titre, pour que le groupe donne sa mesure. N'empêche, même s'il faut tendre l'oreille, la voix si particulière du chanteur captive, les bruitages électroniques envoûtent et les guitares furibardes achèvent l'auditeur. Le cross-over parfait, avec en final un "Pilot" saisissant. Pas un grand groupe de scène, certes, mais un grand groupe tout court, sans esbrouffe. Et tant pis pour le charisme.
Black Rebel Motocycle Club entre en lice pour le prix du son le plus efficace du festival. Un son à la fois puissant, saturé et dune lisibilité irréprochable. Ce rock tendu et sans fioritures aurait pu vite tourner à lassourdissement. Et bien non. Le concert est réussi. Les morceaux les plus calmes sont probablement parmi les plus séduisants, surtout quand les compères sortent lharmonica. A limage de cet hymne final, "Whatever Happened to my rock nroll", la prestation des BRMC va à lessentiel. Rien à signaler, sans bavures.
Ensuite, nouvelle preuve que je n'arriverai jamais à être déçu par un concert de Suede. Brett Anderson enfile les tubes toutes périodes confondues, en fait dix fois trop avec l'emphase qu'on lui connaît, mais trouve quand même le temps d'en remontrer à la quasi-totalité des jeunes pousses "rock'n'roll" de l'affiche du festival en matière de présence scénique et de titres accrocheurs. Le public est comblé, et il est difficile de bouder son plaisir.
Vient ensuite DJ Shadow, ultime intervenant. Derrière ses platines, devant trois écrans, le maître délivre un set excellent de bout en bout, offrant de subtiles variations de ses morceaux. Il aurait sans doute pu chambouler tout cela de manière magistrale, on l'en sait capable, mais on s'en contentera, car tout cela est tout bonnement captivant. Cerise sur le gâteau, le spectacle est visuellement une réussite.
Finalement, finalement... à part un samedi assez catastrophique et quelques difficultés climatiques, on concluera sur une bonne note globale cette douzième édition. Bon, ben... à l'année prochaine !
Les textes gentils sont de monsieur Morel, les textes méchants de Guillaume.
Photographies couleurs d'Hervé Coste, noir et blanc de Guillaume.
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