La Route du Rock - Édition 2003 : Cyann & Ben, Buck 65, Manitoba, Tujiko Noriko, Styrofoam, Syd Matters, Hot Hot Heat, Hoggboy

03/09/2003, par Gildas et Guillaume Sautereau | Festivals |
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LA ROUTE DU ROCK 2003

15 août - 17 août

Deuxième jour
Embouteillages. Encore une fois la ville close porte bien son nom, mais je pense avoir trouvé la parade et arrive frais et dispo sur la plage pour le début du set de Kieran Hebden (Four Tet). Il enchaîne avec habileté des tubes lounge qui conviennent parfaitement à l'ambiance détendue de la plage.

Kieran Hebden

Ensuite, on va faire la queue pour tenter de voir Prefuse 73 et Manitoba au Palais du Grand Large. Scott Herren fait un peu sa star (pas de photo, même quand on a l'autorisation officielle d'en faire), du coup tous les sacs sont conscieusement fouillés... et comme le public se presse nombreux pour voir le phénomène, un retour prématuré à la plage finit par s'imposer. Dommage pour Manitoba. Une partie de l'équipe arrive donc à l'heure pour le set de Syd Matters, qui s'en tire vraiment bien avec un bon groupe cohérent, bien ensemble qui s'amuse à passer en revue des chansons pop légèrement country bien écrites et enlevées. Pas encore totalement en place mais déjà plus que prometteur.

Buck 65Buck 65 entre en scène, il fait jour, il pleuviote, personne ne l'attend et pourtant ça va être LE concert du festival. Ce beau gosse aux mimiques invraisemblables envoûte le public avec ses histoires glauques qui parlent aussi bien de virée en bagnole que des tares de la famille. Il promet de faire coucher le soleil et d'arrêter la pluie. Puis il enchaîne sur une reprise de Woody Guthrie qui détaille les intérêts de la pêche en rivière avant de finir son set sur "Wicked & Weird", futur tube extrait de son prochain album. Après une tentative de sortie de scène (qui devait être définitive) le public en redemande tellement que Buck est forcé de revenir pour deux titres supplémentaires et non prévus. Un bonheur intégral, un show man complet et aussi le maître des éléments puisqu'effectivement à sa demande le soleil s'est couché et la pluie a arrêté de tomber.

Black DiceSi l'on était mauvaise langue, on dirait que les programmateurs ont programmé Black Dice sur la scène du fort seulement parce qu'ils sont affiliés à la très hype écurie new yorkaise des Raptures, DFA. Le concert (33 minutes, trois pièces) laissent l'assistance totalement froide : le groupe construit ses morceaux petit à petit, bruit par bruit... quand un semblant de charpente rythmique nous installe en territoire connu, on croit soudain saisir quelque chose, et pouf, le morceau s'évanouit vers de nouvelles expérimentations, et on ne comprend plus rien. L'OVNI du festival.
Place aux plus consensuels Hot Hot Heat, révélation rock'n'roll de la saison. Beaucoup d'énergie et d'agitation pour le chanteur (malgré un pourtant rédhibitoire et énorme clavier planté au beau milieu de la scène) ne suffisent pas à rendre le concert réellement palpitant, et hormis quelques titres (dont l'énorme tube "Bandages"), le reste du set est quelque peu quelconque avec sa new wave pêchue évoquant les premiers XTC ou Talking Heads. Un groupe comme celui-là, il ne lui faudrait que des tubes dans sa besace, et c'est malheureusement loin d'être le cas. A noter que comme un nombre plus élevé qu'à l'accoutumée de concerts cette année, celui-ci souffre d'un son assez médiocre.

Hot Hot Heat

Nouveau chapitre au grand livre du revival rock'n'roll, les Yeah Yeah Yeahs. En mini short et bas résille, la maquillée Karen O. se contortionne dans tous les sens. Impression de déjà vu et manque de conviction. Pendant ce temps-là, la musique bastonne sévère à coups de samples et de guitares plutôt maîtrisés. Du beau spectacle, sans doute. Pour l'intérêt musical, on repassera (et ça m'embête de le signaler, mais ça devient une habitude).
Venus en jet d'Ibiza où ils assuraient un set l'après-midi après avoir joué la veille en Bretagne, les 2 Many DJ's avaient l'air bien fatigué. Et nous aussi à l'écoute de ce set entendu mille fois et qui prend des allures de tarte à la crème, malgré quelques nouveautés nouvelles très bien accueillies (Beyonce par exemple). Allez, on danse quand même, parce que ça reste efficace, bien foutu et rigolo, mais faudrait pas que ça dure au delà de la prochaine saison des festivals. Too many 2 many DJs ?

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