La Route du Rock - Édition 2003 : Cyann & Ben, Buck 65, Manitoba, Tujiko Noriko, Styrofoam, Syd Matters, Hot Hot Heat, Hoggboy

03/09/2003, par Gildas et Guillaume Sautereau | Festivals |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

LA ROUTE DU ROCK 2003

15 août - 17 août

Troisième jour
Pour cause de panne d'électricité géante aux Etats-Unis (encore une conséquence de la mondialisation), le dimanche sera la journée des annulations... Pas de Calla, pas de Fat Truckers. Heureusement Bobby Hardcore Liberace (repêché de l'édition précédente) nous passe un petit "Superbike", idéal pour le crawl, sous le soleil de le plage du Bon Secours, entre un Talking Heads et un Sugarcubes. Le détour vers le palais du Grand Large s'impose pour déguster les prouesses de maîtrise et de subtilité de Kieran Hebden derrière ses deux laptops et sa console. Le maestro de Four Tet assemble progressivement ses boucles et ses rythmiques, les têtes oscillent, des pas de danse s'esquissent parfois.

STYROFOAMDéjà vu seul sur la scène de la Guinguette Pirate où il était venu défendre son récent album, Arne Van Peteghem est maintenant entouré d'un batteur et d'un guitariste. C'est seulement le deuxième concert du groupe dans cette formation, et si Arne s'en tirait déjà très bien avec son laptop, le bénéfice du jeu en groupe est sensible, avec encore une bonne marge de progression. Dès le départ le mix entre rock et electro fonctionne à merveille. Comme on aura l'occasion de le voir sur le tout dernier morceau (extrait de la compile "Blue Skied an' Clear") la musique frôle souvent les ambiances noisypop des années 90. On y retrouve les mêmes surimpositions de motifs sonores, les mêmes atmosphères hypnotiques, les mêmes successions rythmiques. Styrofoam enchaîne même avec le plus grand naturel du monde une reprise des folkeux de Mountain Goats avec un titre inspiré par Pitchfork, un combo hardcore US. Un groupe paradoxale qui donne un concert décomplexé et très agréable.

PLAYDOH

Au bout de trois jours, on est parfaitement rodé et nous arrivons donc en temps et en heure pour le concert de Playdoh. Desservi par une sono une nouvelle fois faiblarde mais visiblement très content d'être là, le groupe sert pourtant un très bon concert de rentrée, peut-être un peu appliqué. Les musiciens s'installent et commencent à jouer pendant que le chanteur se défoule en courant sur scène et en marquant le rythme à coup d'épaule avant de finalement prendre le micro. L'aspect très électronique du deuxième album disparaît quelque peu au profit des guitares sur scène et un titre du premier album rappelle vite fait bien fait toute l'intensité dont est capable le groupe en live. Là encore, tout cela est prometteur, quelques concerts supplémentaires permettront sans doute de resserrer un concert qui a pu paraître quelque peu décousu et plat au fan de Travis de base.

MISS JOHN SODA

Le son de Ms John Soda semble lui aussi défaillant, avec une basse qui vient souvent voler la vedette à la voix délicate de Stefanie Böhm... Comme pour les affiliés Notwist ou Lali Puna, il manque quelque chose pour que cela fonctionne au mieux sur scène, sans qu'on sache vraiment quoi ? Pourtant, le set est carré, les morceaux efficaces et "Go Check" se visse dans les crânes...

GrandaddyMoi qui n'en attendais pas grand chose, je trouve le set de Grandaddy plutôt pas mal, au début... peut-être parce qu'ils jouent beaucoup d'anciens morceaux, et évitent judicieusement les plus poussifs. Les gens adorent, en redemandent, et pourquoi pas après tout, mais de là à crier au génie, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Pas de risque de crier au génie avec Travis, qui débite le show parfaitement millimétré qu'on attendait de la star de la soirée. Le guitariste a beau être ridicule à jouer toujours le même solo de guitare sur trois notes saturées en se prenant pour Jeff Beck et Eric Clapton réunis (l'air guitar, c'est sans guitare mec), cela n'empêche pas le public, de toute façon massivement venu pour ça, d'être captivé par le gentil Fran, qui est, tenez-vous bien, contre la guerre en Irak, et qui n'hésite pas à nous le dire haut et fort. Inoffensif.

Travis

Fin de Travis et exode très rapide d'un bon tiers du public. La fosse se vide. Puis c'est la ruée. Les plus attentifs ont repéré l'installation d'un deck sur l'avant scène. Et la mine joviale de Buck 65 apparaît dans une scène surréaliste où les roadies finissent de débarrasser les restes de Travis. Dans le bordel ambiant, Buck 65 se lance dans un set court, et quasi improvisé. Il lance des paillettes pour tenter de rivaliser avec le show pyrotechnique qui l'a précédé et s'en sort par des pirouettes. Il ne reprend pas les chansons de son set de la veille et mais capte l'attention de tout le monde sans coup férir. Ce type est génial ! on le savait déjà mais il y a des choses qu'il faut répéter.

Buck 65

Manitoba arrive. Dan Snaith (le batteur de gauche, celui avec des claviers) a étoffé son équipe et 3 types en sweatshirts rouges et masques d'oursons débarquent sur scène. Ça commence mal avec quelques d'incidents techniques mais ça s'arrange vite. Dan s'enquiert des chèvres du fort et demande à en voir une. Il a préparé du lait et des cookies pour elles. A part ça, le concert est un bel exemple de ce qu'on peut faire sur scène un musicien catalogué "électronique" , avec espièglerie et astuce en plus de l'ouverture d'esprit que démontrait le récent "Up In Flames". Si on m'avait dit qu'un groupe avec deux batteurs me séduirait autant un jour... une très très bonne surprise...
Un peu raccourcie par les annulations, la soirée s'achève ensuite par un set des Magnetic DJs, collectif chargé depuis de nombreuses années des interludes entre les concerts, rejoint semble-t-il par l'omniprésent Kieran Hebden pour quelques titres déjà entendus lors de son set de la veille...

Manitoba

C'est donc l'heure de la conclusion... autant le dire tout de suite, au niveau musical, ce ne fut pas toujours la joie, en témoigne le vendredi, journée noire. Il a fallu aller chercher dans les marges les gros plaisirs de ce festival, et cela valait largement le coup. Et puis bien sûr, impossible de se passer de l'ambiance conviviale, à taille humaine de ce festival, fréquenté par davantage de vrais passionnés de musique - en témoigne l'accueil globalement réceptif fait par exemple aux débutants Cyann & Ben ou Syd Matters - que de fans de djembé.

 

Photos par Guillaume.
Merci à Julien et Gaétan.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals